Femmes et terrorisme : Un séminaire pour outiller les actrices de la paix

 Femmes et terrorisme : Un séminaire pour outiller les actrices de la paix

Le Réseau des Femmes Fonctionnaires Parlementaires du Bénin (RFFP-Bénin) a réuni vendredi 13 mars des femmes venues de tous horizons, civiles et militaires, pour une formation consacrée à un sujet brûlant d’actualité : le rôle des femmes dans la lutte contre le terrorisme. Sous la houlette des autorités parlementaires et de l’armée béninoise, cette rencontre a marqué les esprits par la qualité des échanges et la mobilisation exceptionnelle des participantes.

La matinée a débuté par une série d’allocutions qui ont donné le ton de la journée. Le Chef de bataillon Abdoulaye Fousseni, la présidente du RFFP-Bénin Vioutou Apklogan, le Général Faïzou Gomina, Chef d’État-major de la Garde nationale, la présidente de la commission parlementaire C4 Éléonore Ladékan Yayi, et le Directeur de Cabinet du Président de l’Assemblée nationale Abou Torou ont tous pris la parole. Chacun à leur manière, ils ont insisté sur l’importance d’impliquer les femmes dans les processus de décision qui touchent à la paix et à la sécurité nationale. Ils ont également tenu à remercier chaleureusement le Président de l’Assemblée nationale, le Professeur Joseph Fifamin Djogbenou, pour son soutien à cette initiative. Un moment d’émotion a traversé l’assistance lorsque le Général Faïzou Gomina a procédé à une remise de distinctions honorifiques en l’honneur du Président de l’Assemblée nationale, du Directeur de Cabinet et de la présidente du RFFP-Bénin. La photo de famille qui a suivi a immortalisé cet instant de reconnaissance et de fraternité entre les institutions.

Après une pause musicale offerte par l’orchestre de la Garde nationale, place a été faite au cœur du séminaire : les communications thématiques. Quatre présentations ont été proposées, dont deux ont particulièrement retenu l’attention.

Le Lieutenant-colonel Yarou Saka Dafia, commandant d’armes de la caserne de Dessa, a ouvert le bal avec un exposé intitulé « Les Forces armées béninoises face aux nouvelles menaces sécuritaires ». D’une voix posée mais ferme, il a dressé un tableau précis du contexte sécuritaire actuel. Le terrorisme, l’extrémisme violent, la criminalité transnationale, les cybermenaces et la désinformation sont autant de défis auxquels le Bénin doit faire face. Il a évoqué la pression aux frontières nord, les risques de déstabilisation et la nécessité de protéger les infrastructures stratégiques. Face à ces menaces, les Forces armées béninoises se déploient sur le terrain, mènent des opérations conjointes, surveillent les frontières et modernisent leurs équipements. Mais l’officier supérieur a aussi insisté sur l’importance de l’implication des communautés locales et des actions civilo-militaires pour prévenir la radicalisation.

La seconde communication majeure a été présentée par la Lieutenante Claudia Ekpango sur le thème « Le rôle stratégique des femmes dans la prévention de l’extrémisme violent ». Son exposé, clair et percutant, a mis en lumière la place particulière qu’occupent les femmes face à ces menaces. Elle a expliqué comment les groupes extrémistes exploitent les fragilités locales, promettant de l’argent ou une protection illusoire pour attirer de nouvelles recrues. Dans ce contexte, les femmes sont à la fois des cibles et des actrices essentielles. Par leur présence au sein des familles et des communautés, elles peuvent détecter les premiers signes de radicalisation, jouer un rôle de médiation et contribuer à ce que l’oratrice a appelé « la guerre des esprits ». La Lieutenante Ekpango a également évoqué l’importance du numérique et la nécessité pour le Parlement de légiférer pour encadrer l’usage des réseaux sociaux, souvent utilisés par les extrémistes pour diffuser leur propagande.

Les deux autres communications, présentées par le Chef de bataillon Abdoulaye Fousseni sur le rôle du Parlement dans la gouvernance sécuritaire et par la Lieutenante Roseline Chabi sur l’approche genre et la sécurité, ont complété ce riche programme. À chaque fois, les participantes ont réagi, posé des questions, apporté leurs témoignages, montrant ainsi tout l’intérêt qu’elles portaient à ces sujets.

Pour clore cette journée intense, une visite guidée des installations de la caserne de Dessa a été organisée. Conduites par le commandant d’armes et son équipe, les femmes ont découvert l’environnement et les dispositifs opérationnels de la Garde nationale. Une immersion qui a permis de tisser des liens concrets entre le monde civil et le monde militaire, au service de la paix et de la sécurité de tout le pays.

Aristide CODO-TOAFODE

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