Patrice Talon : « Aucune loi ne peut tout prévoir » 

 Patrice Talon : « Aucune loi ne peut tout prévoir » 

Le président béninois Patrice Talon a récemment répondu aux interrogations de la jeunesse sur le nouveau code électoral, notamment concernant le seuil de 20 % requis pour obtenir des sièges aux législatives de 2026. Face aux craintes d’une impasse politique, il a assuré que des solutions existent, tout en défendant une réforme qui encourage, selon lui, le travail en commun entre partis. 

Adopté début 2024, le code électoral révisé stipule que seules les listes ayant obtenu au moins 20 % des suffrages dans une circonscription peuvent prétendre à des sièges. Une règle stricte, mais qui prévoit une ouverture : les partis ayant conclu des alliances avant le scrutin voient leurs voix additionnées s’ils atteignent individuellement au moins 10 % au niveau national.  « C’est dur, mais c’est dur pour tout le monde. Aucun parti n’est sûr de satisfaire les conditions », a reconnu Patrice Talon. Cependant, il écarte tout scénario bloquant : si aucun parti ou coalition n’atteint le seuil, « l’impasse est impossible » se convint-il, rapporte Banouto. La Cour constitutionnelle dirat-il  interviendra pour ajuster les critères et permettre la formation d’une Assemblée. « Aucune loi ne peut tout prévoir […] mais il y a des instances pour décider », a-t-il expliqué, évoquant une future jurisprudence. 

Pour le président Patrice Talon, cette réforme a un objectif clair : briser les divisions politiques. « Je veux forcer les Béninois à travailler ensemble. Vous voulez faire la politique ? Travaillez ensemble. C’est tout », a-t-il lancé. Selon lui, les grands partis qu’ils soient pro-gouvernement (UPR, BR) ou d’opposition (Les Démocrates)  doivent leur stabilité actuelle au code électoral. Sans lui, « Les Démocrates seraient coupés en deux ou trois », et les autres mouvements éclatés.  Cette logique d’alliances obligatoires vise à éviter l’émiettement du paysage politique. « Si vous vous divisez, vous êtes morts », a-t-il averti, s’adressant notamment à Guy Mitokpè, figure des Démocrates. 

Un héritage différent

À moins de deux ans de la fin de son mandat (mai 2026), Talon assume vouloir « laisser un héritage différent ». Sa réforme électorale suscite toutefois des critiques. Les opposants y voient une manœuvre pour marginaliser les petits partis et contrôler le Parlement via des coalitions pilotées. 

Pourtant, le président Patrice Talon insiste : le système actuel protège aussi l’opposition. En exigeant des alliances crédibles avant le vote, la loi évite selon lui les « mariages de circonstance » post-électoraux, souvent sources d’instabilité. 

Avec ce code électoral, Patrice Talon espère imposer une culture du compromis politique, mais le débat sur son équité reste vif. Reste à voir si les partis sauront s’adapter ou si la Cour constitutionnelle devra, comme prévu par le président, trancher pour débloquer la situation.

Damien TOLOMISSI

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