Edito : La femme, l’essence du monde
Dans le bruissement des feuilles sous le vent du soir, dans la chaleur du repas qui mijote au coin du feu, dans le rire de l’enfant qui joue insouciant, il y a elle. Il y a la femme. Elle est partout, discrète comme la rosée du matin, forte comme le baobab qui défie les saisons. Sans elle, le monde serait une maison vide, un champ sans semence, une mélodie sans voix.
La femme porte la vie. Ce n’est pas une image, c’est une vérité profonde qui se lit dans la fatigue de ses nuits blanches passées au chevet d’un enfant fiévreux, dans la patience infinie avec laquelle elle console les peines, dans la lumière qu’elle allume même quand tout semble sombre. Elle donne sans compter, elle aime sans mesurer. Son cœur est un océan où chacun peut venir puiser de la tendresse.
Dans nos sociétés, la femme est aussi celle qui tisse les liens. Elle rapproche les hommes, apaise les conflits, construit des ponts là où d’autres ne voient que des fossés. Dans les marchés de nos villes, c’est elle qui négocie, qui calcule, qui nourrit la famille avec le fruit de son labeur. Dans les champs, c’est elle qui plante, qui récolte, qui transforme. Dans les foyers, c’est elle qui éduque, qui transmet les valeurs, qui garde vivante la flamme de la tradition.
Pourtant, combien de fois la regardons-nous vraiment ? Combien de fois reconnaissons-nous sa peine, son génie, sa force silencieuse ? On l’oublie trop souvent dans les décisions qui comptent, on la relègue parfois au second plan, on murmure son nom sans lui donner la place qu’elle mérite. Mais sans elle, rien ne tourne rond. Sans elle, le monde perd son équilibre, comme une pirogue privée de sa pagaie.
La femme est l’essence du monde parce qu’elle est la vie qui se donne, l’amour qui se répand, la sagesse qui conseille. Elle est la première école de l’enfant, le refuge de l’homme éprouvé, la mémoire du village. Quand elle s’élève, toute la communauté s’élève avec elle. Quand elle souffre, c’est l’humanité tout entière qui pleure.
Il est temps de le dire haut et fort. Il est temps de le reconnaître chaque jour, pas seulement en paroles, mais par des gestes, par du respect, par de la considération. Honorons la femme. Aimons-la. Protégeons-la. Car en prenant soin d’elle, nous prenons soin du monde. Elle en est le cœur battant, l’âme discrète et pourtant si puissante. Sans elle, nous ne serions rien. Avec elle, tout est possible.
Pierre MATCHOUDO