Wilfried Léandre Houngbédji aux Démocrates : « La femme qui ne sait pas danser accuse ses seins… »
Le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, est monté au créneau le vendredi 17 octobre 2025, pour répondre point par point aux accusations du parti Les Démocrates. La conférence de presse tenue au siège de Africaho à Cotonou a connu des moments forts, entre proverbes africains et rappels à l’ordre.
La veille, jeudi, les cadres du parti Les Démocrates avaient vivement critiqué le pouvoir en place. Ils l’accusaient d’avoir « orchestré un sabotage politique » dans l’affaire du parrainage du député Michel Sodjinou. En pleine préparation de la présidentielle de 2026, le parti d’opposition estime que le gouvernement cherche à l’empêcher de réunir les 28 parrainages nécessaires pour valider la candidature de son duo.
Face à ces graves accusations, Wilfried Léandre Houngbédji a choisi la réplique imagée, utilisant la sagesse populaire pour transmettre son message. « La femme qui ne sait pas danser accuse ses seins d’être trop proéminents », a lancé le porte-parole, devant une assistance attentive. Par ces mots, il a voulu signifier que le gouvernement n’est pas responsable des difficultés internes que traverse le parti Les Démocrates. Poursuivant dans cette veine, il a ajouté : « C’est la dent qui s’en allait tomber qui accuse la bouillie ». Autrement dit, selon lui, Les Démocrates cherchent un responsable extérieur à leurs propres problèmes.
Le ton est devenu plus direct lorsqu’il a invité l’opposition à « chercher où ils ont trébuché, pas où ils sont tombés ». Un appel clair à l’autocritique : « Si on s’habitue à mettre les mains sur la poitrine des autres chaque fois qu’on est en difficulté, on ne se remet jamais en question ».
Gestion interne versus responsabilité gouvernementale
Le porte-parole a ensuite rappelé que la majorité présidentielle avait elle-même connu des tensions. « Mais nous avons su les gérer, trouver un duo de candidats consensuel », a-t-il souligné, établissant une comparaison implicite avec les difficultés de l’opposition. Sur le fond du dossier, Wilfried Léandre Houngbédji s’est montré catégorique : « La majorité présidentielle a joué sa partition en faisant ce qui doit être fait. Les textes ont été revus dans les conditions démocratiques de façon régulière en la présence et en la participation constante de l’opposition. » Il est même allé plus loin dans sa défense : « Nous avons fait en sorte même de sécuriser les élus de l’opposition afin qu’il n’y ait pas de débauchage. La loi l’a interdit. Tout le reste après est question de gouvernance interne. »
Rappel des faits
Pour comprendre cette polémique, il faut revenir sur l’affaire Michel Sodjinou. Ce député membre des Démocrates a contesté le choix du duo candidat de son propre parti pour 2026. Le tribunal a donné raison au député en annulant sa fiche de parrainage et en demandant à la CENA de lui en délivrer un nouveau. La Cour d’appel a confirmé la décision du tribunal. Cependant, Michel Sodjinou n’a finalement pas rendu son parrainage au parti, créant ainsi une difficulté supplémentaire pour Les Démocrates dans leur course contre la montre pour réunir les parrainages nécessaires.
Cet échange vif entre le gouvernement et l’opposition montre à quel point la préparation de la présidentielle de 2026 s’annonce tendue. Chaque camp semble se préparer à une bataille qui dépasse la simple question des parrainages. Alors que le porte-parole du gouvernement renvoie l’opposition à ses responsabilités internes, Les Démocrates persistent à dénoncer ce qu’ils considèrent comme une entrave à la démocratie. Cette controverse laisse entrevoir un climat politique passionné en attendant la décision de la Cour Constitutionnelle.
LA REDACTION
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