Présidentielle 2026 : Patrice Talon se lâche
L’heure des confidences a sonné. Dans un entretien aussi rare que percutant ce mardi, le Président Patrice Talon a ouvert son jeu sur la scène politique béninoise, à quelques mois des élections générales de 2026. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le chef de l’État n’a pas mâché ses mots.
D’entrée de jeu, le ton est donné. La situation électorale actuelle, marquée par l’absence forcée du parti Les Démocrates à la présidentielle d’avril 2026, ne lui plaît pas. « Je dois vous avouer que la situation dans laquelle se trouve la dynamique électorale ne m’enchante pas du tout », a-t-il lancé, reconnaissant sans détour que cette affaire « porte préjudice à l’image du Bénin ». Un aveu qui tombe comme un couperet, dans un contexte de vives tensions. Talon, « coupable idéal » ? Il réplique !
Accusé d’être l’architecte des déboires du parti de son prédécesseur, Boni Yayi, le président sortant assume son rôle de « souffre-douleur » avec une pointe d’ironie mordante. « Je suis le coupable idéal », déclare-t-il, avant de passer à la contre-offensive.
Et sa réplique est cinglante. Selon lui, la source du problème n’est ni la réforme du système partisan, ni le code électoral, mais bien l’ombre de l’ancien président. Patrice Talon l’affirme : « Depuis 2016, mon prédécesseur Boni Yayi s’emploie avec beaucoup d’énergie à faire échec à toutes les réformes, quelle qu’elles soient, et à l’action publique quel que soit le secteur. » Une charge frontale et sans équivoque qui jette une lumière crue sur les coulisses du pouvoir à Porto-Novo.
Le vrai visage de la bataille de succession
Cet entretien lève le voile sur la guerre silencieuse qui anime l’élite politique béninoise. Loin des simples querelles de procédure, c’est un conflit de fond, une opposition farouche qui bloque toute initiative, selon Talon.
Alors que le Bénin s’achemine vers une élection cruciale, le président en fin de mandat dresse ainsi son constat, à cœur ouvert. Un message clair à ses détracteurs et un avertissement à la nation, la course à sa succession se joue dans un champ de mines politiques dont il n’est, selon ses dires, pas le seul démineur.
La balle est désormais dans le camp des Béninois. À eux de décrypter ce duel et ses implications pour l’avenir du pays.
Damien TOLOMISSI