Les Guépards à l’assaut de l’histoire : 90 minutes pour l’éternité

 Les Guépards à l’assaut de l’histoire : 90 minutes pour l’éternité

C’est le match d’une vie. D’une nation. Le genre de rencontre qui fait trembler les genoux et battre le cœur à tout un pays. Ce mardi 14 octobre, sous le ciel d’Uyo au Nigeria, les Guépards du Bénin ne joueront pas un simple match de football. Ils affronteront leur destin. Face à eux, un géant : les Super Eagles, redoutables, talentueux, et gardiens de la dernière porte vers la gloire. L’enjeu ? Une qualification historique pour la Coupe du Monde 2026. Et il ne reste plus que 90 minutes. 90 petites minutes pour décrocher les étoiles.

L’air est lourd d’émotions au Bénin. Dans les maquis, les familles, les bureaux, les conversations n’ont qu’un seul sujet : « le match ». On ne parle plus trop de politique malgré que ce soit la période du dépôt des candidatures à l’élection présidentielle de 2026. On parle de tactique, de composition d’équipe, d’espoir. Une énergie presque palpable électrise le pays. Depuis que les Guépards ont dominé les Amavubi, un rêve fou a germé : voir le Bénin parmi l’élite mondiale. Et ce rêve, aujourd’hui, est à portée de pied.

Mais le chemin vers la légende est semé d’embûches. Le dernier obstacle est de taille : le Nigeria. Des voisins, des frères ennemis du football, une équipe remplie de stars évoluant dans les plus grands clubs d’Europe. Face à ce colosse, les Guépards font figure d’outsiders. Mais au football, les stats et les noms sur le papier ne font pas toujours gagner les matchs. C’est la foi, la grinta et l’exploit collectif qui font les miracles.

Uyo, une forteresse à prendre

Le stade d’Uyo sera une chaudière. Des milliers de supporters nigérians, brandissant drapeaux et trompettes, vont tenter d’écraser de leur ferveur la petite délégation béninoise. Pour Steve Mounier et ses coéquipiers, jouer à l’extérieur, dans cette ambiance hostile, est un défi en soi. Il faudra résister à la pression, aux sifflets, à la vague verte et blanche qui déferlera des tribunes.

Pourtant, l’équipe n’a pas volé sa place à ce stade de la compétition. Elle a montré du caractère, de la solidarité et une défense de fer. Le gardien, véritable mur lors des derniers matchs, sera le dernier rempart contre les assauts des Super Eagles. Les défenseurs devront livrer le match de leur vie, attentifs à chaque centimètre, prêts à sacrifier leur corps pour contrer un tir. Sur la ligne médiane, les milieux devront être à la fois des bulldozers pour casser le jeu adverse et des architectes pour lancer les attaquants. Et devant, les attaquants, devront être de véritables renards de surface : vifs, imprévisibles et mortels.

Le courage et la foi

Face à la technicité individuelle des Nigérians, la réponse des Guépards devra être collective. Une défense compacte, un pressing haut et organisé pour étouffer les créatifs adverses, et des contres foudroyants. Chaque corner, chaque coup franc, chaque demi-occasion devra être transformée en or. Il n’y aura pas de place pour le gaspillage.

Gernot Rohr, le sélectionneur du Bénin ex entraineur des Super Eagles, lui, a passé des nuits blanches à peaufiner son plan. Il connaît les forces et les faiblesses de l’adversaire. Son discours dans le vestiaire avant le coup d’envoi sera crucial. Il ne s’agira pas de discours techniques, mais de réveiller l’âme guerrière de chaque joueur. « Vous jouez pour vos mères, vos pères, vos frères, vos sœurs. Vous jouez pour le vendeur au bord de la route, pour l’étudiant, pour le pêcheur de Cotonou. Vous jouez pour écrire votre nom dans l’Histoire.»

Tout un pays retient son souffle

À Cotonou, à Porto-Novo, à Parakou, à Abomey…, la vie s’arrêtera à l’heure du coup d’envoi. Les rues se videront, les écrans s’allumeront. Devant les télés géantes installées sur les places publiques, une marée rouge, jaune et verte se formera. Ce sera une communion nationale. Chaque passe, chaque centre, chaque tir sera partagé par des millions de cœurs battant à l’unisson. Ces 90 minutes seront un roman. Elles auront leurs héros, leurs moments de doute, de joie, de frayeur. Chaque minute qui passera alourdira l’enjeu. Cette fois, tout un pays espère, prie et croit en un seul résultat : la victoire. Alors, ce mardi à Uyo, que les Guépards rugissent si forts que leurs échos résonnent dans toutes les cours du monde. Ils n’ont pas 90 minutes. Ils ont l’éternité à conquérir.

Damien TOLOMISSI

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