AZOLI : Bientôt de la viande de lapin et d’escargot dans les assiettes béninoises

 AZOLI : Bientôt de la viande de lapin et d’escargot dans les assiettes béninoises

Dans le cadre du programme gouvernemental AZOLI, 11 000 jeunes « peu ou pas instruits » suivent actuellement une formation-immersion en achatiniculture (élevage d’escargots) et cuniculture (élevage de lapins). Sous la coordination de l’agrégateur Chiam Houétondji Bakari, ces opérations utilisent le système de cluster pour structurer la filière. Dans cet entretien, il détaille l’organisation mise en place et annonce que les premières productions seront commercialisées prochainement. Lisez plutôt !!!

Gaskiyani Info : Parlez-nous de la structuration de l’opération dont vous êtes l’agrégateur principal.

Chiam Bakari : L’objectif de cette structuration en cluster est double : assurer le succès opérationnel du projet et garantir la mise sur le marché de produits finis de qualité. Le dispositif repose sur une architecture bien définie. Au sommet se trouve l’agrégateur, Ben Proteine. Ensuite, nous avons transformé des particuliers, les bénéficiaires initiaux, en entités formelles. Aujourd’hui, nous comptons 214 SARL agricoles fonctionnelles. Chacune de ces sociétés est encadrée par des mentors de terrain, formant ainsi une chaîne d’encadrement de « tiers de tiers ». Cette formalisation répond à une ambition claire : doter les jeunes entrepreneurs (PPI) d’un véritable modèle entrepreneurial structuré, bien au-delà d’une simple gestion informelle comparable à celle d’une épicerie. Le mentor incarne justement ce modèle inspirant dont ils doivent s’imprégner. Notre finalité est de faire émerger une nouvelle génération d’entrepreneurs agricoles professionnels, ce qui justifie pleinement cette structuration axée sur l’exemplarité des mentors.

Pourquoi avoir opté pour un stage en immersion plutôt qu’une formation théorique classique ?

La raison est fondamentale : l’apprentissage par l’exemple concret et la pratique quotidienne sont irremplaçables. Nous sommes convaincus que c’est en vivant aux côtés des mentors que l’acquisition des compétences sera la plus efficace et la plus durable. Cette immersion permet aux jeunes de participer activement à la production tout en assimilant les gestes techniques indispensables, que ce soit pour l’élevage de lapins ou pour l’achatiniculture. Les futurs éleveurs d’escargots sont installés directement sur les sites de production, sous la supervision constante de leurs mentors. Cette proximité permanente est cruciale pour développer les réflexes techniques et les automatismes qui feront d’eux de bons producteurs. C’est une formation « sur le tas » qui garantit une montée en compétence rapide et concrète.

Monsieur l’agrégateur, sur quels critères ces mentors ont-ils été sélectionnés ? Quelles sont leurs qualifications ?

Le profil des mentors est avant tout celui de praticiens aguerris, dont l’expertise a été validée par l’expérience de terrain. Leur parcours est diversifié : certains sont diplômés de lycées agricoles, d’autres ont été formés au célèbre projet Songhaï, et d’autres encore sont des passionnés autodidactes, ayant souvent baigné dans ce milieu depuis l’enfance au sein de leurs familles. Le point commun de tous ? Ils « ont véritablement la main », c’est-à-dire une maîtrise pratique incontestable du métier. Au-delà de cette expérience, nous avons exigé des certifications professionnelles. Pour la cuniculture, par exemple, nous nous sommes appuyés sur l’Association Béninoise des Cuniculteurs professionnels Engagés (ABeCuP) pour certifier leurs compétences. Enfin, nous avons nous-mêmes complété leur formation via un module spécifique que nous avons développé. À l’issue de ce parcours, ils obtiennent la certification de « mentor cuniculteur ou achatiniculteur CAEI », gage de leur aptitude à encadrer et à transmettre leur savoir-faire.

Pouvez-vous nous détailler le kit de démarrage fourni à chaque bénéficiaire, notamment le nombre d’animaux et le matériel ?

Bien sûr. Pour la cuniculture, le package est complet et conçu pour un démarrage immédiat et efficace. Chaque jeune reçoit un cheptel de base composé de trois femelles et d’un mâle reproducteur. Pour les héberger, nous fournissons douze cages, livrées en deux lots de six pour une meilleure organisation. L’équipement comprend également douze abreuvoirs et douze mangeoires. Un élément important a été ajouté, bien qu’il ne figurait pas initialement au programme : des boîtes à nids. Compte tenu de leur nécessité absolue pour le bien-être des lapines et la survie des portées, il allait de soi d’en équiper chaque bénéficiaire. Nous avons donc offert trois boîtes, correspondant au nombre de femelles.

Et qu’en est-il pour les achatiniculteurs ?

Pour l’élevage d’escargots, l’investissement est plus orienté vers l’aménagement de l’espace. Nous commençons par dégager et préparer un enclos de 36 m² (6m x 6m). Cet espace est sécurisé par une clôture en briques sur deux niveaux, complétée par un filet de protection. Une charpente constituée de pylônes de 1m20, fabriqués en tuyaux PVC bétonnés, soutient la structure. À l’intérieur de cet habitat aménagé, nous fournissons 150 géniteurs, un mélange stratégique des deux espèces principales : l’Achatina maginata, reconnaissable à sa taille imposante et sa chair charnue, idéale pour la consommation, et l’Achatina fulica, un peu plus mince mais particulièrement prisée pour sa bave, très utilisée dans l’industrie cosmétique. Cette diversification permet aux jeunes de cibler deux débouchés marchés distincts.

Une dernière question que beaucoup se posent : quand est-ce que les premiers kilos de viande d’escargots et de lapin Azôli seront disponibles sur le marché ?

La commercialisation va commencer dans un délai de trois mois. Il est important de préciser que la disponibilité sera progressive et calibrée en fonction du rythme de montée en puissance de notre production. Dans un premier temps, la distribution ne couvrira pas l’ensemble des supermarchés. Nous privilégierons un ancrage local en rendant cette viande disponible dans les poissonneries de quartier à travers le Bénin. Cette stratégie vise à la fois à tester le marché, à nous rapprocher des consommateurs et à garantir une accessibilité au plus grand nombre. L’objectif est qu’à terme, chaque Béninois puisse trouver facilement ces nouvelles sources de protéines. Le déploiement se fera donc par étapes, mais de manière résolue.

Arnaud ACAKPO (Coll)

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2 Comments

  • Bonsoir chère partenaire suis mentor a segbana les PPI nous question sur la finalité du projet , il faut répondre cc svp

  • Intéressant

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