Echec d’un putsch au Bénin : L’Armée, fidèle à la Nation

 Echec d’un putsch au Bénin : L’Armée, fidèle à la Nation

Ce dimanche 7 décembre 2025, aux premières lueurs du jour, le Bénin a traversé une brève mais sérieuse épreuve. Une tentative de prise de pouvoir par la force, une mutinerie menée par un petit groupe de militaires, a cherché à interrompre le cours normal de la vie démocratique du pays. Cette tentative a heureusement échoué, grâce à la réaction rapide et républicaine des Forces Armées Béninoises. Cet événement, loin de montrer une faiblesse, a au contraire illustré la force des institutions et l’attachement profond du peuple béninois à la voie démocratique qu’il s’est choisie.

Les faits se sont déroulés tôt le matin. Des coups de feu ont été entendus près du Camp Guézo, non loin de la résidence du président Patrice Talon. Pendant quelques minutes, une déclaration inquiétante a même été diffusée en boucle à la télévision nationale. Un groupe se nommant le « Comité militaire pour la Refondation », dirigé par le Lieutenant-colonel Tigri Pascal, annonçait la dissolution des institutions et la mise en place d’une transition. Le pays a retenu son souffle.

Cependant, la réponse de l’État a été ferme et presque immédiate. Quelques heures plus tard, le ministre de l’Intérieur, Alassane Séidou, s’est adressé à la nation. Son message était clair et rassurant. Il a confirmé qu’un « groupuscule de soldats » avait engagé une mutinerie, mais il a surtout salué la loyauté de l’armée dans son ensemble. Les Forces Armées Béninoises, fidèles à leur serment, sont immédiatement restées aux côtés des institutions légitimes. Leur riposte a permis de garder le contrôle total de la situation et de faire échouer la manœuvre. Le ministre a ensuite invité les populations à vaquer normalement à leurs occupations, signe que l’autorité de l’État était pleinement rétablie.

Cet échec rapide du putsch n’est pas un hasard. Il est le fruit d’un choix historique et répété du peuple béninois. Depuis 1972, le Bénin a définitivement tourné le dos aux changements de pouvoir par la force. La Conférence Nationale des Forces Vives de la Nation de février 1990 a scellé cet engagement collectif en ouvrant la voie à une démocratie pluraliste et pacifique. Depuis lors, les transitions se font par les urnes. Le président Nicéphore Soglo a cédé le pouvoir à Mathieu Kérékou après une élection, puis Patrice Talon a succédé à Boni Yayi, toujours à l’issue d’un scrutin. Et le président Patrice Talon cédera en 2026 mois la place à son remplaçant. Le processus électoral est d’ailleurs déjà en cours. Cette culture politique, où l’alternance est acceptée et où l’armée reste dans ses casernes, sous contrôle civil, est devenue une partie essentielle de l’identité nationale.

La réaction de la communauté internationale est venue conforter cette position. La Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a immédiatement condamné avec la plus grande fermeté cette « action anticonstitutionnelle ». Elle a salué les efforts du gouvernement et de l’armée républicaine pour reprendre le contrôle, et a rappelé son soutien total à l’ordre constitutionnel au Bénin, n’excluant pas le recours à la force régionale si nécessaire. De même, l’Union Africaine (UA) a condamné fermement et sans équivoque cette tentative, réaffirmant que toute ingérence militaire dans les processus politiques est une violation grave des principes de l’Union. Ce soutien sans faille montre que le Bénin est perçu comme un pilier de stabilité démocratique dans une région qui en a grand besoin.

Il est important de souligner le rôle exemplaire joué par la hiérarchie militaire. Face à la séduction du coup de force, les cadres de l’armée ont montré une discipline et une loyauté remarquables. Ils ont choisi de défendre la Constitution, garantissant ainsi la paix civile et évitant au pays de sombrer dans le chaos et l’isolement. Ce professionnalisme mérite la gratitude de toute la nation. Il prouve que l’armée béninoise est une armée mature, intégrée à l’État de droit, et non un instrument au service d’ambitions personnelles.

Bien sûr, le Bénin, comme toute démocratie, connaît des débats, des tensions politiques et des critiques. Le président Patrice Talon, qui arrive en 2026 au terme de son second et dernier mandat constitutionnel, fait l’objet de vives controverses, certains lui reprochant un virage autoritaire. Mais la leçon de ce 7 décembre 2025 est précisément que ces débats, aussi passionnés soient-ils, doivent et peuvent se résoudre dans le cadre démocratique. La tentative de putsch a été rejetée non seulement par l’État, mais aussi, il est légitime de le penser, par l’immense majorité des Béninois qui ne veulent pas revenir en arrière.

En définitive, cette journée a été un test. Un test pour la résilience des institutions, pour la fidélité de l’armée à la République, et pour la maturité démocratique du peuple. Le Bénin a passé ce test avec succès. Il a démontré que sa démocratie, forgée depuis plus de trente ans, possède des défenses solides. Le pays peut aujourd’hui regarder vers l’avenir, vers l’élection présidentielle de 2026, avec la certitude que son destin continuera de s’écrire par le dialogue et le vote, et non par les armes. La voie démocratique choisie en 1990, et confirmée chaque jour depuis, reste plus que jamais la bonne.

LA REDACTION

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