Dadah Bokpè Houézrèhouèkè : « L’ennemi, ce guide inattendu »
Un enseignement puissant et contre-intuitif nous est offert par Dadah Bokpè Houézrèhouèkè. Et si nos pires opposants étaient, à leur insu, nos guides les plus précieux ? En explorant le profond commandement d’aimer ses ennemis, il révèle comment l’obstacle apparent, le « mal nécessaire », opère en réalité une alchimie divine sur notre destinée. À travers le récit de sa propre transformation et la métaphore du poisson, veilleur silencieux aux yeux toujours ouverts, il nous invite à transcender la réaction de la chair pour embrasser la vision de l’esprit. Découvrez comment ce qui semble vous détourner de votre chemin vous y ramène inexorablement, et comment la force la plus pure naît du pardon et de la vigilance absolue.
« Je vous parle aujourd’hui d’une vérité qui danse à la frontière de l’invisible et du tangible, une sagesse que l’épreuve a forgée dans le feu de l’expérience. Écoutez bien. Tout ce qui arrive est bon. Ces mots, je les porte non comme un slogan léger, mais comme la conclusion d’un long combat. Jésus nous a dit d’aimer nos ennemis. Au premier abord, cela heurte. Cela semble être une faiblesse, une capitulation de l’esprit. Mais je vous le dis, c’est là que réside la force la plus pure.
Souvent, nos ennemis, avec leur vision courte et leurs intentions obscures, se dressent sur notre chemin. Ils nous barrent la route, renversent nos projets, sèment le désordre dans nos plans les mieux tracés. Dans l’instant, c’est une blessure, une colère. Nous voyons un obstacle, un « mal ».
Mais les années passent. Et là, avec le recul que seul le temps accorde, une illumination se produit. Nous comprenons que ce chemin qu’ils nous ont empêché de prendre, si séduisant, si clair à nos yeux d’alors, menait en réalité à une impasse, peut-être même à une forme de mort prématurée de notre essence ou de notre destin. Leur opposition, aussi violente fût-elle, nous a déviés vers la trajectoire que nous devions vraiment emprunter.
Alors, que faire ? Il faut apprendre à voir nos ennemis comme des parties de nous-mêmes, des reflets déformés mais instructifs. Les respecter. Prier pour leur évolution, non par supériorité, mais par reconnaissance du rôle qu’ils jouent dans le grand théâtre. Moi, Dadah Bokpè Houézrèhouèkè, je n’ai jamais pensé comme mes ennemis. Mais je les ai toujours traités avec le plus grand respect. On ne se posait pas la question, c’était un principe : ne pas répliquer dans la matière, ne pas rendre le mal par le mal. C’était une habitude de l’esprit.
Car voici le piège suprême : l’homme, ancré dans la matière, fait de la chair sa priorité. Il vit dans l’illusion que ce monde visible est la seule réalité. Et cette illusion le conduit immanquablement loin des recommandations de Dieu, loin de sa propre voie. Cette discipline du non-rendement nous a transformés. Nous sommes devenus comme le poisson. Observez le poisson : il ne parle pas, mais ses yeux sont toujours grands ouverts. Il veille, inlassablement, sensible au moindre courant, à la moindre ombre. Il est dans l’élément, mais il observe. Devenir ce poisson, cette sentinelle silencieuse et vigilante, jour et nuit, c’est ce qui nous a sauvés. C’est cette capacité à voir sans réagir immédiatement, à absorber sans se dissoudre, qu’ils ont fini par voir en nous et qui, jusqu’à aujourd’hui, fonde notre présence.
Nous pouvons donc remercier ces ennemis. Leurs attaques nous ont conduits, à travers des méandres insoupçonnés, à jeter les bases de ce qui deviendrait des royaumes unis, à nous amener précisément au point où nous sommes aujourd’hui, et ce mouvement se poursuivra. Alors, ne craignez pas. L’art n’est pas de subir passivement. Il est de rester concentré sur leurs actions, de comprendre leurs desseins, et ainsi de trouver en nous les moyens, les possibilités intérieures, pour recaler, pour réajuster chaque attaque. Il faut chercher les chemins croisés, les voies de sagesse, pour s’en sortir sans souiller son âme. Quand ils envoient une balle, puisons dans les forces de l’esprit pour la contrecarrer, non pas en la renvoyant avec haine vers eux dans le monde de la matière, mais en la désintégrant par la compréhension et la transformation intérieure. Nous recalons l’énergie, nous ne la repoussons pas. Réfléchissez-y. Il y a peut-être un chemin que vous vouliez ardemment suivre depuis des années. Vous y avez mis toute votre force, toute votre conviction. Il était lumineux à vos yeux. Et pourtant, quelque chose, ou quelqu’un, vous en a toujours éloigné, vous cachant même des parties essentielles de la vérité. Vous y voyez un « mal », une main hostile.
Mais je vous nomme ceci : le mal nécessaire.
C’est une porte qui s’ouvre dans la paroi de nos certitudes. Ce « mal » est nécessaire car il nous force à lâcher ce que la chair désire pour embrasser ce que l’esprit sait. Il nous amène à reconnaître, enfin, notre destin véritable, le chemin que Dieu a tracé pour nous dès l’origine, et que notre enveloppe charnelle, avec ses désirs et ses peurs, nous empêchait toujours de comprendre.
La chair nous entraîne dans l’obscurité, car la chair est obscure par nature. Nous sommes esprit et chair à la fois. Le travail est de se débarrasser de l’emprise de la chair, non de la nier, mais de la transcender. C’est ce dépouillement, cette épreuve imposée parfois par nos « ennemis », qui donne accès à la spiritualité véritable. Non pas une spiritualité de mots et de rites vides, mais une spiritualité d’expérience, de vision claire et d’action juste.
Aimez donc vos ennemis. Non pas pour ce qu’ils font, mais pour ce que, à travers eux, l’Univers vous force à devenir : des êtres éveillés, des poissons aux yeux grands ouverts, nageant dans le courant du destin avec une vigilance pacifique et une force invincible. C’est par cette alchimie que le mal apparent se transmute en sauvegarde. C’est ainsi que l’on découvre que celui qui semblait nous perdre était, à son insu, celui qui nous sauvait.
Une réflexion de DADAH BOKPE HOUEZREHOUEKE