Interdictions des activités du parti « Les Démocrates » : Qui donne les ordres?

 Interdictions des activités du parti « Les Démocrates » : Qui donne les ordres?

Depuis plusieurs mois, le parti d’opposition « Les Démocrates » dénonce un harcèlement systématique de la part des autorités locales. Meetings annulés, formations interrompues, rassemblements interdits : la répression semble s’intensifier ces dernières semaines. En janvier 2024, le Président Patrice Talon que tous suspectent être à la base de ces interdictions affirme n’être au courant de rien. Alors, qui donne ces instructions aux préfets, maires et forces de l’ordre ?

Plusieurs articles parus récemment ont fait part de la rencontre de l’année passée entre les responsables du parti « Les Démocrates » et le chef de l’Etat. En effet, le 22 janvier 2024, Les Démocrates se sont plaint de ce que les élus locaux ainsi que des préfets interdisent systématiquement leurs activités quand bien même celles-ci sont légales et conformes à la constitution. Selon Nouréni Atchadé, président du groupe parlementaire Les Démocrate, le chef de l’Etat s’est dit étonné de ce qu’il venait d’entendre. Toujours selon le député Atchadé, “le président a de façon formelle dit qu’il prendra des dispositions pour que cela ne soit plus jamais ainsi au Bénin”.
Ce qui est frappant, c’est la systématicité de ces interdictions à travers tout le pays. De Cotonou à Parakou, en passant par Dassa-Zoumè, les forces de l’ordre semblent agir avec une même rigueur contre les réunions politiques du parti d’opposition.
Lors de l’intervention de la police républicaine au siège départemental du parti dans les Collines, il ne s’agissait même pas d’un meeting, mais d’une simple formation sur la citoyenneté. Aucun trouble à l’ordre public, aucune mobilisation de masse, et pourtant, l’intervention a eu lieu. Il est donc évident qu’un ordre a été donné.
Les préfets et maires sont-ils simplement zélés ou exécutent-ils des directives venues d’un niveau plus élevé de l’administration ? Une chose est sûre : il y a une volonté manifeste de museler l’opposition. Et si ces décisions ne viennent pas directement de la hiérarchie, cela signifierait qu’un groupe de hauts responsables prendrait sur lui de restreindre les libertés politiques, au mépris des principes démocratiques.
Le chef de l’Etat ayant dégagé ses responsabilités, logiquement ces entraves devraient cesser. Mais si elles persistent, les voies de recours seront certainement exploitées. D’ailleurs, déjà Les Démocrates ont saisi la justice. Jadis connu pour la qualité de sa démocratie, de telles actions solitaires n’ont d’autre finalité que de ternir la réputation du pays.

Damien TOLOMISSI

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