Bon déroulement des législatives et communales du 11 janvier 2026 : Un vote paisible
Les Béninois ont voté ce dimanche 11 janvier 2026 pour renouveler leur Assemblée nationale et leurs conseils communaux. Ce double scrutin, premier acte d’une année électorale dense, s’est globalement déroulé dans le calme, illustrant la résilience des institutions face aux tensions et aux défis sécuritaires.
Les autorités ont pris des mesures exceptionnelles pour garantir la quiétude du processus. Dès le dimanche matin, jour du vote, la tenue des marchés et toute manifestation publique ont été proscrites, tout comme l’ouverture des débits de boisson. Le ministre de l’Intérieur, Alassane Seidou, a appelé au « sens de la responsabilité et au civisme de chaque citoyen », soulignant que ces décisions visaient « l’intérêt supérieur de la nation ».
Dans les bureaux de vote, le constat était généralement positif. À Parakou, l’ancien ministre Samou Séïdou Adambi a salué les dispositions prises pour un scrutin apaisé, notant que « tout se déroule bien, en dehors de quelques retards observés çà et là ». Il a appelé les citoyens à une mobilisation pacifique, rappelant que chaque suffrage est « une pierre à l’édifice de la démocratie béninoise, encore en construction ». Ce climat de sérénité est d’autant plus notable qu’il survient un mois après une tentative avortée de coup d’État contre le président Patrice Talon en décembre 2025. A l’issue de son vote dans le quartier Zongo à Cotonou, le chef de l’État a formulé le vœu que le reste de la journée se déroule dans le même esprit. « Que la journée se passe comme elle a bien commencé. En tout cas ce que je vois c’est qu’elle a bien commencé et les gens sont sortis voter », a déclaré le président Patrice Talon. Ces propos reflètent son souhait d’un processus électoral paisible et participatif.
En effet, le scrutin de ce 11 janvier représentait un test important pour le modèle démocratique béninois, souvent présenté comme un exemple en Afrique. Les électeurs devaient choisir les 109 députés de l’Assemblée nationale, dont 24 sièges sont réservés aux femmes, ainsi que plus de 1 800 conseillers communaux pour un mandat de sept ans. Le taux de participation, qui avait atteint des niveaux préoccupants par le passé (27% en 2019, 37% en 2023), était particulièrement scruté.
La configuration politique était marquée par des règles électorales révisées en 2024, qualifiées de « corsées » par certains observateurs. Un parti doit désormais obtenir au moins 20% des voix dans chacune des 24 circonscriptions du pays pour être éligible à l’obtention de sièges, un seuil qui tombe à 10% pour les partis coalisés. Le principal parti d’opposition, Les Démocrates, qui détient 28 sièges dans l’assemblée sortante, devait relever ce défi.
Dans ce contexte, le vote paisible de ce dimanche 11 janvier démontre la capacité des institutions béninoises à organiser des élections crédibles. Il confirme l’enracinement d’une culture électorale qui résiste aux turbulences. Le Bénin, berceau du vodoun et terre de dialogue, semble ainsi poursuivre sa recherche d’un équilibre entre stabilité institutionnelle et ouverture démocratique, dans une région ouest-africaine en pleine recomposition géopolitique et sécuritaire. Les résultats de ce double scrutin législatif et communal, ainsi que leur acceptation par toutes les parties prenantes, constitueront un indicateur important de la trajectoire que choisira la nation dans les mois et années à venir.
A noter que ce double scrutin n’est que le premier acte d’une année électorale chargée. La présidentielle est programmée le 12 avril 2026, marquant la fin de la décennie de pouvoir de Patrice Talon, qui ne peut se représenter. Le ministre des Finances, Romuald Wadagni, souvent présenté comme son dauphin, apparaît comme le favori de cette échéance.
Arnaud ACAKPO (Coll)