Dadah Bokpè Houézrèhouèkè : « Dieu change d’humeur ? »
Dans cet enseignement du sage Dadah Bokpè Houézrèhouèkè, une question simple mais profonde est posée par une auditrice en détresse. Dieu change-t-il d’humeurs ? Derrière cette interrogation se cache la douleur de celui qui ne se sent plus écouté. À travers une parole apaisante et pleine de sagesse ancestrale, le sage répond sans détour. Il nous guide sur le chemin de la Providence, du destin et de la connaissance de soi. Voici sa vision.
« Mes enfants, restez tranquilles. Je vais répondre à cette enfant qui nous a interpellées. Elle a demandé si Dieu change d’humeur. Elle pense que Dieu ne l’écoute plus. Je comprends sa peine. Je vais lui offrir une réponse avec le cœur. Parce que chez nous, on ne parle pas de Dieu à la légère. On écoute d’abord ce que la vie nous enseigne. La vie parle toujours. Il suffit de savoir tendre l’oreille.
J’ai répondu à cette connaissance qu’une réponse exacte lui parviendrait d’elle-même. Ce n’est pas un hasard si elle a appelé aujourd’hui. Ce n’est pas un hasard si je suis là pour parler. Tout est écrit. Tout vient à son heure. Rien n’arrive par erreur. Si elle écoute bien ce que nous allons dire ensemble, elle comprendra le fondement de l’univers. Elle comprendra la forme des choses. Et elle saura pourquoi l’homme est sur cette terre. L’homme n’est pas là par accident. Il a une mission.
Je répète ce que j’ai déjà dit dans mes anciens textes. J’ai testé la Providence. J’ai marché avec elle. Je sais qu’elle ne ment pas. Dieu est heureux quand l’homme s’approche de la Providence. Mieux encore, Dieu est heureux quand l’homme devient lui-même Providence. Le destin ne peut pas changer la Providence. Non. Jamais. Mais la Providence, elle, peut changer beaucoup de choses. Par contre, elle ne s’atteint pas seulement par les actions de l’homme. La Providence de Dieu est celle qui mène la vie sur toute la terre. Rien n’échappe à son regard. Le moindre insecte, la plus petite feuille, tout est sous son regard.
Maintenant, pour bien gérer votre vie spirituelle, il faut comprendre qu’il y a des esprits autour de nous. Chez nous, dans notre sagesse ancienne, nous appelons ces forces, les esprits. Ils ne sont ni bons ni mauvais en eux-mêmes. Ce sont des énergies. Elles circulent. Elles influencent. Dieu a donné une mission à l’homme. Une mission claire. Une mission noble. Mais l’homme n’a pas su résister. Il a cédé. Il est tombé dans le piège de ces esprits. Ce n’est pas une punition. C’est une leçon. Une grande leçon de vie. Alors Dieu a envoyé l’homme dans une condition particulière. Nous appelons cela la dualité.
Qu’est-ce que la dualité ?
C’est un régime de vie dans le temps et dans l’espace. L’homme est venu sur cette terre pour apprendre comment retourner dans la maison de Dieu. Retourner là d’où il vient. Parce que sur cette terre, nous sommes comme des visiteurs. Des visiteurs qui ont oublié leur chemin. Aujourd’hui, Dieu est Emmanuel. Il est avec nous. Il n’est pas loin. Il a créé l’homme à son image pour qu’il puisse faire l’effort de revenir vers lui. C’est un chemin de retour. Un chemin parfois long, parfois douloureux, mais toujours juste.
L’homme n’a pas pu accomplir exactement ce que Dieu avait demandé au début. Ce n’est pas une faute grave. C’est une faiblesse humaine. À ce moment-là, l’homme connaissait bien Dieu. Il marchait avec lui. Il parlait avec lui. Il savait si Dieu avait des humeurs ou non. Aujourd’hui, l’homme est éloigné de Dieu. Pourtant, il est encore à son image. Il est encore capable de connaître Dieu. Mais il a perdu l’habitude. Il a perdu la mémoire. Alors il ne peut plus savoir si Dieu change d’humeur ou s’il fait des caprices. L’homme doute. L’homme cherche. C’est normal.
Dieu a placé son étincelle dans l’homme. Pas juste un symbole. Une vraie étincelle. Une lumière intérieure. Cette même étincelle se trouve dans toute chose qui vit dans la nature. Dans l’arbre. Dans l’eau. Dans le vent. Dans l’animal. Dans l’univers entier, Dieu est partout. Il est omniprésent. Cela veut dire qu’il est en nous. Il n’est pas loin. Il n’est pas fâché au loin. Il est très proche. Pour le connaître, il suffit de se rapprocher de ce qui émane de notre cœur. Pas besoin de longs discours. Le cœur parle. La tête écoute. Il faut utiliser le cerveau et la compréhension. Ce sont des instruments que Dieu nous donne chaque jour. Il faut les utiliser avec respect et avec gratitude.
L’homme est toujours en chemin
Il marche. Parfois vite, parfois lentement. Parfois il tombe et il se relève. Il cherche à connaître son propre cœur. Il cherche à savoir ce que Dieu dépose à l’intérieur de lui. Ce n’est pas un hasard. C’est ainsi qu’il peut transformer son destin en Providence. Le destin, qu’est-ce que c’est ? Le destin, c’est ce que nous revenons faire sur terre à chaque vie. Nous revenons parce que nous n’avons pas fini notre devoir. Nous n’avons pas terminé notre récit. Ce que nous avons bien fait. Ce que nous avons mal fait. Ce que nous avons oublié de faire. Tout cela doit être transformé sur cette terre. Cela dépend de l’homme. C’est son travail. Il est appelé à modeler son destin comme on modèle l’argile. Pour pouvoir un jour atteindre Dieu. Ce n’est pas un travail facile, mais c’est un travail sacré.
Tout le reste est dans la main de Dieu. Le jugement final ne nous appartient pas. C’est la décision de Dieu. L’homme ne peut pas tout comprendre. Et c’est très bien ainsi. Si l’homme comprenait tout, il deviendrait orgueilleux. Regardez la vie. Quand nous nous présentons devant un juge sur terre, nous ne savons jamais ce qu’il va dire. Nous ne savons pas comment il va nous recevoir. Il peut nous donner une chance. Il peut nous mettre en prison. Il peut nous libérer. C’est un mystère. Alors comparons cela à notre jugement au-delà de la terre. Au-delà du temps. Au-delà de l’espace. Le mystère est encore plus grand. Beaucoup plus grand.
Pour conclure simplement, je veux dire ceci. Recommandons à l’homme d’utiliser le temps comme une science. Chaque minute compte. Chaque souffle compte. Dans cette vie, nous avons une mission. Chacun la sienne. Personne ne peut faire la mission d’un autre. Le mouvement vers Dieu que nous connaissons tous se résume dans la mort du prochain. Ce n’est pas triste. C’est une clé. Une clé précieuse. En visant ce but, nous sommes condamnés. Oui, condamnés à nous rapprocher de Dieu. Condamnés à l’aimer. Condamnés à le chercher chaque jour. Nous devons exercer les vertus. Les mêmes vertus que les sages nous ont enseignées. La patience. Le pardon. Le partage. Le silence. La connaissance. La bienveillance.
Ainsi, nous pourrons nous approcher de Dieu. Peut-être qu’un jour, nous saurons si Dieu a des humeurs ou non. Mais ce jour-là, la question ne se posera plus. Parce que nous serons en Lui. Nous serons en paix. Appelons les hommes à la prière. Appelons-les à la méditation. Appelons-les surtout au service. Parce que le service est la plus belle prière. Servir son frère, servir sa sœur, servir la nature, servir la vie. Ce chemin vers Dieu, c’est celui qui nous accompagne vers l’humanité. Marchons ensemble. En paix. Sans peur. Sans doute. Avec confiance.
UNE REFLEXION DE DADAH BOKPE HOUEZREHOUEKE