Thomas Tossou-Dan, président de la Fédération Béninoise du jeu de balle: « Nous ne partons pas en promenade de santé »
À deux jours du coup d’envoi de la Coupe du monde indoor de jeu de balle au tambourin, l’effervescence gagne les rangs de la délégation béninoise. La compétition se déroulera du 26 février au 1er mars 2026 en Italie, et le Bénin y sera représenté par ses équipes nationales masculine et féminine. Le président de la Fédération béninoise de la discipline, Thomas Tossou-Dan a accordé un entretien au quotidien La Nation pour faire le point sur la préparation de ses troupes et dévoiler ses ambitions.
Les joueurs et joueuses qui défendront les couleurs du Bénin étaient en stage de préparation de 10 jours à Parakou. Cette mise au vert répond à un objectif précis. Il s’agit de renforcer la cohésion au sein des groupes, de peaufiner les aspects techniques et d’effectuer les derniers réglages avant le grand départ pour Rome. Le choix de Parakou n’est d’ailleurs pas anodin. À Cotonou, les infrastructures adaptées au jeu en salle font défaut depuis que le Hall des Arts n’est plus approprié à la pratique de cette discipline. La salle Don Bosco de Parakou offre en revanche des conditions idéales pour que les athlètes s’approprient les spécificités du jeu indoor.
L’objectif affiché par Thomas Tossou-Dan, président de la Fédération Béninoise du jeu de balle au tambourin q est clair et ambitieux. Le Bénin veut s’inscrire durablement parmi les grandes nations de cette discipline et surtout conserver sa place de pionnier du tambourin sur le continent africain. Pour y parvenir, il faudra d’abord négocier au mieux la phase de poules qui s’annonce particulièrement relevée.
Du côté des hommes, le Bénin hérite du groupe A en compagnie de l’Espagne, de l’Angleterre et de la Chine. Un tirage qu’il qualifie lui-même de très difficile. « Les Catalans et les Anglais possèdent une solide expérience des compétitions internationales. Quant à la Chine, nouveau venu dans le paysage du tambourin mondial, elle ne doit pas être sous-estimée », a-t-il confié. Il prévient que ce ne sera pas une promenade de santé pour ses protégés : « L’objectif est de terminer au moins à la deuxième place du groupe. Pourquoi cette exigence ? Parce que le troisième du groupe A se retrouverait directement opposé à la France en barrage pour accéder aux huitièmes de finale. Un véritable piège, tant la formation française est réputée pour sa puissance et sa technique. Le système est le même dans l’autre groupe où le troisième affrontera l’Italie, pays organisateur et autre favori de la compétition. Éviter ce piège est donc une priorité absolue ».

Chez les dames, explique-t-il « Le défi n’est pas moins grand. Les Béninoises évolueront dans un groupe comprenant le Brésil, l’Espagne et l’Angleterre. Là encore, le niveau s’annonce relevé. Les Espagnoles sont réputées pour leur technique irréprochable. Les Anglaises, elles, impressionnent par leur cohésion collective et leur précision dans la frappe. Face à ces adversaires de taille, les Amazones béninoises comptent bien s’appuyer sur leurs performances passées ». Thomas Tossou-Dan rappelle d’ailleurs le bon niveau de jeu affiché par ses joueuses lors du tournoi Père Mirabeau et à la Coupe du monde 2023. « Ces expériences ont permis de capitaliser et de travailler davantage pour contrer les assauts des favorites. L’objectif reste le même que chez les hommes : éviter la troisième place synonyme de barrage difficile », a-t-il souligné.
Il se montre confiant quant aux armes dont dispose le Bénin pour atteindre ses objectifs. Le stage à Parakou est justement conçu pour maximiser les chances de réussite. Il permet aux joueurs de s’adapter aux contraintes du jeu en salle, bien différent du jeu en extérieur. Avec le travail accompli, Thomas Dan-Tossou affiche une certitude : « Nous n’irons pas pour faire piètre figure, mais pour hisser haut notre drapeau sur l’échiquier mondial »
Cette campagne mondiale n’aurait pas été possible sans le soutien du gouvernement béninois. Il tient d’ailleurs à adresser ses remerciements les plus chaleureux aux autorités : « Le Ministère des Sports a pris en charge intégralement la préparation et le déplacement de la délégation. Un accompagnement qui dope le moral des troupes et qui crée une obligation de résultats ». Thomas Tossou-Dan en est conscient : « Ses joueurs et joueuses ne partent pas en promenade de santé. Ils ont la ferme intention de revenir avec des médailles pour honorer la confiance placée en eux. »

Le Maroc, une participation, fruit du travail
Le Bénin ne sera pas la seule nation africaine engagée dans cette Coupe du monde. Le Maroc sera également de la partie, représentant lui aussi l’Afrique aux côtés des Béninois. Une présence qui n’est pas le fruit du hasard puisque ce sont des formateurs béninois qui ont contribué à développer la discipline au Maroc. Thomas Tossou-Dan suit de près le parcours des Marocains et leur trouve même un groupe plutôt favorable avec l’Espagne, le Portugal et la Belgique. Il leur prédit de belles performances, même si l’Allemagne et Saint-Marin pourraient leur poser quelques difficultés.
A l’en croire, cette montée en puissance du tambourin sur le continent n’est pas un accident. « Le président de la région Afrique, Jean Louis Gnidokponou, a mis en place une politique volontariste pour développer la discipline dans la sous-région et sur l’ensemble du continent. Aujourd’hui, six ou sept pays pratiquent régulièrement le jeu de balle au tambourin en Afrique. Le niveau progresse et l’Afrique émerge peu à peu sur la scène internationale. Même si les résultats ne sont pas encore à la hauteur des attentes, les efforts se poursuivent pour fournir davantage de ressources humaines à la discipline », a-t-il indiqué
Avant de conclure, Thomas Tossou-Dan tient à remercier toutes les personnes qui ont contribué à la préparation de cette échéance mondiale. Le Ministre des Sports, les staffs techniques, le point focal du jeu de balle au tambourin au ministère, la Direction du sport d’élite, tous sont mobilisés jour et nuit pour accompagner les athlètes et mettre la pression nécessaire à l’obtention de bons résultats. Le comité de la région Afrique veille également à ce que le Bénin ne soit pas en retrait.
Le président de la fédération lance enfin un appel au public béninois. Il invite les amateurs de sport à soutenir massivement cette discipline encore méconnue et à accompagner les joueurs de près ou de loin. Les prières et les encouragements de tout un peuple peuvent faire la différence dans les moments décisifs. Le rendez-vous est pris. Du 26 février au 1er mars, les tambourinaires béninois entreront en piste en Italie.
Damien TOLOMISSI