Chevalier du mérite agricole : Kévin Hounguè raconte son ascension

 Chevalier du mérite agricole : Kévin Hounguè raconte son ascension

L’ancien chef d’arrondissement d’Ifangni, Kévin Hounguè, est aujourd’hui un modèle d’agro-entrepreneuriat au Bénin. Récemment distingué par les Jeunes Cadres du Plateau (JCP) pour ses contributions socio-économiques, puis élevé au grade de Chevalier de l’Ordre du Mérite Agricole par décret présidentiel, il incarne la réussite par la persévérance. Rencontre avec un homme humble, dont le parcours inspire une nouvelle génération d’agriculteurs. 

Quel est votre sentiment après ces distinctions ? 

C’est une grande surprise. Je ne savais pas que nos actions dans l’ombre étaient suivies avec autant d’attention. Le 9 août dernier, les Jeunes Cadres du Plateau m’ont honoré à Kétou. Puis, j’ai appris avec émotion que le président Talon m’avait décerné le titre de Chevalier du Mérite Agricole. C’est une fierté immense, et je remercie le chef de l’État pour cette reconnaissance. 

Comment est née votre passion pour la pisciculture ? 

Tout a commencé par une simple curiosité. J’ai vu un voisin élever des poissons et j’ai voulu essayer, sans aucune formation. J’ai acheté des alevins, nourri les poissons avec des déchets… et échoué. Après six mois, je n’ai vendu que 6 kg de tilapia ! Puis une inondation a tout détruit. J’étais découragé, mais j’ai persévéré. 

Le tournant est venu en 2012 avec le Projet de Vibration de l’Aquaculture Continentale (PROVAC), un programme bénino-japonais. Grâce à leur formation, j’ai appris les techniques de base : choix des espèces, reproduction, gestion des bassins. J’ai alors construit deux petits bassins, puis progressivement agrandi mon exploitation. 

Avez-vous bénéficié de soutiens financiers ? 

Oui. Le Projet d’Appui à la Diversification Agricole (PADA) m’a accordé 736 000 FCFA, répartis en trois tranches. Ces fonds m’ont permis d’investir dans des infrastructures durables : bassins de 100 m³, cages flottantes, et même un lac artificiel. Aujourd’hui, je produis et reproduis mes propres alevins, ce qui réduit les coûts et accroît l’autonomie. 

Quel est votre secret pour réussir ? 

La persévérance. J’ai échoué maintes fois, mais chaque échec était une leçon. Aux jeunes entrepreneurs, je dis : « Formez-vous, informez-vous, et ne lâchez rien. » L’agro-business exige de la patience et une volonté d’apprendre. 

Quels sont vos projets futurs ? 

Je veux transformer mon Centre Pilote de Production Agricole (CEPIPA) en un pôle d’excellence. J’envisage un complexe de restauration pour valoriser nos produits sur place, et renforcer les formations. Notre site, avec son cadre naturel, attire déjà des visiteurs. L’objectif est d’en faire une référence régionale. 

Votre dernier mot ?

Je vous remercie d’être venu vers moi pour voir ce que je fais. Mes remerciements aussi au gouvernement et sincèrement chapeau au Chef d’état qui a ses yeux partout parce que je suis dans l’ombre, je suis dans la brousse, je ne savais pas qu’il a ses yeux sur ce que nous faisons. C’est une leçon. C’est aussi une leçon aussi pour les autres de savoir que quand tu entreprends et que tu essaies de te battre, ça paie toujours. Je n’oublie pas l’Agence Territoriale de Développement Agricole (ATDA), et la DDAEP pour leur accompagnement. Mon histoire prouve qu’avec de la détermination, on surmonte les échecs. Au Bénin, les opportunités existent-il faut les saisir !

Propos Recueillis par ARNAUD ACAKPO (Coll)

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