« Pro et Après » : Cinq grandes icônes du sport béninois conseillent les jeunes
Le Centre communautaire Eya d’Akpakpa a servi de cadre à un panel de discussion autour du sport ce mardi 29 juillet 2025. Intitulé »Pro et Après », le panel est un échange sur la gestion de la carrière et l’après carrière professionnelle des sportifs. Cinq grandes icônes du sport béninois que sont Mouftaou Yarou, Jean-Marc Adjovi-Boco, Isabelle Yacoubou, Mickaël Poté et Ahmed Taofik, l’ont animé.
C’est à l’initiative de Mouftaou Yarou, ancien basketbeur, en collaboration avec le Ministère béninois des sports que le panel de discussion sur la gestion des carrières et l’après du sportif s’est déroulé. De leurs débuts, à la fin de leurs expériences sportives au haut niveau, les panelistes ont conté leur vie. Leurs hauts et leurs bas jusqu’aux durs moments où certains ont frôlé la dépression, le public a su tout de comment gérer sa vie sportive et privée mais également ses finances mais surtout comment amorcer l’après carrière. Il faut retenir que la carrière d’un sportif de haut niveau se résume au mot « sacrifice » a indiqué Jean-Marc Adjovi-Boco, légende du Racing Club de Lens et ancien capitaine de l’équipe nationale du Bénin. « Aujourd’hui, les jeunes veulent tout avoir, la gloire, la réussite et être au haut niveau en même temps » estime Taofik Ahmed, ancien basketteur ayant évolué aux Etats-Unis. « Ce n’est pas possible » dit-il avant d’ajouter « Si je veux faire du haut niveau, je ne peux pas avoir beaucoup d’amis. Tu ne peux pas vouloir plaire à toutes les filles du collège et aller au haut niveau » insiste le président de l’association Enfants du Bénin debout. Même son de cloche chez ses pairs. « Naturellement, il y a des trucs que je ne faisais pas. Même les amis d’enfance ne me comprenaient pas. Je me suis privé de plaisirs dans ma jeunesse » a confié Mouftaou Yarou. Isabelle Yacoubou a, pour sa part, montré combien, c’est encore plus dur pour les femmes d’évoluer au haut niveau tout en conciliant avec le devoir de femme, en l’occurrence, la maternité. « Ce ne sont pas, forcément les meilleurs sur le terrain qui réussissent. Mais les plus forts mentalement » a enseigné l’ex-international Mickaël Poté.
La gestion d’après carrière
L’unanimité est faite sur le panel que la carrière professionnelle du sportif dure entre 10 en 15 ans au haut niveau. Après, c’est souvent compliqué de maintenir le même rythme de vie. Parlant de reconversion, les choses ne viennent pas comme ça, juste en claquant les doigts. « Quand on est pro on doit être proactif. Quand on est sur le terrain, on demande le ballon pour l’avoir » a conseillé Jimmy Adjovi-Boco, Conseiller technique du ministre des sports Benoît Dato. Il a aussi demandé aux jeunes de mieux s’entourer de bonnes personnes. Pour ceux qui demandent le rôle des autorités dans le processus de reconversion des athlètes, le conseiller du ministre se veut clair. « L’État ne peut pas tout faire. Le rôle de l’État est de créer le cadre » a recadré Jean-Marc Adjovi-Boco avant d’ajouter: » Il y a des choses qui sont en train de se mettre en place ». Le Conseil National des Supporters du Bénin a agrémenté l’initiative par leur animation. Aujourd’hui, il y a un métier que beaucoup ne connaissent pas, « Le designer ». Par exemple ce n’est pas LeBron James lui-même qui choisit ces habits quand il veut sortir mais un designer qui lui propose deux trois modèles. Il y a tellement de petites choses à faire dans le sport. Il est conseillé aux athlètes une meilleure gestion médiatique des réseaux sociaux.
Les finances, un détail très important
Nombre d’athlètes finissent fauchés au soir de leur carrière professionnelle. Une réalité valable sous tous les cieux. Juste à cause d’une mauvaise gestion. « Comment tu gagnes de l’argent, surtout comment tu gères ton argent et comment tu le multiplies ». Ce sont autant de choses que les athlètes doivent savoir informe Ahmed Taofik. « Ne pas faire preuve d’ostentation car ce que tu as aujourd’hui demain tu ne peux plus l’avoir » avertit Mickaël Poté. Même au Bénin, les jeunes ont su qu’ils peuvent réussir leur vie avec le peu qu’ils gagnent tout en étant rigoureux dans le travail et la gestion financière. Autant de leçons à retenir par les athlètes encore en activité pour réussir pendant et après leur carrière professionnelle.
Arnaud ACAKPO (Coll)