L’air le plus malsain du monde : Voyage au cœur des villes polluées
À travers le monde, de nombreux pays s’efforcent de réduire la pollution dans leurs grandes villes. Cette course contre la montre est essentielle pour ralentir le réchauffement climatique et protéger la planète. Pourtant, malgré ces efforts, plusieurs agglomérations continuent d’afficher des niveaux de pollution très élevés. Cette situation met gravement en danger la santé de leurs habitants. L’air que l’on respire dans ces lieux devient un véritable problème de santé publique.
Pour mesurer cette pollution, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) tient une base de données importante. Celle-ci rassemble les informations fournies par les pays sur la qualité de l’air dans leurs zones urbaines. Grâce à ces données, il est possible d’établir un classement des vingt villes où la pollution atmosphérique est la plus forte au monde. Ce classement se base sur la concentration de particules fines, notamment les PM2,5 et les PM10. Ces particules sont minuscules et pénètrent facilement dans les poumons, ce qui les rend très dangereuses pour la santé.
En observant ce classement, on remarque d’abord que la majorité des villes les plus polluées se trouvent en Asie. Les deux pays les plus peuplés du monde, la Chine et l’Inde, sont particulièrement concernés. C’est en Inde que l’on trouve la ville la plus polluée de la planète. Il s’agit de Hapur, une ville qui enregistre des niveaux très élevés de particules fines. Juste derrière, on retrouve Lahore, la deuxième ville la plus peuplée du Pakistan. Avec ses treize millions d’habitants, la population de Lahore est exposée quotidiennement à un air de très mauvaise qualité.
La troisième place de ce classement est occupée par Kaboul, la capitale de l’Afghanistan. Cette ville d’environ quatre millions et demi de personnes a déjà traversé des années de conflits et de pauvreté. Aujourd’hui, elle doit aussi faire face à un air irrespirable. Une autre capitale majeure figure dans ce triste palmarès. Il s’agit de Delhi, en Inde. Avec ses vingt-neuf millions d’habitants, la pollution y atteint des sommets et constitue un défi quotidien pour les autorités.
La Chine est également très présente dans ce classement. La ville de Hotan, une oasis située dans le désert, est considérée comme la plus polluée du pays. Sa population, bien que moins nombreuse que celle des grandes métropoles, souffre elle aussi d’une mauvaise qualité de l’air. En Inde, plusieurs autres villes rejoignent ce palmarès, comme Noida, Agra et Ghaziabad. Agra est particulièrement connue dans le monde entier pour abriter le Taj Mahal, ce magnifique monument qui attire des millions de touristes. Mais derrière cette beauté, la ville cache un air dangereusement pollué.
En Chine toujours, on trouve les villes de Kashgar et de Zhanhe. Les niveaux de pollution y sont bien supérieurs aux limites recommandées par l’OMS. L’organisation recommande en effet de ne pas dépasser une moyenne de quinze microgrammes de particules fines par mètre cube d’air. Or, dans ces villes, on atteint des chiffres cinq à six fois plus élevés. Le district de Shunhe, également en Chine, fait partie de cette liste malgré sa petite taille. Cela montre que la pollution ne touche pas seulement les très grandes métropoles.
Plus loin dans le classement, on retrouve Dacca, la capitale du Bangladesh. Cette ville de plus de trente-cinq millions d’habitants occupe la douzième place. En Inde, la ville de Dehradun, pourtant située au pied de l’Himalaya, est elle aussi confrontée à une atmosphère très polluée. La présence des montagnes ne suffit donc pas à protéger du fléau de la pollution. En Chine, les villes de Chuzhou, Suiyang, Yindu et Longnan complètent la longue liste des villes chinoises les plus touchées.
Le Pakistan apparaît une seconde fois avec la ville de Peshawar. Cette cité historique, l’une des plus anciennes d’Asie du Sud, doit aujourd’hui faire face à ce défi moderne qu’est la pollution atmosphérique. Enfin, une ville en dehors de l’Asie figure dans ce classement. Il s’agit du gouvernorat de Jahra, au Koweït. Cette région, située au Moyen-Orient, est la plus polluée de toute la zone. Sa localisation géographique et ses activités industrielles expliquent en grande partie cette situation.
Ce tour du monde des vingt villes les plus polluées montre l’ampleur du problème. Respirer un air sain est pourtant un besoin fondamental. Dans ces agglomérations, des millions de personnes vivent quotidiennement avec un ciel irrespirable. Les particules fines augmentent les risques de maladies respiratoires, cardiaques et bien d’autres problèmes de santé. Face à ce constat, il devient urgent pour ces nations de renforcer leurs actions. Réduire la pollution, c’est protéger la santé des habitants et offrir un avenir plus respirable aux générations futures. La lutte contre ce fléau est longue, mais elle est essentielle pour que chacun puisse un jour vivre et respirer librement.
Pierre MATCHOUDO