Fête du Vodoun à Houéyogbé : Entre recueillement et spectacle sacré
À Houéyogbé, plus précisément dans l’espace sacré du prêtre Kossè Gnidokponou, le 10 janvier 2026 a été l’aboutissement d’une célébration puissante et profondément ancrée dans la tradition. Pendant trois jours, rituels, musique et dévotion ont transformé le lieu en un centre vivant de la spiritualité béninoise, attirant autant les fidèles que des touristes venus du monde entier pour en être les témoins.
Cette fête a été une grande réussite, démontrant la vitalité d’un patrimoine immatériel qui honore les ancêtres et les divinités, tout en priant pour la paix et la prospérité de la nation. Le déroulement respectueux des rites a montré à tous l’importance de ces traditions pour la communauté. En effet, les cérémonies ont suivi un calendrier précis et chargé de sens, commençant le jeudi 8 janvier par des veillées qui ont installé une atmosphère de recueillement. Le vendredi 9 janvier, vers 16 heures, la foule a pu assister à la prestation dynamique des Kokoussi. Leurs pas de danse et leurs chants ont captivé le public, venant nourrir sa curiosité et son respect pour cette expression culturelle.

La nuit suivante a été consacrée aux adeptes de la divinité Mami-Wata, dont la veillée a maintenu vive la flamme de la dévotion jusqu’aux premières lueurs du samedi. Le matin du 10 janvier, le point culminant des cérémonies a eu lieu : les rites d’immolation, conduits avec une grande maîtrise par sa Majesté Sossa Gùèdèhoungué 3, assisté du prêtre Vodou Kossè. Dah Milonon Glèlè 2, invité du prêtre Vodou Kossè n’a d’ailleurs pas caché sa joie d’avoir assisté à cette belle cérémonie.
Cette fête n’est pas seulement un spectacle, elle a une fonction sociale et spirituelle essentielle. Comme l’a expliqué Jean-Louis Gnidokponou, du Bureau Exécutif National de la Communauté Nationale du Culte Vodou Bénin-Racine/Houéyogbé, « ces rites sont indispensables pour respecter la mémoire des ancêtres et honorer les dieux », a-t-il confié. Il a également souligné une dimension importante de la cérémonie en parlant des prières qui ont été adressées pour le Chef de l’État, Patrice Talon, pour son gouvernement, et pour l’ensemble du peuple béninois. Cette demande de paix et de protection prend un relief particulier en cette année électorale. Jean-Louis Gnidokponou a profité de l’occasion pour remercier le président d’avoir donné une identité forte au Bénin à travers la valorisation des Vodun Days, qui rayonnent désormais bien au-delà des frontières nationales.

L’ouverture au monde
La soirée de clôture du samedi a magistralement été assurée par les Zangbeto, les gardiens de la nuit. Leur prestation, à la fois mystérieuse et impressionnante, a tenu en haleine l’assemblée. Cette foule n’était pas uniquement composée de fidèles locaux. Des touristes européens, américains et d’autres horizons ont répondu présents, venant observer avec respect ces manifestations culturelles uniques. Leur présence silencieuse et attentive est le signe d’un intérêt grandissant pour la richesse spirituelle du Bénin.
La fête du Vodou à Houéyogbé en 2026 a été une grande réussite à plusieurs titres. Elle a été menée avec rigueur et ferveur par ses gardiens, respectant scrupuleusement le protocole des ancêtres. Elle a rempli sa fonction sociale et spirituelle en unissant la communauté et en invoquant la paix pour le pays. Enfin, elle a su s’ouvrir au monde sans se dénaturer, permettant à des visiteurs internationaux de découvrir l’authenticité d’une tradition vivante. Cet événement prouve que la célébration du Vodou, dans son cadre originel, reste un pilier essentiel de l’identité béninoise et une manifestation culturelle d’une profonde richesse.
Damien TOLOMISSI