« Elle Mérite Tout » : Le festival qui met les femmes au centre du monde dévoile ses cartes pour une 5ème édition époustouflante
Il y a des rendez-vous qui ne se contentent pas de cocher des cases sur un calendrier. « Elle Mérite Tout » est de ceux-là. Et pour sa cinquième année d’existence, le festival promet de secouer les consciences et de faire vibrer la Place de l’Amazone. Le patron de la Centrale Company, Richard Flash, l’œil pétillant et la parole tranchante, a dévoilé les contours de cette édition 2026 devant un parterre de journalistes conquis d’avance.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que Richard Flash n’a pas choisi la facilité. Pour cette cuvée spéciale, le thème est un coup de poing : « Elle était au commencement ». Une façon de rappeler, preuves à l’appui, que la femme n’est pas un détail de l’histoire, mais bien son point de départ. Une déclaration d’amour, mais aussi un programme.
Devant les professionnels des médias, le PDG de Centrale Company n’a pas fait dans la langue de bois. Il a retracé le chemin parcouru depuis 2021, égrenant les améliorations, écoutant les retours, tissant patiemment la toile d’un événement qui refuse de grandir trop vite. La décentralisation ? On y viendra, mais plus tard. Pour l’instant, Cotonou reste l’épicentre, avec une ambition dévorante : rayonner sur tout le Bénin par la grâce des écrans et des ondes.
Un programme alléchant
Le programme est une promesse. Les 5 et 6 mars, place à la matière grise. Santé mentale, sécurité numérique, financement des entreprises au féminin : les ateliers ne seront pas des causeries entre initiés. On attend entre 2 500 et 3 000 étudiants par jour, transportés par bus, encadrés comme à l’université. Du sérieux, du lourd, du concret.
Et puis vient le 7 mars. Ce jour-là, la scène ne sera qu’à elles. Un concert 100 % féminin, de la première à la dernière note. Sur les planches, des artistes qui décoiffent : la fougueuse Zeynab, la mélodieuse Ana Tèko, l’élégante Sena Noble, les rythmes envoûtants de l’orchestre Kabyessi, sans oublier Lulu, cette étoile qui marche à son propre rythme, loin des modes éphémères. Et pour donner une saveur internationale à la fête, la Togolaise Sensa viendra planter son drapeau sur la scène béninoise. Côté coulisses, même combat : la technique sera presque exclusivement féminine. Une façon de prouver que les femmes savent aussi brancher les câbles et régler les lumières.

Des stands, des saveurs et des mains qui créent
Mais « Elle Mérite Tout », ce n’est pas que de la musique et des discours. C’est aussi une vitrine du génie artisanal. L’année passée, on y a vu des verres et assiettes en bois, du wasa-wasa à tomber, des créations qui sentent bon le terroir. Cette année, une trentaine de stands accueilleront les mains qui tissent, cousent, cuisinent et inventent. Des entrepreneures, des artisanes, des battantes venues de tous les horizons pour montrer que l’économie aussi a un visage féminin.
Pas un simple événement
En quittant la conférence de presse, on sentait comme un frémissement. Richard Flash l’a répété, martelé presque : « Elle Mérite Tout » veut devenir un mouvement national. Une onde qui part de Cotonou et traverse tout le pays, portée par les médias, le digital et la volonté farouche de ne laisser aucune femme sur le bord de la route. Alors oui, en mars, la Place de l’Amazone ne sera pas qu’un lieu de rassemblement. Ce sera un symbole. Un endroit où la femme, pour une fois, n’est pas seulement invitée : elle est chez elle. Parce qu’elle était au commencement, et qu’elle sera, à n’en pas douter, au commencement de tout ce qui va suivre.
Damien TOLOMISSI