Séminaire national de réflexion du Mouvement S.U.D après le KO de Wadagni : Cap sur l’avenir
Le samedi 09 mai 2026, le mouvement Solidarité, Union, Développement (SUD) a organisé une rencontre d’information dans son siège à Cotonou. Objectifs : expliquer la « trêve politique » entrée en vigueur le 23 avril, faire le bilan de la campagne présidentielle et dévoiler les perspectives du mouvement. Le SUD, qui a soutenu activement le duo Wadagni‑Talata lors de l’élection d’avril 2026, a réuni ses cadres nationaux, coordinateurs départementaux et nombreux sympathisants.
« Le temps de la compétition électorale a cédé la place à celui de l’exigence citoyenne. » C’est par cette phrase inspirée que Rodrigue Guézodjè, coordonnateur de l’événement et membre fondateur du mouvement SUD, a ouvert les travaux du séminaire national. Devant une assemblée d’environ cent (100) délégués venus des douze (12) départements du Bénin, il a posé d’emblée le ton de la rencontre. La victoire à la présidentielle d’avril 2026, aussi éclatante soit-elle, ne marque pas une fin mais un commencement.

Pour ce stratège du mouvement, ce séminaire ne saurait être réduit à une simple réunion de célébration post-électorale. Il a plutôt qualifié cette journée de « l’acte de naissance d’une nouvelle identité » pour SUD. Désormais, le mouvement ne veut plus être perçu comme un simple soutien de campagne. Il entend se transformer en une force de proposition structurée, capable d’accompagner le nouveau président Romuald Wadagni avec des idées concrètes et une exigence de résultats pour le peuple béninois. « L’heure n’est plus aux discours, mais aux actes », a-t-il déclaré.
A sa suite, Chimène Djibon, membre influente du mouvement, a au nom des femmes très investies durant la campagne. « Je remercie toutes ces braves femmes déterminées à soutenir le président Romuald Wadagni durant tout son mandat », a‑t‑elle déclaré, saluant leur courage et leur engagement.
Gildas Kèssè, coordonnateur pour le département du Zou, a dans son speech présenté l’identité du SUD. « Le mouvement SUD n’est pas un mouvement de plus dans l’arène politique de notre pays. C’est un mouvement appelé à durer dans le temps », a‑t‑il affirmé. Il a rappelé les trois valeurs fondatrices : solidarité (un Bénin qui ne laisse personne derrière), union (construire ensemble) et développement (des actes concrets pour chaque Béninois). Sur les membres fondateurs, il a expliqué que le SUD est né des réflexions d’un petit groupe ayant dressé un diagnostic sur vingt ans. « Ils ont compris qu’ils ne peuvent continuer à rester en marge des décisions politiques », a‑t‑il précisé, citant Sitou Alois Djibom (président), Igor Ahouandogbo (vice‑président) et sept autres jeunes cadres. Pourquoi SUD ? « C’est fort de ce rôle de veille citoyenne que le mouvement a travaillé d’arrache‑pied pour mobiliser les populations. Les résultats sont là et parlent », a‑t‑il dit. Le mouvement veut porter la voix des Béninois partout. « Nous avons parcouru monts et vallées pour appeler à voter pour notre candidat. » La vocation fondatrice du SUD est d’être « le pont entre les ambitions de l’État et les aspirations profondes du peuple béninois ». Perspectives : servir de pont entre l’action publique et le citoyen, sensibilisé aux opportunités économiques, recenser les préoccupations, éduquer à la veille citoyenne. Moyens : expertises des membres, déconcentration, présence sur internet, contributions financières.
Igor Ahouandogbo, vice-président du SUD, a ensuite fait le point des activités menées pendant la campagne présidentielle. Il a chaleureusement remercié les militants pour leur grande mobilisation, soulignant que chaque effort a compté dans la victoire finale.

Le temps fort de la rencontre fut le discours d’ouverture du président du mouvement SUD
Aloïs Djibon, s’adressant aux membres du directoire national, aux coordinateurs des douze départements, aux invités et à tous les sympathisants, il a commencé par ces mots : « Le fracas des meetings s’est tu. La poussière des caravanes est retombée. Le verdict des urnes a parlé. Aujourd’hui, le Bénin va s’ouvrir à une ère nouvelle sous le leadership de S.E.M. Romuald Wadagni », a‑t‑il commencé. « Si nous sommes réunis ici, ce n’est pas pour savourer une victoire, mais pour assumer une responsabilité. La victoire n’est qu’une porte ; le développement est le chemin. » Il a rappelé que le peuple les a crus et qu’il les regarde. « Le président Wadagni n’a pas besoin de courtisans. Il a besoin de bâtisseurs, d’une force de veille capable de traduire sa vision en réalités tangibles. » Le SUD doit être un bouclier intellectuel et opérationnel. « Nous devons être ceux qui expliquent la trêve politique non comme une absence de débat, mais comme une concentration absolue des énergies vers la transformation structurelle de notre pays. » Il a annoncé la validation d’un Livre Blanc et insisté sur l’institutionnalisation : « Un mouvement qui ne s’institutionnalise pas se condamne à l’oubli. SUD ne sera pas une force éphémère. Nous sommes nés pour durer. Vive le SUD et que vive le Bénin. »

L’exposé du professeur de droit Gilles Badet sur la trêve politique
Le professeur de droit Gilles Badet a éclairé l’audience sur la trêve politique. « Je ne suis membre d’aucun mouvement politique. Mon regard est celui d’un juriste, non d’un militant », a‑t‑il précisé. « Parler de trêve politique donne le sentiment que l’on va arrêter de faire de la politique, arrêter de débattre. C’est pour sortir de cette perception négative que je prends la parole. » Il a rappelé la différence entre animation ordinaire de la vie politique et campagne électorale. La trêve n’est rien d’autre que la période normale. Il a cité l’article 5 de la Constitution : « Dans la critique de l’action publique, les partis politiques de l’opposition s’engagent à faire des propositions alternatives et constructives. » « Ce n’est pas la critique qui est supprimée. C’est la manière de s’exprimer qui change. » Il a résumé par « la courtoisie dans la critique de l’action politique ». La critique, le désaccord et le débat sont permis, mais pas l’appel à l’insurrection, à la désobéissance civile ou au blocage des institutions. Il a pris l’exemple du Sénégal avec Abdoulaye Wade pour montrer qu’une trêve bien comprise n’empêche pas l’alternance. Son seul regret : le mot « trêve » qui évoque une guerre. Mais il faut regarder au‑delà du mot : une vie politique apaisée, respectueuse et constructive.
Ainsi, le mouvement SUD a montré sa volonté de durer, alliant soutien actif au nouveau pouvoir et explication rigoureuse des nouvelles règles. La trêve politique, loin d’être une mise au silence, devient selon eux un cadre pour un débat plus courtois et constructif. Reste à savoir si cette ambition sera partagée par toutes les forces vives de la nation.
Parfait DOSSA