Affaire Fayçal : La Police républicaine montre son côté civique

 Affaire Fayçal : La Police républicaine montre son côté civique

La bavure policière de Parakou intervenue fin novembre continue de faire bouger la hiérarchie de la police républicaine. Le mardi 02 Décembre 2014, le Directeur Général de la Police Républicaine (DGPR) a donné des précisions sur l’enquête en cours, après l’arrestation de plusieurs policiers. Lors d’une rencontre avec les responsables d’unités, Soumaïla Yaya a livré une analyse détaillée de la situation mettant en avant les failles ayant conduit à ce drame.

Cette sortie médiatisée du chef de la Police républicaine est une façon de dégager la responsabilité de la hiérarchie de cette affaire mais également pour montrer un visage policé des hommes en uniforme. Si pour certains, faire la lumière sur l’affaire Fayçal de la sorte en livrant les fonctionnaires de la police fautifs, le DGPR a fait amende honorable. Il est à noter que sa démarche est venue à point nommé. Ceci dans la mesure où la lune de fiel entre la police et la population semble à nouveau monter d’un cran. Il fallait dont une autocensure, un geste interne pour faire baisser le mercure. D’ailleurs lui-même l’a rappelé dans son speech pour éviter que de tels événements ne se reproduisent.

L’autocensure policière

Du laisser-aller. C’est ce que relève Soumaïla Yaya dans le dossier Fayçal. Il a d’abord pointé du doigt une insuffisance dans l’encadrement du personnel. Selon lui, le manque de briefing préalable à certaines missions est l’une des causes majeures de cette bavure. Il a cité en exemple la fouille abusive de téléphones, une pratique interdite depuis deux ans et récemment rappelée aux agents, mais qui continue de se produire, soulignant l’échec à assurer le respect des règles au sein de la police. A cela s’ajoute le défaut de compte rendu et l’usage disproportionné de la force lors des patrouilles, qualifiant leur comportement d’homicide. « Ils ont manqué de maîtrise des techniques nécessaires pour contrôler un individu qui ne représentait pas un danger », a confié le chef des flics.

Le DGPR a aussi abordé le cas du commissaire arrêté, précisant qu’il n’a été informé de la situation que lorsque la victime était déjà affaiblie. Il a également dénoncé une tentative de dissimulation du délit et la production de faux documents. «  Ce qui s’est passé est une bavure bien intentionnelle, une erreur de jugement qui aurait pu être évitée avec une meilleure gestion et un respect strict des protocoles » conclut-il

La fin de l’impunité

Cette clarification faite, le DGPR s’est fait le devoir de rappeler la responsabilité des commissaires de police. Celui de l’encadrement des agents. Il a notamment insisté sur la nécessité de veiller à l’exécution correcte des missions. « Le manque d’instruction est un danger pour l’institution », enseigne Soumaila Alabi Yaya. Il a également invité les commissaires à renforcer le contrôle des services et à rendre des comptes à leur hiérarchie pour obtenir un soutien en cas de difficultés. Pour finir, le DGPR a demandé aux populations de continuer de « faire confiance » à la police tout en annonçant que les faits incriminés ne resteront pas impunis. Pour lui, les sanctions disciplinaires allaient suivre leur cours pour les policiers impliqués et « cela pourrait aller jusqu’à la radiation » a-t-il déclaré.

Arnaud ACAKPO (Coll)

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