Renouvellement de la classe politique : L’audace d’un pari

 Renouvellement de la classe politique : L’audace d’un pari

Une onde de choc positive traverse actuellement les sphères décisionnelles du Bénin. Finie l’époque où les jeunes n’étaient conviés à la table des grands que pour servir le thé ou applaudir les discours. Place désormais à une génération montante qui prend les rênes des collectivités locales avec une détermination sans faille. Cette transition générationnelle, aussi brutale pour certains que naturelle pour d’autres, redessine les contours de la gouvernance locale et insuffle une dynamique nouvelle dans la gestion des affaires publiques.

Derrière cette mue politique, une volonté présidentielle clairement affirmée, celle de Patrice Talon, chef de l’État, qui a choisi de miser sur la sève montante pour bâtir le Bénin de demain. En effet, les consultations électorales récentes ont agi comme un véritable révélateur des aspirations profondes du peuple béninois. Dans un pays où plus de 60% de la population a moins de vingt-cinq ans, il devenait intenable de perpétuer un système où les jeunes demeuraient cantonnés aux rôles secondaires. Face aux défis quotidiens que sont le manque d’infrastructures adaptées, la qualité parfois médiocre des services sociaux de base, la lourdeur administrative qui décourage les initiatives, les citoyens ont résolument tourné leur regard vers ceux qui incarnent le changement. Ces nouveaux élus, forts de leur formation académique souvent poussée, de leur maîtrise des outils numériques et de leur capacité à penser hors des sentiers battus, apportent un souffle novateur dans la conduite des politiques locales.

Ces bâtisseurs d’un nouveau genre impriment leur marque à travers une approche résolument tournée vers l’efficacité et la proximité. Leur credo ? L’action plutôt que les discours, les réalisations plutôt que les promesses. Ils manient le langage des faits accomplis, préférant inaugurer que d’inaugurer, construire plutôt que de construire des châteaux en Espagne. Cette mutation profonde des mentalités, cette révolution en douceur qui gagne du terrain des plaines du Mono aux montagnes de l’Atacora, des rives de l’Ouémé aux savanes du Borgou, porte indéniablement la signature du président Patrice Talon. Lui qui n’a cessé de répéter que le développement passe par la confiance accordée à la jeunesse voit aujourd’hui son pari se concrétiser.

Si la gent masculine demeure majoritaire dans les fauteuils de maire, il serait injuste de passer sous silence la percée remarquable des femmes dans cette nouvelle configuration politique. Elles ont su, par leur ténacité et leur compétence, convaincre leurs formations politiques respectives de leur confier les destinées de leurs communes. À Toffo, Marguérite Agbanzé prend la relève de Bibiane Adamaze, perpétuant ainsi une tradition de leadership féminin dans cette localité. Cette transmission au féminin illustre parfaitement que la relève sait s’organiser et que la parité, même si elle reste encore imparfaite, progresse inexorablement.

Le cas de Patricia Saï mérite une attention particulière. Cette jeune journaliste, habituée à donner la parole aux autres, va désormais incarner la première citoyenne de Toucountouna. Son parcours force l’admiration et démontre que les compétences acquises dans les médias peuvent avantageusement servir la chose publique. De l’autre côté du pays, à Kandi, Zinatou Alazi Osséni Saka renouvelle son mandat, preuve éclatante que la confiance de ses administrés n’a pas failli. À Kétou, Adégnika Angélique Titiloya continue de hisser haut les couleurs de la gent féminine dans le département du Plateau. Ces femmes maires sont les sentinelles d’une révolution silencieuse qui transforme en profondeur le visage de la politique béninoise.

Prime au travail bien fait

Le renouvellement n’a cependant pas signifié la mise à l’écart systématique de tous les anciens. La sagesse populaire enseigne qu’il ne faut pas changer une formule gagnante. Aussi, une douzaine de maires sortants ont-ils obtenu la confiance renouvelée de leurs populations pour un nouveau mandat de sept ans. Ces barques qui ont su naviguer sans encombre les eaux parfois tumultueuses de la politique locale incarnent la stabilité dans le changement. Auguste Aïhunhin à Covè, Christian Houétchénou à Ouidah, Taté Ouindéyama à Natitingou, Kenam Mensah à Kpomassè, Joseph Hounkanrin à Akpro-Missérété, Idrissou Yaya à Djougou, André Todjè à Sô-Ava, Ulrich Janvier Sokégbé à Djakotomey, Gabriel Ganhoutodé à Avrankou, Germain Wanvoègbè à Adjarra et Robert Kassa à Matéri forment ce bataillon d’élus dont l’expérience vient utilement compléter la fougue des nouveaux venus. Leur présence aux côtés des jeunes pousses dessine une complémentarité générationnelle prometteuse pour l’avenir.

Avoir trente ans ou soixante ans à la tête d’une commune ne constitue pas en soi une garantie de bonne gestion. L’essentiel réside ailleurs, dans la capacité à insuffler une dynamique nouvelle, à impulser une vision moderne de l’action publique. Ces jeunes maires et leurs adjoints adoptent des méthodes de travail résolument tournées vers la participation citoyenne. Ils consultent avant de décider, ils écoutent avant d’agir, ils partagent avant d’imposer. La gouvernance de proximité n’est pas pour eux un slogan électoral mais une réalité quotidienne. Ils ont compris que le développement durable ne se décrète pas depuis un bureau climatisé mais se construit avec les populations concernées.

Le Bénin engagé résolument sur la voie de l’émergence ne laisse personne au bord du chemin. Chaque citoyen, quel que soit son âge, son origine ou sa condition, est invité à prendre sa part dans l’édification nationale. Les communes, premières unités de développement, se transforment en véritables laboratoires d’expérimentation où s’inventent les solutions de demain. Chaque maire devient un chercheur, chaque conseil municipal une équipe de scientifiques du développement local.

Le pari gagnant de Talon

Cette vision prospective de la gestion des affaires publiques, c’est à Patrice Talon que le Bénin la doit. Cet homme parti du monde des affaires pour embrasser celui de la politique a compris avant beaucoup d’autres une vérité fondamentale : l’Afrique ne rattrapera son retard qu’en confiant son destin à sa jeunesse. Elle ne se développera pas en maintenant indéfiniment aux commandes ceux qui ont déjà donné leur mesure. Elle ne décollera pas en reproduisant à l’infini les schémas qui ont conduit aux impasses actuelles. En ouvrant grand les portes du pouvoir local à la jeunesse, en lui donnant les moyens de croire en son avenir et de participer activement à la gestion de la cité, Patrice Talon a jeté les bases d’une refondation politique durable. Il a planté un arbre dont les fruits profiteront aux générations futures. Il a allumé un incendie que personne ne pourra éteindre.

Le plus dur reste cependant à accomplir. Ces jeunes élus, ces nouvelles figures de la politique béninoise, doivent désormais prouver que la confiance placée en eux n’était pas usurpée. Ils doivent transformer les espoirs en réalisations, les promesses en actions, les rêves en réalités. Ils doivent faire taire les sceptiques qui murmurent encore que la jeunesse n’a pas l’expérience requise pour gérer des collectivités complexes. La tâche est ardue, les obstacles nombreux, les moyens parfois limités. Mais l’énergie, la créativité, l’enthousiasme sont là. Et au Bénin, quand la jeunesse décide de relever un défi, elle le fait avec une détermination qui force l’admiration. Le pays tout entier retient son souffle et observe, impatient de voir ce que cette nouvelle génération politique va accomplir.

LA REDACTION

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