Aïssa Maïga : Marraine d’honneur du FIFF Cotonou 2026
L’horizon culturel béninois s’illumine d’une lumière particulière en ce début d’année 2026. Du 3 au 7 février, Cotonou devient la capitale incontestée du cinéma dirigé par des femmes, à l’occasion de la quatrième édition du Festival International des Films de Femmes (FIFF). Cet événement biennal, né en 2019, confirme son statut de plateforme essentielle pour les réalisatrices africaines. La promesse d’une édition exceptionnelle est portée par un choix de marraine inspirant : l’actrice, réalisatrice et militante franco-sénégalaise Aïssa Maïga.
Le parrainage de Aïssa Maïga dépasse la simple caution artistique. C’est un alignement parfait des valeurs. Figure majeure du cinéma international, collaborant avec des réalisateurs tels que Michael Haneke ou Abderrahmane Sissako, elle est aussi une voix puissante pour la diversité et l’inclusion. Son engagement s’incarne notamment dans le collectif DiasporAct et la publication du livre « Noire n’est pas mon métier », qui dénoncent avec force le manque de représentation et les stéréotypes raciaux dans l’industrie du cinéma français. Son militantisme actif, y compris lors de la cérémonie des César en 2020, en fait un modèle pour une génération aspirant à plus d’équité. En la choisissant, le FIFF Cotonou place son événement sous le signe de l’audace et du progrès.
La vision d’une jeune cinéaste militante
Derrière la création et la réussite de ce festival se trouve Cornélia Glèlè. À seulement 24 ans, cette militante féministe et cinéaste béninoise porte déjà plusieurs casquettes : membre du Réseau des jeunes féministes d’Afrique de l’Ouest, elle fonde en 2019 le premier festival international de films de femmes de Cotonou. Son objectif est de créer un espace de visibilité, d’échange et de promotion pour les talents féminins du continent. Son travail de bloggeuse cinéma et ses courts-métrages documentaires attestent de sa passion pour le 7ᵉ art et son engagement pour l’égalité. Sous sa présidence, l’association ÉcranBénin, organisatrice de l’événement, a déjà touché plus de 1000 professionnelles du secteur depuis la première édition.

Un tremplin continental pour les réalisatrices
Le FIFF Cotonou s’est rapidement imposé comme un rendez-vous incontournable. Sa mission centrale est de promouvoir les films réalisés par des femmes sur des sujets de leur choix, offrant ainsi un panorama précieux de la création féminine à travers l’Afrique.
Le festival lance chaque année un appel à projets à l’échelle du continent. Pour l’édition 2026, la date limite de soumission était fixée au 30 août 2025. Les œuvres sélectionnées sont présentées dans deux sections distinctes : une compétition officielle et une section hors compétition, laissant au comité de sélection le soin de choisir la catégorie la plus adaptée à chaque film.
Au-delà des projections, le festival propose un riche programme de rencontres, de masterclasses et de débats. Ces moments d’échange sont cruciaux pour tisser des liens, partager des expériences et inspirer la relève. La présence d’Aïssa Maïga sera un atout majeur pour ces sessions, permettant un dialogue fructueux entre une artiste de renommée internationale et les cinéastes émergentes.
Le cinéma béninois à l’honneur
Le FIFF Cotonou est aussi l’occasion de célébrer l’histoire et les pionnières du cinéma national. Lors d’éditions précédentes, le festival a ainsi rendu un hommage appuyé à Laure Agbo, reconnue comme la première femme à avoir réalisé un film au Bénin. En mettant en lumière ces parcours, le festival participe à construire une mémoire cinématographique et à inspirer les futures générations de créatrices béninoises.
Un événement intégré au paysage culturel local
L’importance du FIFF Cotonou est telle qu’il figure en bonne place dans la programmation culturelle nationale. L’Institut Français du Bénin l’a ainsi inclus dans son agenda culturel officiel des mois de janvier et février 2026, aux côtés d’autres événements majeurs. Cette reconnaissance institutionnelle souligne le rôle du festival comme acteur dynamique de la vie culturelle béninoise et comme pont précieux pour les échanges artistiques internationaux.
La promesse de février 2026
Alors que le festival démarre le 3 février 2026, l’enthousiasme est palpable. L’alliance de l’engagement militant de Cornélia Glèlè, de la stature inspirante de Aïssa Maïga et de la vitalité des cinéastes africaines participantes dessine les contours d’un événement fort. Plus qu’une simple succession de projections, le FIFF Cotonou 2026 se prépare à être un espace de célébration, de réflexion et de combat pour la place des femmes dans le cinéma, promettant de laisser une empreinte durable sur le paysage culturel africain.
Patrice ADJAHO