Double standard politique : Les Démocrates montent au créneau

 Double standard politique : Les Démocrates montent au créneau

Une atmosphère de défiance et de recomposition politique régnait mardi 26 août dernier au siège des Démocrates à Cotonou. Le parti d’oppositio,, a tenu une conférence de presse pour officialiser son soutien à un groupe de conseillers municipaux démissionnaires de Kandi et fustiger ce qu’il qualifie de « politique sournoise et mesquine » des partis soutenant le pouvoir en place.

L’événement central de cette sortie médiatique est le ralliement de dix élus locaux de Kandi, issus de la Force Cauris pour un Bénin émergent (FcBe) et de l’Union Progressiste le Renouveau (UPR), à la formation de l’opposition. Parmi ces transfuges figurent des personnalités influentes telles que le premier adjoint au maire, des présidents de commission et des chefs d’arrondissement. Pour Les Démocrates, ce mouvement est bien plus qu’un simple changement d’étiquette ; c’est un « mauvais signe » pour une mouvance présidentielle « apeurée » et « fragilisée », qui « court dans tous les sens ».

Guy Dossou Mitokpè, Secrétaire national à la communication du parti, entouré des conseillers concernés, a porté un message double. Il a d’abord adressé les « félicitations » de son parti à « ses valeureux fils » pour avoir, selon lui, « écouté la voix des populations » de Kandi. Ensuite, il a vivement condamné la réaction des partis au pouvoir, qui ont initié un vote de défiance prévu pour le mercredi 27 août afin de destituer les élus ralliés à l’opposition de leurs postes de responsabilité.

Le cœur de l’accusation porte sur une pratique que Les Démocrates décrivent comme une « démocratie à deux vitesses ». Le parti rappelle un précédent : lorsque des conseillers FCBE avaient rejoint l’UPR permettant à l’actuelle maire de Kandi d’accéder à son poste –, une lettre de défiance signée par 19 élus sur 29 était restée sans suite. Aujourd’hui, le scénario inverse se produit et la machine punitive se met en marche immédiatement. Cette différence de traitement est, pour Les Démocrates, la preuve d’une « relation incestueuse » entre la mouvance présidentielle et l’ex-parti au pouvoir FCBE, orchestrant ensemble une « mesquinerie politique » ciblée.

Mais le phénomène ne se limiterait pas à la commune de Kandi. Le parti d’opposition dresse une liste longue et impressionnante de localités où cette même « mesquinerie politique » s’observerait : de Sinendé à Cotonou, en passant par Parakou, Abomey-Calavi ou Djougou, soit près d’une trentaine de communes concernées. Cette énumération a pour but de peindre le tableau d’une stratégie systémique et nationale visant à étouffer l’opposition.

Face à cette situation, la réponse des Démocrates est à la fois un soutien immédiat et une promesse pour l’avenir. Le parti rassure les conseillers menacés de destitution : « les mêmes personnes qui sont à la manœuvre pour leur destitution seront ceux-là même qui vont leur remettre les attributs du Conseil communal en tant qu’élus du parti Les Démocrates en février 2026 ». Cette phrase, lourde de sens, est une promesse de revanche électorale lors des prochaines élections locales.

Par la voix de ses figures de proue telles que Boni Yayi, Eric Houndété ou Nourénou Atchadé, Les Démocrates lancent un appel plus large. Ils invitent « tous ceux qui hésitent à rallier la cause du peuple » à se joindre à leur « déferlante démocratique ». Cette conférence de presse dépasse ainsi le simple cadre d’un conflit local à Kandi ; elle se veut le signal de départ d’une vaste offensive pour recomposer le paysage politique béninois à la veille des échéances de 2026.

Damien TOLOMISSI

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