Coupe du monde de jeu de balle au tambourin, Rome 2026 : Le Bénin y croit plus que jamais
Ils ont fait leurs bagages, direction Parakou. Pas pour le plaisir, mais pour le travail. Dix jours de mise au vert, de sueur et de concentration. Les Guépards et les Amazones du jeu de balle au tambourin préparent leur grande aventure : la Coupe du monde indoor 2026, qui se tiendra à Rome, du 27 février au 2 mars.
Ce ne sera pas une simple balade touristique dans la capitale italienne. Le Bénin y va pour gagner. Ou, à tout le moins, pour faire mieux qu’en 2023. Cette année-là, à Mozambono, en Italie également, le Bénin découvrait pour la première fois les joutes mondiales de cette discipline méconnue du grand public mais ô combien exigeante. Résultat ? Une honorable quatrième place pour les dames, une septième pour les hommes. Pas mal pour des débutants. Mais aujourd’hui, l’appétit vient en mangeant.

Parakou, dernière ligne droite avant Rome
C’est dans la cité des Kobourou que les tambourinaires béninois ont posé leurs valises pour ce qui ressemble à une retraite spirituelle du sport. Loin de l’agitation de Cotonou, dans le calme de la ville septentrionale, les athlètes peaufinent les derniers réglages. Une mise au vert qui n’a rien d’un hasard. Parakou, terre de sportifs, offre ce qu’il faut de sérénité et d’infrastructures pour une préparation intensive.
À la tête de la délégation, Thomas Tossou-Dan, président de la Fédération Béninoise du Jeu de Balle au Tambourin, affiche une détermination tranquille. Interrogé sur le programme de ces dix jours de préparation, l’homme ne laisse rien au hasard. « La Direction technique a concocté un plan de travail bien précis. Il s’articule autour des gestes techniques, de la coordination et de l’activité physique. Les coachs ont la responsabilité de bien mener cette préparation et de doper mentalement les athlètes, » explique-t-il avec le calme de ceux qui savent où ils vont.
Car dans le sport de haut niveau, le mental pèse aussi lourd que le physique. À Rome, les Béninois ne croiseront pas des amateurs. Une vingtaine de nations seront présentes, toutes aussi affamées les unes que les autres. L’Italie, pays hôte, sera évidemment redoutable. Mais d’autres nations, notamment européennes et sud-américaines, comptent bien faire parler la poudre.

L’expérience comme tremplin
Ce qui rassure Thomas Tossou-Dan et son équipe technique, c’est que le Bénin n’arrive plus en terre inconnue. La participation de 2023 a servi de leçon grandeur nature. Les joueurs et joueuses savent désormais ce qui les attend : l’intensité des matchs, la pression du public, le niveau technique exigé. Cette expérience, aussi courte fût-elle, est devenue un atout. « Nous avons appris de nos erreurs, » confie un membre de l’encadrement technique. « À Mozambono, nous avons découvert le niveau international. Aujourd’hui, nous savons où nous devons progresser. » Et les progrès, justement, se construisent à Parakou, jour après jour, sous le regard attentif des entraîneurs.
L’objectif est d’améliorer le classement de 2023. Chez les dames, la quatrième place laisse des regrets. Elle signifie qu’à un rien, le podium était accessible. Alors pourquoi ne pas y croire cette fois-ci ? Chez les hommes, la septième place offre aussi une marge de progression évidente. Avec de la rigueur et un brin de réussite, les Guépards peuvent viser plus haut.

Jean-Louis Gnidokponou : « Le Bénin peut changer la donne »
Mais au-delà des espoirs raisonnables, certains voient plus grand. Beaucoup plus grand. Jean-Louis Gnidokponou, président de la Région Afrique du Jeu de Balle au Tambourin, suit de très près l’évolution de la discipline sur le continent. Et ce qu’il observe au Bénin ces deux dernières années le rend particulièrement optimiste. Interrogé sur les chances béninoises à Rome, l’homme ne cache pas son enthousiasme. Son regard de connaisseur, forgé par des années d’observation du circuit international, lui permet de mesurer avec précision le chemin parcouru par les tambourinaires béninois.
« Au regard des progrès accomplis par le Bénin ces deux dernières années, je crois sincèrement que ce pays peut changer la donne à Rome, » affirme-t-il avec conviction. Et d’ajouter, le sourire en coin : « Le Bénin peut finir au moins sur le podium. Et pourquoi ne pas revenir avec le trophée ? C’est bien possible. »
Des mots qui résonnent comme un électrochoc positif dans le camp béninois. Car quand un tel responsable, qui embrasse toute la discipline à l’échelle continentale, parle avec autant d’assurance, on ne peut l’ignorer. Jean-Louis Gnidokponou voit dans l’actuelle génération béninoise cette petite étincelle qui fait les grands champions : la technique, certes, mais aussi cette rage de vaincre qui transforme les compétiteurs ordinaires en vainqueurs.

Des progrès visibles sur tous les plans
Que s’est-il donc passé depuis 2023 pour que le responsable africain de la discipline affiche un tel optimisme ? D’abord, une structuration accrue des clubs et des championnats nationaux. Ensuite, une multiplication des rencontres internationales qui a permis aux Béninois de jauger leur niveau face à d’autres nations. Enfin, un travail de fond sur la formation des jeunes, un mélange d’expérimentés et de jeunes talents qui donne la saveur désireuse. En effet, le jeu s’est affiné, la condition physique s’est améliorée, et surtout, l’expérience engrangée lors du Mondial 2023 a servi de déclic. Les joueurs savent désormais ce que signifie affronter l’Italie chez elle, ou tenir tête aux Sud-Américains dans leur style si particulier.
Le tambourin, un sport qui monte
Derrière cette préparation minutieuse, c’est tout un sport qui cherche à se faire une place sous les projecteurs. Le jeu de balle au tambourin, discipline ancestrale venue de la France, reste confidentiel dans beaucoup de pays. Mais au Bénin, il bénéficie d’un engouement certain. La Fédération, dirigée par Thomas Tossou-Dan, œuvre sans relâche pour structurer la pratique, former les jeunes et offrir aux athlètes les moyens de leurs ambitions. La Coupe du monde de Rome 2026 sera donc plus qu’une compétition. Ce sera un test grandeur nature pour mesurer le chemin parcouru depuis 2023. Ce sera aussi l’occasion de montrer que le Bénin, petit poucet de la discipline, a sa place parmi les grandes nations du tambourin.

D’ici au 27 février, les muscles travailleront, les esprits s’aiguiseront et les stratégies s’affineront. À Parakou, la machine est lancée. Reste à savoir si, dans l’atmosphère électrique de Rome, les tambourins béninois sauront faire vibrer le monde. Une certitude, ils ne partiront pas en touristes. Et qui sait, peut-être que le pronostic de Jean-Louis Gnidokponou deviendra réalité. Après tout, dans le sport, l’exploit n’attend que ceux qui osent y croire.
Damien TOLOMISSI