Cotonou 2033 : La métamorphose d’une ville
Grâce à un appui financier de la Banque Mondiale, le Bénin vient de franchir une étape décisive dans l’amélioration des déplacements dans le Grand Nokoué. Et pour cause, le Projet de mobilité urbaine durable dans le grand Nokoué voit désormais le jour.
En effet, ce programme repose sur cinq piliers essentiels. Il y a d’abord l’amélioration de la gouvernance du secteur de la mobilité urbaine. Ensuite vient la professionnalisation des opérateurs de transport artisanal. Le troisième pilier concerne la sécurité routière et la sécurité sur les voies d’eau. Le quatrième porte sur l’amélioration des conditions de mobilité urbaine et l’électrification des deux roues. Enfin, le renforcement des capacités et la gestion de projet complètent cet ensemble. Parmi toutes ces actions, la rédaction de 24h au Bénin s’est particulièrement intéressée à la composante trois. Cette partie traite de l’amélioration des infrastructures de transport terrestre et lacustre. Elle vise à fluidifier le trafic et à offrir aux citoyens des moyens de déplacement plus fiables.
Des corridors prioritaires pour le transport public
Le service de transport public en commun sera déployé sur des corridors prioritaires bien définis. Deux axes principaux des routes nationales inter États ont été retenus. Le premier axe part de Glo Djigbé au carrefour de la GDIZ et rejoint le carrefour Aglangandan à Sèmè Podji. Sur son chemin, il traverse l’échangeur de Godomey, le carrefour Cica Toyota, le marché Dantokpa et le carrefour Ciné Concorde, avec toutes ses bretelles. Le second axe concerne la section de la RNIE 1 qui va de Pahou à Ouidah jusqu’à l’échangeur Godomey. Il comprend aussi le tronçon entre le carrefour Agblangandan à Sèmè Podji et Porto Novo. Ces deux axes existent déjà et sont globalement aménagés en deux fois deux voies avec un terre-plein central et un trafic local. Le projet ne prévoit donc pas de travaux lourds sur ces corridors. Les interventions porteront sur des travaux confortatifs pour améliorer la circulation. Il s’agit par exemple de réaménager des carrefours, de réhabiliter la chaussée par resurfaçage sur les accès et traversées de Cotonou, d’aménager ou de rénover les trottoirs et les contre allées, de créer des cheminements piétons, de renforcer les équipements de sécurité routière, de réhabiliter les signalisations horizontales, de centraliser les feux tricolores et de rétablir l’éclairage public.
Le projet prend également en compte la construction d’équipements pour les lignes de transport en commun sur le réseau routier terrestre. Cela comprend la mise en place d’arrêts de bus avec des zones d’approche et d’arrêt, des terminaux de bus, des parcs relais, des dépôts et la rénovation de grands ports lacustres. De nouvelles voies seront aussi construites. Un troisième axe routier non aménagé a été identifié. Long de 24 kilomètres environ, il longe la ligne haute tension. Son itinéraire part de la RNIE 2 au carrefour LIBS, passe par le marché de gros, la cité administrative, la centrale énergétique de Maria Gléta, le carrefour Maria Gléta, franchit la rivière Djonou, traverse la RNIE 1 à Godomey, Agla Akplomey, le CEG Les Pylônes et rejoint la RNIE 1 au carrefour Média Production, appelé localement carrefour Agla Kanglouè. Ce boulevard urbain permettra de désengorger les axes prioritaires et d’optimiser le transport terrestre en commun à long terme. Dans sa phase actuelle, le projet n’intègre pas tout le boulevard, mais seulement le tronçon de la rue 200 7 bis, long de deux fois deux virgule trois kilomètres, entre la cité administrative et le carrefour Tokan.
Des ponts neufs et un transport lacustre modernisé
La reconstruction de trois ponts est prévue. Il s’agit des ponts de Porto Novo, de Ganhi et de Djonou. Les travaux consisteront à remplacer ces ouvrages existants par de nouveaux ponts avec une chaussée en deux fois deux voies, un terre-plein central et deux bandes cyclables. L’objectif est d’optimiser les flux de trafic et de respecter les normes de sécurité. Des échanges sont en cours pour confirmer le périmètre exact. Il est possible que seulement deux ponts, Ganhi et Djonou, soient finalement retenus. Le transport public sur voies navigables fait aussi partie des solutions envisagées. Le lac Nokoué a été choisi pour accueillir ce mode de transport. Deux axes prioritaires sont identifiés. Le premier relie Cotonou à Porto Novo. Le second va de Cotonou à Abomey Calavi. Aujourd’hui, ce transport se pratique de façon informelle avec des embarcations de faible capacité, sans normes et avec des gares de fortune. Le projet veut structurer cette activité pour la rendre plus sûre et plus efficace. Ainsi se présentent les aménagements projetés dans le cadre du Projet de mobilité urbaine durable dans le grand Nokoué. En attendant le plan définitif, les habitants peuvent déjà imaginer un avenir où se déplacer sera plus simple, plus rapide et plus agréable.
Damien TOLOMISSI



