Mariam Chabi Talata : La colistière de Romuald Wadagni pour la présidentielle 2026

 Mariam Chabi Talata : La colistière de Romuald Wadagni pour la présidentielle 2026

Le suspens n’aura duré qu’un temps. Dans les coulisses du pouvoir, le verdict est tombé, précis et sans appel. Ce mardi 16 septembre 2025, le Secrétariat Exécutif du Bloc Républicain (BR), l’un des fers de lance de la mouvance présidentielle, a mis fin aux spéculations les plus folles. Réuni pour une session dont l’ordre du jour était ultra-concentré sur un seul point, mais de taille, le parti a dégainé son atout maître pour l’élection présidentielle d’avril 2026. Il s’agit de Mariam Chabi Talata.

L’unique mission de la journée ? Désigner l’équipier de Romuald Wadagni, le candidat officiellement investi pour conduire la bataille. Et le choix est aussi stratégique qu’audacieux : il porte sur la Vice-présidente sortante elle-même, Mariam Chabi Talata. Le communiqué officiel, estampillé du président du parti Abdoulaye Bio Tchané et publié ce 17 septembre, ne laisse place à aucun doute : le duo de choc est constitué.

Exit les calculs alambiqués et les noms sortis de chapeaux. Le BR a joué la carte de l’expérience et de la reconnaissance. Selon le parti, la décision est le fruit d’une mûre réflexion : « une analyse approfondie des enjeux », l’examen de « critères déterminants » et des « débats fructueux » ont conduit à cette conclusion. En clair, après avoir passé au crible le paysage politique, la solution la plus évidente s’est imposée à eux. Pourquoi chercher ailleurs ce que l’on a déjà à portée de main ?

Le Bloc Républicain ne tarit pas d’éloges pour celle qui était déjà leur vice-présidente. Le ton du communiqué est presque lyrique. Mariam Chabi Talata y est dépeinte comme bien plus qu’une simple collaboratrice. Elle est « une femme de conviction et d’actions », une personnalité « engagée avec constance dans le service public ». On sent chez les stratèges du « cheval cabré » la volonté de projeter une image de compétence et d’humanité, un mélange gagnant : la candidate incarnerait à la fois « la rigueur », « la proximité avec les populations » et ce précieux « sens élevé de l’État ».

Le message sous-jacent est limpide. En choisissant Talata, le pouvoir mise sur la stabilité et la poursuite du projet en cours. Il s’agit de rassurer, de montrer que l’équipe déjà en place a les épaules assez solides pour continuer l’œuvre engagée depuis le premier mandat de Patrice Talon. Le BR voit en elle la personnalité idéale, « par son expérience, son dynamisme et sa stature », pour seconder Romuald Wadagni.

Cette nomination est un coup de maître tactique. Elle évite les déchirements internes que pouvait provoquer l’arrivée d’un nouveau venu. Elle capitalise sur la notoriété et le bilan d’une femme déjà bien installée dans le paysage politique national. Et surtout, elle construit un récit de campagne tout trouvé : celui de la continuité assumée, portée par un binôme expérimenté et soudé, prêt à prendre le relais sans temps d’adaptation.

Le pari est désormais lancé. Wadagni et Talata, main dans la main, pour convaincre les Béninois que l’avenir se construira sur les bases du présent. La campagne vient de s’emballer.

Damien TOLOMISSI

Articles similaires