Donner le meilleur de soi sans nuire : Un art de vivre à cultiver

 Donner le meilleur de soi sans nuire : Un art de vivre à cultiver

Au cœur du Bénin, un Homme de bonté incarne une sagesse rare et précieuse. Sa Majesté Dada Bokpè Houézrèhouèkè, dont le nom signifie déjà un programme de vie complet, partage un enseignement profond : pour réussir sa vie et atteindre ses objectifs, il faut « donner le meilleur de soi-même sans humilier autrui ou faire mal à son prochain ». Cette maxime, simple en apparence, contient une philosophie humaniste d’une grande richesse. Lisez plutôt !!!

« Lorsque j’évoque l’urgence de l’excellence personnelle, je ne fais pas référence à la frénésie du monde contemporain, mais à une nécessité intérieure, noble et pressante : celle de ne pas laisser en friche le potentiel unique que chacun porte. Chaque jour passé sans que nous nous dépassions est une perte, non seulement pour nous-mêmes, mais pour le tissu social tout entier. Cette excellence que je promeus n’a rien d’une compétition sauvage ou d’un individualisme stérile. Bien au contraire, elle vise à développer nos talents, nos savoirs et nos qualités humaines dans un unique but : servir. Se dépasser soi-même est un devoir sacré, le préalable indispensable à toute aide authentique apportée à autrui.

Dans la tradition que j’incarne, « donner le meilleur » est une discipline du quotidien. Elle commence par les gestes les plus simples : la qualité de l’accueil réservé à un visiteur, l’attention portée à l’accomplissement d’une tâche, la profondeur de l’écoute offerte à celui qui parle. C’est une vigilance de chaque instant, une conscience aiguisée de la portée de nos actions et de nos paroles. Le véritable progrès ne naît pas dans l’éclat des grandes occasions, mais dans l’humilité et la régularité des petits efforts persistants, à l’image d’un arbre qui, silencieusement, grandit et se fortifie jour après jour.

J’envisage cette quête à travers quatre dimensions essentielles et indissociables, formant les piliers d’un humanisme complet et exigeant. Elle engage d’abord l’excellence du cœur, qui appelle à cultiver inlassablement la générosité et la compassion, ces vertus fondamentales qui relient chaque être à son prochain et fondent toute vie commune harmonieuse. Elle mobilise ensuite l’excellence de l’esprit, nourrie par une soif constante d’apprendre, une curiosité jamais rassasiée et une volonté profonde de comprendre le monde dans toute sa complexité, refusant les simplifications et les préjugés. Elle se manifeste également par l’excellence des mains, qui exige que chaque action, chaque œuvre entreprise, soit accomplie avec une application rigoureuse, un souci du travail bien fait et une intégrité sans faille, honorant ainsi la matière et l’effort. Enfin, elle culmine avec l’excellence de la parole, cet art subtil et puissant de n’exprimer que des propos à la fois véridiques et bienveillants, où l’utilité pour l’autre et le souci de la relation priment sur la simple justesse formelle ou l’éclat personnel.

Le cœur de mon enseignement, son principe le plus original et le plus précieux, réside précisément dans cet équilibre délicat et constant entre l’élévation personnelle et le respect absolu d’autrui. Notre époque est hantée par l’illusion selon laquelle pour s’élever, il faut nécessairement écraser, surpasser ou dominer l’autre. Rien n’est plus faux et plus stérile. La vraie réussite, la seule qui soit durable et féconde, est celle qui élève et entraîne avec soi tout son entourage. Elle est collective par essence. Concrètement, cela se traduit par le refus catégorique des rivalités toxiques et des jeux de pouvoir, par la capacité à reconnaître et à valoriser sincèrement les qualités et les réussites de chacun, et par le partage généreux et désintéressé de ses connaissances, de son temps et de ses succès.

Cette philosophie prend vie dans des situations concrètes. Dans la résolution des conflits familiaux, je prône invariablement la recherche de solutions où l’honneur et la dignité de chaque partie sont préservés, écartant toute forme d’humiliation au profit d’une réconciliation respectueuse et durable. Dans la gestion des projets communautaires, j’encourage une solidarité active où les plus compétents et expérimentés accompagnent naturellement et patiemment les moins aguerris, établissant ainsi une dynamique vertueuse d’élévation collective des compétences et de transmission du savoir. En matière d’éducation, je défends avec conviction une pédagogie qui valorise les progrès individuels de chaque enfant, considérant que l’émulation par la comparaison stérile et le classement doit céder le pas à la reconnaissance bienveillante du cheminement unique de chacun.

Ce message s’adresse avec une force particulière à notre monde contemporain, souvent marqué par un individualisme exacerbé et une compétition effrénée. Il propose une alternative crédible, humaine et réaliste : celle d’une excellence collaborative, où la réussite personnelle et le bien-être collectif ne s’opposent plus, mais se nourrissent mutuellement. Aux jeunes générations, qui cherchent souvent des modèles et un sens à leur engagement, je répète inlassablement : donner le meilleur de vous-mêmes n’est pas un acte égoïste, c’est le plus beau des dons que vous puissiez faire à votre communauté. Et ce don n’a de valeur et de légitimité que s’il se fait sans nuire à quiconque, dans le respect et la considération de tous.

Je m’efforce de vivre et d’incarner ces principes dans mon existence quotidienne. Mon palais, symbole traditionnel d’autorité, reste ouvert à tous, sans distinction. Mes paroles cherchent à être accessibles, et mes actes, à refléter constamment cette recherche permanente d’équilibre entre une exigence ferme envers soi-même et une bienveillance inconditionnelle envers les autres.

En définitive, « donner le meilleur de soi-même sans humilier autrui » est bien plus qu’une maxime : c’est un art de vivre, un chemin de libération et de croissance. C’est apprendre à s’élever sans écraser, à briller sans éblouir, à réussir en faisant réussir les autres. C’est comprendre que notre propre accomplissement est inextricablement lié à celui de notre prochain.

Comme je le dis souvent, et c’est sur cette conviction que je souhaite conclure : « La plus belle victoire est celle où chacun se sent gagnant. » Une parole d’une simplicité apparente, mais qui, si nous acceptons d’en vivre les implications, est capable de transformer profondément notre rapport à nous-mêmes, aux autres et notre manière d’habiter le monde ensemble. »

DADA BOKPE HOUEZREHOUEKE

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