Société : De quoi le concurrent de Fenghao a-t-il peur ?
Depuis quelques semaines, un promoteur de moto dont la marque porte les initiales Hao…e harcèle ses concurrents. Sans crier gare, ses collaborateurs ou des individus mandatés par ses soins sillonnent tout le pays avec une seule consigne. Repérer des motos dont les formes et modèles sont supposés ressembler aux motos portant le logo W et les saisir automatique. Une pratique qui interpelle les questions de libre concurrence et du respect des textes qui réglementent le commerce dans le monde et au Bénin.
S’il y a une constance qui demeure inaltérable dans la constitution du Bénin, malgré la révision de 2019, c’est le libéralisme économique. Une donne que certains semblent royalement ignorer en tentant de tuer la concurrence tout en brimant les droits des consommateurs. De quoi il s’agit ? Un fait de concurrence déloyale et d’abus de position dominante s’observe entre des opérations économiques du secteur de vente de motos au Bénin. Disons-le ainsi.
Quand faire du social devient un crime…
Sous le fallacieux prétexte que les motos Fenghao et autres ressemblent aux siennes, un opérateur économique qui commercialise des motos de marque Hao…e, harcèle ses concurrents. Chaque jour, il traque et c’est bien le mot approprié. Oui! Il traque sans procès, les autres opérateurs économiques, béninois comme lui, qui ont commis le péché de vouloir se lancer dans l’importation et la vente d’engins à deux ou trois roues au pays. Le crime commis par les concurrents de Hao…e est d’avoir entendu le crie de cœur de nombre de Béninois qui crient à la morosité économique, en baissant leurs prix afin de permettre aux citoyens de s’acheter une moto neuve, pour éviter la pollution atmosphérique, dans les rues de Cotonou que le Président Patrice Talon s’attèle à rendre attrayante.
L’Oapi devient un parapluie
Sous couvert de prétendues droits dépôts de marque auprès de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (Oapi), Hao…e intimide et influence ses concurrents. Ses émissaires, accompagné d’huissiers, menacent et raflent des motos sans ménagement. Ceci un problème. La détention de droits de marque à l’Oapi donne-t-il de pleins pouvoirs à des individus de faire la loi dans une République ? Doivent-ils débarquer dans des boutiques ou magasins qui n’ont aucun contrat d’exclusivité de vente d’un produit type avec eux pour opérer des saisies, quoiqu’accompagner d’huissiers ? Sur quels arrêtés de justice se basent-ils pour faire des saisies ? Que dit la loi à ce propos? Voilà autant d’interrogations qui méritent des clarifications urgentes.
Arnaud ACAKPO (Coll)