Médias et élections : Quand la HAAC passe ses élections à la loupe
Il y a des moments où une institution doit savoir s’arrêter un instant pour regarder derrière elle. Non pas par nostalgie, mais par souci d’aller mieux en avant. La Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication, la fameuse HAAC, vient de faire exactement cela. Ce lundi 11 mai 2026, à Abomey, elle a ouvert un séminaire particulier. Non pas pour annoncer de nouvelles règles, mais pour évaluer sa propre gestion des campagnes médiatiques lors des élections générales qui viennent de s’achever. Le résultat des urnes est désormais connu. Reste à savoir comment les ondes ont parlé.
C’est Me Mohamed Barè, vice-président de l’institution, qui a donné le coup d’envoi des travaux au nom du président. Pendant trois jours, au Bis Hôtel d’Abomey, les acteurs clés de la vie médiatique et politique se sont réunis autour d’une même table. Conseillers de la HAAC, représentants de la CENA, du Ministère de la Justice, de l’Union des Professionnels des Médias, tous ont accepté de jouer le jeu de l’autocritique constructive. L’objectif était de mesurer ce qui a bien fonctionné, identifier les failles, et surtout capitaliser sur les bonnes pratiques pour les prochaines échéances.
Le ton a été donné très tôt par la représentante de la CENA, Mireille Mariano. Son constat ne laissait guère de place au doute. Elle a salué le travail accompli en des termes sans appel. « La HAAC a pleinement et admirablement rempli sa mission républicaine. Elle a été un acteur déterminant de la fiabilité des premières élections générales organisées cette année dans notre pays. » Un satisfecit qui n’était pourtant pas une invitation à l’autosatisfaction. Le secrétaire général de la HAAC, François Awoudo, a rappelé que cette évaluation était un exercice indispensable pour toute institution qui se veut performante.

L’excellence ne se décrète pas. Elle se travaille, se vérifie et se renforce. Kuessi Codjo, secrétaire général adjoint du ministère de la Justice, a lui aussi tenu à souligner les actions ambitieuses menées, les qualifiant de véritables mérites pour l’institution. Me Mohamed Barè, en clôture symbolique de son discours d’ouverture, a fixé l’esprit dans lequel ces trois jours devaient se dérouler. Responsabilité, franchise, recherche de solutions. Il a martelé que la HAAC restait résolument engagée à renforcer ses mécanismes d’intervention pour consolider un environnement médiatique professionnel, éthique et respectueux des principes démocratiques.
Patrice ADJAHO