Guy Mitokpè, Secrétaire National à la Communication du Parti Les Démocrates : « Nous ne saurions falsifier des documents dans un tel processus »
La justice béninoise enquête sur un possible réseau de falsification de documents. Le parquet spécial (CRIET) a annoncé, jeudi 6 novembre 2025, l’ouverture d’une enquête visant des responsables du parti Les Démocrates. L’affaire concerne des demandes suspectes de documents officiels.
Pour être candidat aux élections communales et législatives, il faut fournir certains papiers, comme un quitus fiscal (qui prouve que l’on est à jour avec ses impôts) et un casier judiciaire. Selon le parquet, plusieurs dizaines de demandes de duplicatas de ces documents ont été faites, surtout par des membres du parti Les Démocrates. Les administrations concernées ont alerté la justice : certaines personnes avaient déjà reçu leurs documents, et des citoyens ont porté plainte, disant que des démarches avaient été faites en leur nom sans qu’ils le sachent. Les services des impôts et du casier judiciaire rappellent que ces documents sont personnels. En demander plusieurs exemplaires sur la base de fausses procurations est illégal.
La réaction du parti : « Surprise » et déni
Face à ces accusations, le parti Les Démocrates a réagi par la voix de son secrétaire national à la communication, Guy Dossou Mitokpè sur BiP Radio. Il se dit « très surpris de cette intrusion de la CRIET dans le processus électoral ». Il explique que son parti travaillait justement à régulariser certains dossiers après des observations de la CENA, l’organe qui gère les élections.
Pour lui, demander un duplicata n’a rien de choquant : « Lorsqu’une personne reçoit un seul exemplaire de son quitus fiscal, il est logique qu’elle demande un duplicata pour compléter son dossier. Je ne crois pas que ce soit une transgression de la loi. » Il affirme aussi que son parti est légaliste et ne serait pas impliqué dans de la falsification. « Nous ne saurions falsifier des documents dans un tel processus », a-t-il assuré. Il va plus loin en remettant en cause l’intervention de la justice. Il parle d’une « intrusion injustifiée », soulignant que le parti collaborait directement avec la Direction générale des Impôts pour obtenir les documents en question.
Pour lui, cette enquête est donc surprenante et ne semble pas fondée. Il insiste : « Nous ne sommes aucunement dans une démarche frauduleuse. » Malgré ces explications, l’enquête se poursuit. L’un des deux interpellés pour falsification de procurations en vue d’obtenir des quitus fiscaux déposé en prison ce vendredi 07 novembre 2025. Il est poursuivi d’après la même source pour faux, usage de faux et fraude en matière électorale.
Damien TOLOMISSI