Ratification du BBNJ : Un levier stratégique pour le leadership africain du Bénin
Entré en vigueur en janvier 2026, l’accord international sur la biodiversité marine en haute mer (BBNJ) s’impose comme un enjeu majeur pour les États africains. Au Bénin, l’Observatoire des Médias pour une Pêche et une Économie Bleue Durable en Afrique appelle à une ratification rapide afin de renforcer la position du pays et du continent dans la gouvernance mondiale des océans.
L’entrée en vigueur, le 17 janvier 2026, de l’accord sur la biodiversité marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale (BBNJ) marque une avancée historique dans la régulation des espaces maritimes internationaux. Ce traité, premier cadre juridique contraignant consacré à la protection et à l’exploitation durable de la biodiversité en haute mer, ouvre de nouvelles perspectives pour les pays africains, longtemps marginalisés dans les mécanismes de gouvernance des océans. Dans un communiqué publié le 30 avril 2026, l’OMPDA lance un appel pressant à l’ensemble des États du continent afin d’accélérer leurs procédures de ratification, estimant que le retard observé pourrait compromettre l’influence de l’Afrique dans les futures instances décisionnelles liées à la mise en œuvre de l’accord. Pour le Bénin, cette dynamique revêt une importance stratégique particulière. Pays côtier engagé dans le développement de son économie bleue, il dispose avec le BBNJ d’un instrument lui permettant d’accéder plus équitablement aux ressources génétiques marines, de renforcer ses capacités scientifiques et techniques et de bénéficier de financements internationaux dédiés. La ratification de cet accord offrirait également au pays l’opportunité de participer activement aux décisions structurantes sur la gouvernance des océans, consolidant ainsi sa place sur la scène régionale et internationale. Malgré l’implication déterminante des négociateurs africains dans l’élaboration du traité, le niveau de ratification demeure encore limité sur le continent, une situation jugée préoccupante par l’OMPDA. L’organisation exhorte les États à finaliser rapidement leurs processus internes, à s’approprier les enjeux liés à l’accord et à renforcer la coordination régionale afin de porter une voix africaine unifiée. Pour le Bénin, une ratification rapide constituerait un signal fort, susceptible de stimuler une dynamique sous-régionale et d’affirmer son leadership en Afrique de l’Ouest. Au-delà des États, l’OMPDA entend accompagner les médias, les acteurs publics et la société civile à travers des initiatives de sensibilisation dédiés à la mise en œuvre de l’accord. Dans un contexte où les océans jouent un rôle essentiel dans la sécurité alimentaire, le développement économique et la lutte contre le changement climatique, l’appel de l’organisation se veut sans équivoque : le Bénin et l’Afrique doivent se positionner comme des acteurs centraux de la gouvernance maritime mondiale. La ratification du BBNJ apparaît ainsi non seulement comme une nécessité environnementale, mais aussi comme un levier stratégique pour affirmer le leadership africain du Bénin.
Aristide CODO-TOAFODE