Bénin : Champion ouest-africain de l’agriculture

 Bénin : Champion ouest-africain de l’agriculture

C’est un succès qui ne doit rien au hasard. Sous le leadership du Président Patrice Talon et la conduite opérationnelle du Ministre de l’Agriculture, Gaston Cossi Dossouhoui, le Bénin opère une mue spectaculaire. Le pays vient en effet de se hisser à la 5e place du classement des nations agricoles africaines, devenant ainsi le premier de l’espace CEDEAO. Une consécration qui couronne près d’une décennie de réformes courageuses et d’investissements massifs, faisant de l’agriculture béninoise la plus performante d’Afrique de l’Ouest entre 2015 et 2024.

Le verdict est tombé lors de la 5e Revue biennale des engagements de Malabo, ce cadre qui évalue les engagements des chefs d’État africains pour la transformation agricole. Le Bénin y a obtenu le score impressionnant de 7,15/10, décrochant ainsi la meilleure performance de toute l’Afrique de l’Ouest. Ce chiffre, très technique, raconte une success-story : une progression fulgurante de 66% depuis 2015, où le pays n’affichait qu’un score de 4,3. Cette performance n’est pas le fruit du hasard. Elle est le résultat d’une volonté politique affirmée, concrétisée par des investissements à la hauteur des ambitions. En 2024, le Bénin a consacré 10,89% de son budget total à l’agriculture, dépassant ainsi l’objectif de 10% fixé par l’Union Africaine. Une preuve par les chiffres que la souveraineté alimentaire et la transformation agro-industrielle ne sont pas de vains mots, mais une priorité stratégique.

Des productions qui pulvérisent tous les records

Derrière ces performances macro-économiques se cache une réalité plus tangible encore : l’explosion des productions dans toutes les filières clés. Les chiffres parlent d’eux-mêmes et donnent le tournis. Le coton, fière tradition béninoise, a propulsé le pays au rang de premier producteur continental, avec une récolte record de 638 000 tonnes en 2024. Soit une multiplication par 2,4 par rapport à 2015. Le soja, lui, a connu une croissance encore plus vertigineuse, avec une production multipliée par 4,2 pour atteindre 652 454 tonnes. La céréaliculture n’est pas en reste. La production de riz, pilier de la sécurité alimentaire, a plus que doublé pour atteindre 525 000 tonnes. Celle de maïs a franchi le cap symbolique des 2 millions de tonnes, contre 1,3 million en 2015. Les cultures d’exportation confirment cette dynamique. L’anacarde (noix de cajou) voit sa production multipliée par 2,3 (213 000 T) et l’ananas affiche une croissance de 98% (483 539 T). Enfin, le secteur de l’élevage et de la pêche complète ce tableau idyllique : la production de poisson a augmenté de 75% (229 000 T) et celle de viande a presque doublé, avec une hausse de 99% (225 000 T).

L’industrialisation, clé de voûte de la valeur ajoutée

Cette révolution quantitative n’aurait pas le même éclat sans une transformation structurelle profonde. Le gouvernement a en effet compris que la vraie valeur se crée après la récolte. La Zone Industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ) en est la parfaite illustration, avec des capacités de transformation qui donnent enfin au Bénin la maîtrise de toute sa chaîne de valeur. Le pays peut désormais transformer 360 000 tonnes de soja, 185 000 tonnes de noix de cajou et 40 000 tonnes de fibre de coton. Ces unités industrielles capturent une part bien plus importante de la richesse créée, créent des emplois et réduisent la dépendance aux fluctuations des marchés de matières premières brutes. Ce modèle de développement intégré, alliant performance agronomique et ambition industrielle, positionne aujourd’hui le Bénin en modèle pour toute l’Afrique de l’Ouest. Il démontre qu’avec une vision claire, une volonté politique inébranlable et des investissements judicieux, le secteur agricole peut devenir le véritable moteur de l’émergence économique.

Etienne YEMADJE

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