Reports successifs de la désignation du duo des Démocrates : L’art du suspense ou le chaos?
Le parti Les Démocrates traverse une période de turbulences. En l’espace de trois jours, son Conseil National a été reporté à deux reprises, passant du samedi 11 au lundi 13 octobre 2025. Cette valse des dates, décidée lors d’une réunion tenue chez l’ancien président Boni Yayi, interroge. Officiellement, il s’agit de « mieux préparer » cette rencontre cruciale, qui doit désigner le duo pour la présidentielle de 2026. Mais derrière cette justification se cachent de nombreuses questions. Entre divisions internes, stratégie calculée ou simple prudence, les hypothèses sont multiples pour tenter d’expliquer ces reports à répétition.
Retour sur les faits. Initialement, le grand Conseil National des Démocrates devait se tenir samedi 11 octobre 2025. Première modification : report au dimanche 12. Deuxième coup de théâtre, et non des moindres : le rendez-vous est une nouvelle fois décalé, cette fois pour lundi 13 octobre. Trois dates pour une seule réunion. Le compte à rebours est lancé, mais l’horloge semble folle.
Samedi soir. L’adresse n’est pas anodine : le domicile de l’ancien président Boni Yayi. Dans l’intimité de ces lieux chargés d’histoire, les dirigeants du parti prennent une décision lourde de sens. Les portes sont closes, les conversations sont feutrées, les visages sont graves. C’est ici, dans ce sanctuaire politique, que l’avenir immédiat des Démocrates se joue. Une image forte, presque cinématographique, qui en dit long sur les enjeux.
Le cœur du problème : « mieux préparer »… mais préparer quoi, au juste ? En effet, la raison officielle est lisse, presque trop polie : « Le besoin de mieux préparer cette rencontre capitale ». Derrière cette formule de diplomatie politique se cache un véritable séisme. Car cette réunion n’est pas une simple assemblée. Elle a une mission historique : désigner le duo de candidats pour la présidentielle de 2026. Il s’agit de choisir les deux personnes qui porteront les couleurs du parti lors de la prochaine élection présidentielle. L’enjeu est de taille, et la tension est à son comble.
La question qui brûle toutes les lèvres demeure donc : pourquoi tant de reports ?
Plusieurs moments où le parti semble hésiter, reculer, temporiser. Pourquoi cette valse-hésitation ? Plusieurs scénarios, chacun plus passionnant que le précédent, peuvent l’expliquer.
Première hypothèse : et si le parti était tout simplement trop divisé pour se mettre d’accord ? En effet, des courants s’affrontent, des egos s’entrechoquent et des ambitions se heurtent. Dans ce contexte, trouver un consensus sur un duo gagnant relèverait du miracle. Ainsi, chaque report signalerait une négociation difficile et un compromis qui se fait attendre.
Deuxième piste : la stratégie du suspense. Dans cette optique, les reports seraient calculés, voire machiavéliques. Il s’agirait de maintenir l’attention du public et des médias, tout en créant un effet d’attente pour rendre l’annonce finale plus dramatique. C’est une manière de signifier que la décision est si cruciale qu’elle exige du temps.
Troisième possibilité : le coup de théâtre en préparation. Ces reports dissimuleraient-ils une manœuvre d’envergure ? Par exemple, l’entrée surprise d’un nouveau candidat, un retournement d’alliance inattendu, ou une stratégie électorale peaufinée dans le plus grand secret. Ce scénario, bien que romanesque, pourrait s’avérer le plus plausible dans l’arène impitoyable de la politique.
Enfin, restons pragmatiques avec une quatrième hypothèse : la simple prudence. Ici, le parti prendrait simplement le temps de bien faire. Choisir un candidat à une élection présidentielle est une décision lourde de conséquences. Alors, vaut-il mieux se précipiter et risquer un mauvais choix, ou prendre son temps pour maximiser ses chances ? Dans cette perspective, chaque report devient un gage de sérieux et de maturité politique.

L’attente qui fait monter la pression
Une chose est sûre : ces reports successifs transforment ce Conseil National en un événement incontournable. La pression monte, la curiosité est à son comble, les spéculations vont bon train. Quel duo sortira de cette réunion ? Quelles sont les vraies raisons de ces atermoiements ? Le parti Les Démocrates réussira-t-il à transformer cette attente anxiogène en une force pour la campagne à venir ? Rendez-vous ce lundi 13 octobre peut-être pour le savoir.
Damien TOLOMISSI