Dadah Bokpè Houézrèhouèkè : « L’art de ne pas agir dans l’orage »
Dadah Bokpè Houézrèhouèkè, dont la sagesse éclaire ceux qui prennent le temps d’écouter, nous offre ici plusieurs titres pour méditer avant même de lire sa parole. Il propose de guider votre réflexion avec ces titres possibles. Prendre du recul devant l’épreuve. La sagesse du temps et de la prière. Dieu au centre de toute décision. Ni hâte ni tourmente. L’art de ne pas agir dans l’orage. Ces directions posées, que l’on soit en peine ou en colère, voici ce que le sage nous transmet sans détour.
« Chers enfants de la terre, chers frères et sœurs en humanité, je ne viens pas avec des paroles compliquées ni des formules savantes. Je viens avec ce que la vie m’a enseigné, ce que les ancêtres m’ont transmis et ce que le bon Dieu, maître de toutes choses, a gravé dans mon cœur comme une vérité simple et précieuse.
Devant tout problème, quel qu’il soit, aussi petit ou aussi grand que vous le sentez, une seule règle doit guider votre premier mouvement. Ce n’est pas de courir, ce n’est pas de crier, ce n’est pas de chercher un coupable dans la seconde qui suit l’orage. Non. Le premier geste du sage est de faire un pas en arrière. Prendre du recul. Comme le chasseur qui, avant de lancer sa flèche, recule d’un pas pour mieux voir la cible. Comme le cultivateur qui, devant une terre inondée, monte sur la colline pour comprendre où l’eau veut couler.
Je sais bien que le monde d’aujourd’hui vous presse. On vous dit qu’il faut réagir vite, qu’il faut répondre tout de suite, que le temps est une marchandise rare. On vous souffle à l’oreille que si vous n’agissez pas dans la seconde, l’occasion fuira ou le danger vous engloutira. Mais laissez-moi vous dire une chose que j’ai vue mille fois vérifiée. La précipitation n’a jamais enfanté une bonne décision. Une décision prise dans l’agitation, dans la peur ou dans la colère est comme une semence jetée sur un sol trop sec ou trop mouillé. Elle ne donne rien de bon, ou elle donne une récolte amère.
Quand un problème se présente, la première chose à faire est de calmer votre esprit. Asseyez-vous si vous êtes debout. Taisez-vous si vous étiez en train de parler. Fermez les yeux un instant. Remerciez le bon Dieu d’être encore en vie, car celui qui respire a encore une chance de bien faire. Ensuite, Parlez-lui à voix basse ou dans votre cœur. Invoquez le Maître des cieux, celui qui voit ce que nous ne voyons pas, celui qui connaît le commencement et la fin de toutes les affaires humaines. Demandez-lui non pas la solution toute faite, mais la lumière pour analyser, le calme pour regarder les choses en face, et la patience pour ne rien brusquer.
Beaucoup de gens tombent dans le piège de l’urgence. Ils pensent que tout problème exige une réponse immédiate. Mais observez la nature. Quand un arbre tombe en travers du chemin, ce n’est pas en poussant dessus de toutes vos forces que vous le dégagerez le mieux. Vous faites le tour, vous regardez où il a frappé, vous cherchez un levier ou vous attendez l’aide de plusieurs bras. Et parfois, vous découvrez que le chemin avait une autre voie depuis longtemps, mais que vous ne l’aviez pas vue parce que vous étiez trop pressé.
Prendre du recul, c’est cela. C’est sortir de l’émotion pour entrer dans l’observation. C’est refuser de laisser le problème dicter votre rythme. C’est vous rendre maître du temps, même pour quelques minutes. Dans ce retrait tranquille, vous pouvez poser les bonnes questions. Quelle est la vérité de ce qui m’arrive ? Qu’est ce qui dépend de moi et qu’est ce qui ne dépend pas de moi ? Quelles sont les conséquences possibles de chaque réponse que je pourrais donner ? Et surtout, qu’est-ce que le bon Dieu attend de moi dans cette épreuve ?
Car il ne faut jamais l’oublier, mes chers frères. Aucune épreuve ne survient par hasard. Le bon Dieu n’est pas un spectateur lointain. Il est présent dans chaque grain de sable, dans chaque mouvement de l’air, dans chaque battement de votre cœur. Quand un problème se lève devant vous, c’est aussi une occasion de grandir, de montrer votre foi, d’apprendre quelque chose que vous ne saviez pas sur vous même ou sur les autres. Mais pour voir cette leçon, il faut le recul. Il faut la prière. Il faut la confiance.
J’ai connu dans ma longue vie des hommes qui perdaient tout parce qu’ils avaient répondu trop vite à une insulte. J’ai connu des femmes qui brisaient leur foyer parce qu’elles avaient pris une décision importante dans les larmes et la colère. Et j’ai connu aussi des gens que tout le monde disait lents, presque paresseux, mais qui, face à la tempête, restaient calmes, priaient, observaient, et finissaient par trouver une issue que personne ne voyait. Ces gens-là, on les appelle sages. Mais ils ne sont pas plus intelligents que vous. Ils ont seulement appris une chose. Ils ont appris que la précipitation est une mauvaise conseillère et que la paix intérieure est la mère de toutes les bonnes décisions.
Alors je vous donne ce petit conseil, comme on donne une graine à planter. Quand demain matin un problème se présentera à vous, ne sautez pas sur lui comme un chat sur une souris. Reculez d’un pas. Respirez trois fois. Levez les yeux au ciel et dites simplement : Seigneur, tu vois ce que je vois. Aide-moi à voir mieux encore. Aide-moi à ne rien faire que je doive réparer plus tard. Ensuite, laissez venir l’analyse tranquillement. Le problème ne fuira pas. Il sera encore là dans une heure, dans un jour, parfois même dans une semaine. Ce qui presse vraiment, c’est de ne pas gâcher l’occasion de bien agir.
Rappelez-vous aussi que le silence et l’attente ne sont pas une faiblesse. Il y a une force immense à savoir ne pas répondre tout de suite. Il y a une puissance à dire : je réfléchis, je prie, je reviens vers toi. Celui qui exige une réponse immédiate de vous cherche souvent à profiter de votre agitation. Ne lui donnez pas ce plaisir. Prenez votre temps. Le bon Dieu n’est jamais en retard. Et une bonne décision, même venue après une longue pause, fera toujours plus de bien qu’une mauvaise décision prise à la seconde.
Enfin, je terminerai par une image. Imaginez un verre d’eau trouble que vous venez de puiser dans une rivière agitée. Si vous le buvez tout de suite, vous avalez la boue et vous vous rendez malade. Mais si vous posez le verre sur la table et que vous attendez un moment, vous verrez la terre se déposer au fond et l’eau redevient claire. Votre esprit est ce verre. Le problème est la boue. Laissez le repos et la prière faire leur travail. Laissez la sagesse de Dieu remettre chaque chose à sa place. Et quand l’eau est claire, alors seulement, vous pouvez boire. Alors seulement, vous pouvez décider.
Que la paix du Très Haut reste avec vous. Que vous appreniez à reculer pour mieux avancer. Et que dans chaque épreuve, vous trouviez non pas la peur, mais la force tranquille de celui qui sait que le bon Dieu veille. Je vous remercie d’avoir écouté cette parole simple. Mettez la en pratique, et vous verrez combien de blessures vous éviterez, combien de problèmes deviendront petits, combien de décisions justes viendront à vous sans forcer. Ainsi soit-il. »
UNE REFLEXION DE DADAH BOKPE HOUEZREHOUEKE