Accord FCBE-BR-UPR : Le coup de maître de Paul Hounkpè
Mardi 16 septembre, les FCBE ont signé deux accords politiques avec les partis de la mouvance présidentielle à savoir le Bloc républicain (BR) et l’Union progressiste le Renouveau (UP-R) : un protocole de gouvernance et un accord de coalition parlementaire. En vertu de cette entente, Paul Hounkpè, premier responsable des FCBE peut bénéficier du parrainage des élus des deux partis pour se présenter à l’élection présidentielle de 2026.
De prime abord, on pourrait croire à une alliance de poids. Mais à y regarder de près, le tableau ressemble davantage à une énigme : comment un parti sans députés, avec moins d’une dizaine de maires sur les 77, peut-il s’inviter dans une coalition où tout semble déjà joué ? La situation est d’autant plus paradoxale que les FCBE continuent d’affirmer haut et fort leur statut d’opposition. Pourtant, les accords les placent directement dans l’orbite de la mouvance présidentielle. Une opposition qui signe pour coopérer : voilà qui a de quoi faire sourire les observateurs.
Et pourtant, derrière cette situation improbable, se cache un vrai coup de maître. Paul Hounkpè, en stratège, a transformé une faiblesse en opportunité. Son parti n’ayant plus de poids électoral significatif, il a trouvé une porte dérobée pour rester dans le jeu politique : obtenir, grâce à cet accord, le parrainage des députés de la mouvance. Une ressource indispensable pour briguer la magistrature suprême.

En clair, pendant que la mouvance ne gagne presque rien de concret à cet accord, leur nouveau partenaire gagne tout : une survie politique, une visibilité nationale et la garantie de ne pas être spectateur lors de la prochaine présidentielle. C’est un peu comme un homme pauvre et démuni qui réussit à se marier en même temps à deux filles riches. Bien sûr, certains y verront une contradiction : comment se dire opposant tout en serrant la main de ceux qu’on est censé critiquer ? Mais Hounkpè, lui, a montré que la politique n’est pas toujours affaire de cohérence, mais souvent de calcul.
Au final, cet épisode démontre une vérité simple : dans l’arène politique béninoise, il ne suffit pas d’avoir des élus ou une base solide pour marquer des points. Parfois, il faut surtout savoir négocier au bon moment. Et à ce jeu, Paul Hounkpè vient de prouver qu’il avait encore quelques cartes bien gardées.
Pierre MATCHOUDO