Préparation des élections générales 2026 : La méthode UP le Renouveau
C’est un appel à se mettre en ordre de bataille. Dans une correspondance adressée aux militants, le président de l’Union Progressiste Le Renouveau (UPR) a tiré le signal d’alarme ou plutôt, le signal de ralliement. Objectif affiché : consolider la majorité au pouvoir et aborder les prochaines échéances électorales en force. Pas de place pour les états d’âme ou les guerres intestines ; le mot d’ordre est simple et sans équivoque : l’unité et l’engagement.
La lettre, qui circule déjà dans les cercles militants, ne se contente pas de lancer un slogan. Elle détaille une mécanique bien huilée, une méthode transparente et rigoureuse pour sélectionner les futurs candidats qui porteront les couleurs du parti. Finie l’époque des candidatures sorties du chapeau ? C’est en tout cas le message que veut faire passer la haute direction.
Le parti, cette grande famille… bien organisée
Le ton est paternaliste, mais ferme. Le président de l’UPR rappelle que la maison « Union Progressiste Le Renouveau » a des règles, des valeurs fondatrices et des objectifs politiques qui dépassent les ambitions individuelles. Pour éviter les dérives et les candidatures fantaisistes, le processus de sélection sera centralisé et contrôlé par les instances supérieures.
« La sélection des candidats sera effectuée par les instances supérieures du parti, dans le respect des valeurs fondatrices (…) et de ses objectifs politiques », peut-on lire dans la missive. Une phrase qui sonne comme un rappel à l’ordre pour tous ceux qui imagineraient pouvoir court-circuiter l’appareil du parti. Le chef précise même que ce processus se veut « rigoureux, transparent et guidé par l’intérêt supérieur du parti ». Trois adjectifs qui visent à rassurer la base et à couper court à toute critique potentielle sur d’éventuels arrangements entre initiés.
Les groupes d’appui : les éclaireurs de l’UPR
L’élément le plus novateur et sans doute le plus commenté dans les couloirs des sections est le rôle officiellement confié aux groupes d’appui aux sections. Mis en place récemment, ces groupes ne sont pas une simple coquille vide. Leur mission est stratégique : jouer les détectives de talents en identifiant les profils les plus prometteurs parmi les militants de terrain.
Attention, précise le président avec une certaine pédagogie, ces groupes « n’ont pas vocation à choisir les candidats ». Leur job est plus subtil : ils sont les yeux et les oreilles de la direction nationale sur le terrain. Leur mission ? Éplucher les dossiers, observer le travail des militants, repérer les plus dynamiques, les plus investis, ceux qui incarnent le mieux l’esprit UPR. Ils doivent ensuite remonter l’information sous la forme de « rapports détaillés et motivés » à la haute direction. En clair, ils ne décident pas, mais ils influencent considérablement la décision en proposant des noms. C’est une manière de dire : « Nous vous écoutons, mais c’est nous qui tranchons. »
Le comité national d’évaluation : l’instance qui valide
Une fois ces rapports remontés, place à l’étape cruciale : l’examen par le comité national d’évaluation. Ce dernier, composé notamment de membres de la Direction Exécutive Nationale (DEN), n’est autre que le cerveau du processus. Sa mission est d’étudier scrupuleusement les profils proposés, de les passer au crible des critères du parti et d’établir une première liste de candidatures.
C’est à ce niveau que se joue la véritable sélection. Le comité pèse le pour et le contre, évalue la loyauté des uns, le potentiel électoral des autres, et la cohérence de l’ensemble avec la ligne politique défendue par l’UPR. C’est un travail de fourmi, en coulisses, qui déterminera qui aura le sésame pour représenter le parti. Cette phase est essentielle pour garantir l’unité de façade et éviter les mauvaises surprises.

Le grand chantier de 2026 se prépare maintenant
Cette méthode, a le mérite de la clarté. Elle permet de museler les ambitions personnelles et d’imposer une ligne directrice unique, évitant ainsi les divisions qui ont pu fragiliser le parti par le passé. En cadrant strictement le processus, la direction reprend la main et s’assure que seuls les éléments les plus loyaux et les plus en phase avec sa vision seront investis.
Au-delà des mécanismes, le message profond de cette lettre est limpide : l’UPR ne veut pas laisser place au hasard. La bataille pour les prochaines échéances, notamment la présidentielle de 2026, se prépare dès aujourd’hui, dans l’ombre des sections et des comités. Chaque militant est invité à se montrer sous son meilleur jour, chaque responsable de section à redoubler d’efforts pour être remarqué. Le président lance un appel du pied ou plutôt un appel au calme et à la discipline. Il promet une sélection juste et transparente, mais en gardant fermement les rênes. L’UPR se veut une machine de guerre électorale, bien huilée, où chacun a sa place, à condition qu’il la tienne dans le cadre défini. Reste à savoir si cette stratégie de « l’unité dans le contrôle » sera la clé du succès pour conquérir ou conserver le pouvoir. La réponse, dans les urnes.
Arnaud ACAKPO (Coll)