Révolution silencieuse du numérique au Bénin : La confiance passe par la machine
Le Bénin a choisi le numérique. Depuis 2016, l’administration se transforme. Elle devient plus rapide, plus claire et plus proche du citoyen. Cette révolution porte un nom : la dématérialisation. La décision confirme cette direction. Par une circulaire du 25 septembre 2026, le ministre délégué chargé du Budget et de la Fonction publique, Rodrigue Chaou, a institué le paiement électronique des frais de mission dans les administrations publiques. La mesure concerne désormais toutes les missions intérieures.
Le portail national propose aujourd’hui plus de 230 services en ligne. Un habitant de Cotonou peut demander un certificat d’identification personnelle ou un acte d’état civil sans quitter son quartier. Un Béninois vivant à l’étranger peut faire sa demande depuis son pays et recevoir son document par l’intermédiaire d’une ambassade. La distance ne bloque plus la démarche. Le temps ne se perd plus dans les couloirs. Mieux encore, l’usager suit son dossier en temps réel. Il reçoit une notification quand son dossier avance. Il sait où il en est. Cette transparence rassure. Elle réduit les intermédiaires inutiles. Elle coupe court aux fausses promesses de certains agents malhonnêtes.
Le paiement suit le même mouvement. Le mobile money et le paiement électronique sont entrés dans les habitudes. Grâce à eux, les recettes fiscales intérieures ont doublé en quelques années. L’argent laisse une trace. Il devient difficile de le détourner. La décision la plus récente confirme cette direction. Par une circulaire datée du 25 septembre 2026, le ministre délégué chargé du Budget et de la Fonction publique, Rodrigue Chaou, a institué le paiement électronique des frais de mission dans les administrations publiques. La mesure concerne les missions effectuées à l’intérieur du pays. Elle repose sur la deuxième phase du Système d’encadrement des missions officielles, appelé SEMO 2.
Que change cette décision ? Elle met fin au règlement en espèces. Les frais de mission passent désormais par la banque ou par le mobile money. Chaque opération reste attachée à la mission concernée. Chaque opération est enregistrée dans le système. L’agent public dispose donc d’un circuit clair, lisible et vérifiable. Le SEMO 2 va plus loin. Il rapproche les données de la mission et celles de l’agent. Les informations se mettent à jour automatiquement à partir du système de paie de l’État. Le dispositif gère aussi les missions de groupe et certains contrôles liés aux déplacements. Les résultats de la première phase parlent déjà. Le SEMO a permis d’éviter des chevauchements de missions. Il a permis de détecter des agents fictifs. Autrement dit, il a fermé des portes par lesquelles l’argent public s’échappait.

Une nouveauté arrive bientôt. Il s’agit de la preuve de mission par géolocalisation. Elle vérifiera la présence réelle de l’agent sur le lieu indiqué dans son ordre de mission. Le ministère y voit un moyen de sécuriser davantage les fonds publics. Voilà pourquoi cette décision compte. Le gouvernement du président Romuald Wadagni ne se contente pas de discours. Il transforme les procédures. Il numérise les archives. Il réduit les coûts et les délais. Le projet Smart Gouv relie la santé, l’éducation et la justice autour de socles technologiques communs. Une administration sans papier et sans cash n’est pas un rêve lointain. C’est une réalité qui se construit jour après jour. Elle protège l’argent du peuple. Elle rend service au citoyen. Elle donne au Bénin une longueur d’avance.
Pierre MATCHOUDO



