Romuald Wadagni : « Jeunes du Bénin, ayez confiance ! »

 Romuald Wadagni : « Jeunes du Bénin, ayez confiance ! »

Le samedi 4 octobre 2025, la ville de Parakou, dans le nord du Bénin, a vibré au rythme des trompettes et des vuvuzelas pour l’investiture officielle de Romuald Wadagni comme candidat de la mouvance présidentielle pour l’élection d’avril 2026. Cet événement, soigneusement orchestré, marque le début officiel de la campagne pour celui qui est présenté comme le dauphin du président Patrice Talon.

Le choix de la ville de Parakou pour cette cérémonie n’était pas anodin. Il s’agissait de donner une envergure nationale à la candidature de Wadagni, en s’ancrant symboliquement dans une région du nord du pays. Le stade municipal était comble, avec des milliers de militants venus soutenir leur champion, certains arborant des masques à son effigie ou des pancartes proclamant « Je m’engage pour Row », son surnom. L’investiture elle-même a été un ballet de discours des dirigeants des quatre partis de la majorité présidentielle, le Bloc Républicain, l’Union Progressiste le Renouveau (UPR), Renaissance Nationale et Moele Bénin. Ils ont tous justifié leur choix en présentant Wadagni comme l’incarnation parfaite de la continuité du régime Talon. Abdoulaye Bio Tchané, président du Bloc Républicain, a résumé cet état d’esprit en déclarant : « Il fallait un homme incarnant la continuité et l’engagement, capable d’amplifier les transformations engagées sous Patrice Talon ».

Un discours ancré et tourné vers l’avenir

Dans son premier discours en tant que candidat, Romuald Wadagni a su mélanger l’émotion personnelle et la vision politique. Il a commencé par un récit poignant de son enfance à Parakou, évoquant les souvenirs de son père, fonctionnaire, et les routes difficiles qu’ils empruntaient dans une « 404 bâchée » qui devait souvent être poussée pour démarrer. Ce « storytelling » a permis à l’assistance de découvrir « un autre Wadagni », plus proche et ancré dans la réalité des Béninois. Sans dévoiler un programme détaillé, le candidat a partagé deux convictions fortes : la vision du développement est déjà claire et les défis sont connus, et la plus grande force du Bénin dans un monde instable est son unité nationale. Il a affirmé : « Je veux être le candidat de tous les Béninois ».

La jeunesse, priorité absolue du projet

La partie la plus marquante de son allocution a été son adresse directe à la jeunesse. S’appuyant sur des données démographiques, il a rappelé que près de 70% des Béninois ont moins de 25 ans et qu’un sur deux a moins de 18 ans, faisant du Bénin l’un des pays les plus jeunes du monde. Il a lancé à plusieurs reprises un message simple et fort : « Jeunes du Bénin, ayez confiance ! ». Son ambition est de transformer l’énergie des jeunes en opportunités concrètes. « Mon ambition est donc claire », a-t-il déclaré, « transformer l’énergie de chaque jeune en opportunité, transformer les opportunités en réussites et transformer les réussites en dignité ». Ce message, centré sur la formation, l’emploi et l’entrepreneuriat, a été perçu comme une promesse d’avenir pour une génération avide de réussite.

Romuald Wadagni ne sera pas seul dans cette bataille. Sa colistière est Mariam Chabi Talata, l’actuelle vice-présidente de la République. Présentée comme une « intellectuelle de haut niveau » et une militante de l’éducation et des droits, sa présence au ticket incarne un symbole d’égalité et de lien entre les générations.

Face à ce duo, l’opposition se structure encore. Le principal rival devrait venir du parti Les Démocrates, de l’ancien président Thomas Boni Yayi, qui n’avait pas encore officialisé son candidat au moment de l’investiture de Wadagni. Une autre formation d’opposition, Force Cauris pour un Bénin émergent (FCBE), a, quant à elle, désigné l’ancien ministre Paul Hounkpè comme candidat.

Pierre MATCHOUDO

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