Parfait Dékoun: « C’est un coup de force de malheur »

 Parfait Dékoun: « C’est un coup de force de malheur »

Une nouvelle voix, grave et ferme, s’est élevée ce mercredi pour commenter la tentative de coup d’État déjouée du 7 décembre 2025. Celle de Parfait Dékoun, Chef du cinquième arrondissement de Cotonou, l’un des épicentres des affrontements. Dans une tribune marquante, l’élu local revient sur ce à quoi aurait pu ressembler la fin d’année des Béninois si le malheur avait prospéré. Son constat est sans appel : ce coup de force promettait tout, sauf des jours heureux.

Son message s’ouvre par une adresse solennelle à la nation. « Chers compatriotes béninoises et béninois, c’est avec stupéfaction que nous avons vécu la tentative de renversement de l’ordre constitutionnel en vigueur dans notre pays ce dimanche 7 décembre 2025. » Il y exprime d’emblée un immense soulagement, rendant un hommage appuyé aux forces de défense et de sécurité dont la bravoure a été décisive. Il salue également le courage, la persévérance et la détermination inflexible du Chef de l’État, Patrice Talon. C’est cette coalition de volontés, selon lui, qui a permis de vaincre un péril menaçant de replonger le Bénin dans un cycle d’instabilité aux conséquences incalculables.

Parfait Dékoun insiste sur l’absurdité et l’irresponsabilité de cette entreprise. Il affirme que ni le moment, ni les moyens employés n’étaient propices à une telle aventure. Le scénario qui se dessinait, explique-t-il, « était porteur de chaos pur et simple ». La destitution du président, couplée à la dissolution du gouvernement et des institutions républicaines, aurait entraîné un gel immédiat de la gestion des affaires courantes. Les conséquences concrètes sur la vie des citoyens auraient été brutales et immédiates.

Il dresse alors un tableau sombre de ce qui attendait le pays. L’accès aux services essentiels se serait trouvé paralysé : les soins de santé, l’approvisionnement en eau potable, l’énergie électrique, et l’éducation. Les marchés auraient été perturbés, et les activités génératrices de revenus, comme l’agriculture et la pêche, gravement affectées. Tout le développement économique patiemment amorcé au cours de la dernière décennie se serait trouvé bloqué net. Cette rupture soudaine aurait inexorablement provoqué une inflation galopante et une raréfaction des produits de première nécessité, plongeant les familles dans une précarité extrême.

L’élu de Cotonou alerte aussi sur les réactions de la communauté internationale. De telles aventures, rappelle-t-il, entraînent traditionnellement des sanctions diplomatiques et économiques, voire des embargos. Ces mesures de rétorsion, venues s’ajouter à la crise interne, auraient accentué les tensions et créé des situations de pénurie généralisée, asphyxiant un peu plus l’économie nationale et isolant le pays sur la scène mondiale.

Fort heureusement, ce scénario catastrophe reste une hypothèse. Parfait Dékoun rend grâce à la bravoure des forces de l’ordre et au patriotisme des citoyens béninois et de leurs autorités, qui ont mis en déroute ce qu’il nomme « ces aventuriers de l’enfer ». Il saisit cette occasion pour saluer l’ensemble des fils et filles du pays qui sont restés dignes et debout, dressés contre cette funeste fatalité. Cet élan collectif est, à ses yeux, le plus sûr rempart contre les forces du désordre.

Dans un geste de loyauté républicaine, il réaffirme son soutien au Chef de l’État. « Nous rassurons le Chef de l’État de notre présence et notre engagement à ses côtés pour relever les nombreux défis qui attendent notre pays. » Il termine sa déclaration sur une note empreinte de solennité et de recueillement, en s’inclinant devant la mémoire des compatriotes tombés lors des événements du 7 décembre et dans les jours qui ont suivi. Son message se clôt par un vibrant « Vive le Bénin et ses enfants debout pour toujours », cri du cœur qui résume sa foi en la résilience d’une nation unie face à l’épreuve.

Arnaud ACAKPO (Coll)

Articles similaires