Crime contre l’humanité : Le Bénin précise sa position
L’Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution historique le mercredi 25 mars 2026. Ce texte qualifie la traite des Africains et l’esclavage de plus grave crime contre l’humanité. Porté par le Ghana, le document a été soutenu par plusieurs pays africains, dont la Côte d’Ivoire et le Togo. Le Bénin figurait parmi les pays co sponsors de cette résolution. Le lundi 30 mars 2026, le ministre béninois des Affaires étrangères, Shegun Bakari, a apporté des clarifications devant la presse à Cotonou.
Le vote a donné lieu à cent vingt-trois (23) voix pour, trois (3) voix contre et cinquante-deux (52) abstentions. Désormais, la traite transatlantique et l’esclavage sont officiellement reconnus partout dans le monde comme un crime d’une extrême gravité contre l’humanité. De nombreux pays, surtout africains, ont participé à ces assises. Pourtant, le Bénin n’était pas présent lors du vote du mercredi 25 mars. Cette absence a suscité de vives émotions.
Il a d’abord tenu à rappeler l’engagement ferme du Bénin. Le pays est co sponsor de cette résolution depuis le 17 mars 2026, soit plusieurs jours avant le vote. Cet engagement formel ne souffre d’aucune interprétation contraire. Le Bénin ne remet donc jamais en cause le fond du texte.
Le ministre a également souligné que l’attachement du Bénin à la mémoire afrodescendante ne date pas d’hier. Cet engagement se traduit par des actes concrets. En juillet 2024, le Bénin a adopté une loi accordant la nationalité béninoise aux personnes d’ascendance africaine. Le pays préserve et valorise les lieux de mémoire de la traite négrière, comme la Porte du Non-Retour à Ouidah. Le Bénin est aussi constamment engagé dans toutes les enceintes multilatérales sur ces questions.
Concernant l’absence lors du vote, Shegun Bakari a donné une explication précise. « L’absence de la délégation béninoise lors du vote du 25 mars est due à un dysfonctionnement administratif interne, intervenu dans un contexte particulier marqué par la période électorale et mon absence de Cotonou, ce qui n’a pas permis d’instruire conséquemment notre ambassadeur. Autrement il aurait pris part au vote et exprimé notre adhésion formelle à la résolution. Cet incident ne reflète donc en aucun cas la position du Bénin sur le fond », a-t-il martelé.
C’est pourquoi, dès le 27 mars, ajoute-il « une notification officielle d’intention de vote favorable a été transmise au Secrétariat de l’Assemblée générale des Nations Unies. Elle est inscrite au procès-verbal officiel de la séance et établit formellement la position favorable du Bénin.
Le ministre a conclu en affirmant la résolution du Bénin à porter, dans toutes les enceintes multilatérales, la voix des peuples africains et afrodescendants. Le pays continuera d’œuvrer pour que la mémoire de la traite transatlantique ne tombe pas dans les banalités de l’histoire. L’objectif est clair : plus jamais l’humanité ne doit connaître une telle horreur.
Arnaud ACAKPO (Coll)