De l’action sociale à l’hôtel de ville de Kétou : Le parcours maîtrisé d’Angélique Adégnika

 De l’action sociale à l’hôtel de ville de Kétou : Le parcours maîtrisé d’Angélique Adégnika

La commune de Kétou a confié, dimanche 15 février 2026, ses rênes à une femme de méthode et de conviction, Angélique Titilola Adégnika. Elue maire à l’issue de l’installation du conseil communal, elle succède à Lucie Ablawa Sessinou avec une promesse implicite de gouverner avec rigueur, proximité et sens stratégique.

Produit d’un itinéraire cohérent, façonné par le travail de terrain, la discipline militante et une constance remarquable, Angélique Titilola Adégnika est la nouvelle maire de la ville de Kétou. Assistante sociale de formation, cette brave dame de la cinquantaine n’est ni une novice de l’action publique ni une figure surgie des circonstances. Elle est une technicienne du social et une stratège du développement. Née à Adjohoun, mariée et mère de trois enfants, Angélique Titilola Adégnika appartient à cette génération de femmes formées à la croisée du savoir académique et de l’engagement citoyen. Baccalauréat scientifique en poche en 1995, elle choisit la voie du service social. Diplômée d’Etat en 1998 à l’Université nationale du Bénin, elle affine ensuite son expertise à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar où elle obtient, en 2001, un Diplôme supérieur en travail social, option gestion des services sociaux. Ce parcours universitaire rigoureux lui confère une solide culture administrative et une compréhension fine des mécanismes d’encadrement social. Elle ne s’arrête pas là. Formée à Tunis en gestion de programmes d’Information, éducation et communication en santé de la reproduction, puis au leadership et au management intégré, elle cultive un profil rare entre technicienne aguerrie et manager structurée.

Professionnellement, elle s’impose comme une femme d’impact. Chargée des ressources humaines et du suivi-évaluation à l’Ong Afap durant cinq ans, elle œuvre pour la promotion de la femme rurale et la protection de l’enfant. A la mairie de Cotonou, elle pilote la mobilisation sociale sur un projet participatif d’aménagement financé par l’Union européenne. Depuis 2014, elle dirige son cabinet Ceds-Afrique, tout en assumant la responsabilité départementale de l’Institut National de la Femme dans le Plateau, où elle coordonne la lutte contre les violences faites aux femmes. Angélique Titilola Adégnika est méthodique, structurée, exigeante. Elle parle chiffres, diagnostics, indicateurs. Elle pense inclusion, participation, gouvernance locale. Sa trajectoire révèle une professionnelle de terrain devenue experte en ingénierie sociale.

Une militante constante, une leader en construction

Mais le portrait serait incomplet sans son engagement politique. Son éveil remonte à 1996, au cœur du mouvement estudiantin. Très tôt, elle apprend la mobilisation, l’argumentation, la discipline collective. Elle traverse les recompositions partisanes avec fidélité et cohérence, du Madep à l’Union fait la Nation, jusqu’à l’Union Progressiste le Renouveau, où elle milite aujourd’hui activement. A Kétou, elle n’est pas une silhouette de campagne. Elle est une actrice permanente. Dès 2003, au lancement de la décentralisation, elle contribue à l’élection du premier maire. Elle participe aux rencontres communales, départementales et nationales de son parti. Elle assume des responsabilités financières stratégiques, notamment comme trésorière adjointe lors des législatives de 2023 et trésorière du comité d’organisation de la Journée internationale de la femme 2025. Son leadership est pédagogique et rassembleur. Elle initie le forum « Femmes de Conviction », réseau structurant des militantes issues des six arrondissements de Kétou. Elle défend un féminisme pragmatique à travers formation, réseautage, accès aux responsabilités. Bénéficiaire du programme Empowering Women in Politics, elle renforce ses capacités en stratégie électorale et gouvernance locale avant les municipales de janvier 2026, qui la consacrent conseillère communale puis maire.

Figure de transition intergénérationnelle

La maire de Kétou Angélique Titilola Adégnika est décrite comme accessible, posée, ferme dans la décision. Elle cultive la proximité avec les femmes et les jeunes, deux forces vives qu’elle considère comme les leviers du développement communal. Beaucoup voient en elle une figure de transition intergénérationnelle, capable de conjuguer mémoire et modernité. Sa prise de fonction ne relève pas du hasard. Elle est l’aboutissement d’un itinéraire discipliné. Une femme de dossiers devenue femme d’institution. Une militante de conviction devenue autorité municipale. Et à l’hôtel de ville de Kétou, Angélique Titilola Adégnika incarne désormais une ambition d’inscrire la commune dans une gouvernance inclusive, structurée et orientée vers les résultats. Sa méthode est connue de tous. C’est d’écouter, de planifier et d’agir. Sa signature pourrait être celle de la rigueur, de la loyauté et de l’efficacité. Et la ville de Kétou entre dans une ère nouvelle. Son maire entend la conduire avec la sérénité des bâtisseurs.

Patrice ADJAHO

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