Bénin : Création d’une agence spéciale pour en finir avec la malaria
Face à un ennemi minuscule mais redoutable, le gouvernement béninois passe à la vitesse supérieure. La malaria, ce fléau qui empoisonne le quotidien de milliers de familles, tue encore trop d’enfants et de femmes enceintes. Malgré les campagnes de distribution de moustiquaires et les traitements, la maladie reste solidement implantée sur le territoire. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : première cause de consultation dans les hôpitaux, première cause de décès chez les plus vulnérables.
Pour inverser la tendance, le gouvernement béninois sous l’égide du président Patrice Talon a choisi de frapper fort en créant un instrument inédit : l’Agence nationale de lutte contre la malaria et les moustiques. Finies les actions dispersées, place à une stratégie coordonnée et musclée. Cette nouvelle structure taillée sur mesure aura les coudées franches pour traquer l’ennemi sur tous les fronts. Son arme principale ? Une autonomie qui lui permettra de réagir vite et bien, sans s’enliser dans les lourdeurs administratives.
Que fera concrètement cette agence ?
Elle sera chargée de concevoir des programmes de démoustication, de renforcer la prévention et de réduire l’incidence de la maladie. Mais son rôle ne s’arrête pas là. Elle devra aussi promouvoir la recherche, innover dans les méthodes de lutte contre les moustiques et sensibiliser les populations aux gestes qui sauvent. Les collectivités locales pourront compter sur son appui pour gérer les nuisances liées à ces insectes. Et pour mener à bien sa mission, l’agence travaillera main dans la main avec les partenaires nationaux et internationaux, publics comme privés.
Le Conseil des ministres a approuvé les statuts de cette nouvelle structure et donné des instructions fermes pour sa mise en place rapide. Les ministres concernés ont reçu pour mission de veiller à ce que l’agence devienne opérationnelle dans les meilleurs délais.
Cette décision s’inscrit dans un ensemble de mesures adoptées récemment. Le gouvernement a également modifié l’article 10 des statuts du Bureau béninois du Droit d’auteur et des Droits voisins, le BUBEDRA. Il a par ailleurs acté le déclassement d’une portion du domaine public maritime pour permettre l’aménagement de la Route des pêches. Enfin, un décret fixant les conditions de circulation des véhicules de transport et de préservation du patrimoine routier national a été adopté.
Autant de décisions qui témoignent de la volonté des autorités d’avancer sur tous les fronts, sanitaire, culturel, touristique et infrastructurel. Pendant ce temps, dans les villages et les villes, des milliers de Béninois continuent de vivre avec la menace du moustique. L’espoir est désormais permis que cette nouvelle agence leur offre enfin une protection à la hauteur du danger.
Etienne YEMADJE