Conseil Économique et Social : Session Budgétaire sous le signe du patrimoine
Sous les auspices de la tradition, le Conseil Économique et Social (CES) a entamé, lundi 15 septembre 2025, le ballet de sa deuxième session ordinaire. En un saisissant hommage à l’âme béninoise, l’institution a troqué le costume-cravate pour le pagne et le boubou, se parant des couleurs et des symboles du terroir. Cette élégante métamorphose, menée par le président Conrad Gbaguidi lui-même, n’était point anodine : elle signait la volonté de l’assemblée de s’enraciner dans l’identité culturelle et de dialoguer avec le citoyen dans une langue plus universelle, celle de l’appartenance.
La solennité de l’instant fut toutefois teintée d’une douce mélancolie. D’entrée de jeu, la parole de Conrad Gbaguidi, vibrante d’une émotion contenue, s’est élevée pour saluer la mémoire disparue d’Emmanuel Golou, le deuxième vice-président. « Un siège est vacant parmi nous, un immense vide impossible à combler », a-t-il soufflé, avant que l’assemblée ne s’abîme dans un silence lourd de respect, où résonnaient encore « sa voix, ses convictions et son engagement pour la patrie ».

Puis, le temps de la réflexion et de l’œuvre collective s’ouvrit. Le menu de cette session, qui s’étirera jusqu’aux franges d’octobre, est des plus substantiels. Son plat de résistance sera l’examen minutieux du projet de budget de l’État pour 2026, cette feuille de route financière qui dessinera les contours du Bénin de demain. M. Gbaguidi s’est félicité de la place accordée au CES dans ce débat d’orientation, une implication cruciale qui « permet de mieux jouer notre rôle consultatif dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques ».
À cette pierre angulaire s’ajoutera l’édification finale de rapports entamés lors de sessions antérieures, ainsi que l’exploration de chantiers neufs, tels que la quête d’autosuffisance alimentaire et d’autres défis sociaux pressants. Le président a, avec une conviction palpable, rappelé la vocation de cette chambre : être un carrefour où se rencontrent les aspirations du peuple et les impératifs du développement durable. Il a salué la riche tapisserie des expériences des conseillers, une diversité qui « enrichit les débats et renforce la pertinence des avis rendus ».

En guise de mot de la fin, une invitation au partage et à la sérénité : « Nous ne perdons rien en partageant notre savoir et nos expériences. Bien au contraire, nous renforçons notre mission commune : contribuer à un Bénin plus juste, plus prospère et plus solidaire. »

La cérémonie close, dans un geste d’une profonde gravité, l’assemblée en habits de lumière s’est déplacée comme un seul homme vers la chapelle ardente dressée à la mémoire d’Emmanuel Golou. Un à un, dans le recueillement le plus absolu, ils ont tracé leur hommage sur le livre de condoléances, un ultime au-revoir à un frère de route, scellant dans la solennité l’unité de toute une institution en deuil.
Arnaud ACAKPO (COLL)