Arrestation de Hugues Sossoukpè: Les zones d’ombre

 Arrestation de Hugues Sossoukpè: Les zones d’ombre

L’interpellation du journaliste et activiste béninois, Hugues Comlan Sossoukpè à Abidjan, le 12 juillet 2025, continue de provoquer une vague d’indignation et d’interrogations sur les réseaux sociaux et dans les médias africains. Alors qu’il participait à une activité officielle organisée par le ministère ivoirien de la Transition numérique, son arrestation soudaine et son extradition au Bénin ont jeté un froid, en l’absence pour l’heure de toute explication des autorités. 

Selon plusieurs sources, dont Bip Radio, Hugues Sossoukpè avait été invité par le gouvernement ivoirien pour intervenir lors d’un colloque sur le thème « Le numérique au service de tous : Comment les technologies transforment notre quotidien ». Une participation qui rend d’autant plus surprenante son arrestation en marge de l’événement.   Aucun motif n’a été avancé par les forces de sécurité ivoiriennes, et le Ministère de la Transition numérique n’a pas commenté la situation. Du côté béninois, le silence des autorités alimente les spéculations, notamment sur un éventuel mandat d’arrêt émis par Cotonou. 

Mobilisation en ligne et inquiétudes pour les libertés 

L’affaire a rapidement enflammé les réseaux sociaux, où des militants des droits humains et des confrères journalistes dénoncent une atteinte à la liberté d’expression. « Que fait-on d’un journaliste invité par un État, puis arrêté sans explication ? », s’interroge un utilisateur Twitter. D’autres évoquent des pressions politiques, dans un contexte où Sossoukpè est connu pour ses prises de position critiques, notamment sur la gouvernance en Afrique de l’Ouest.  Certaines sources suggèrent que son arrestation pourrait être liée à ses enquêtes sur des dossiers sensibles. Toutefois, aucune voix officielle n’a encore confirmé ces rumeurs. Dans une publication dans la matinée du samedi 12 juillet 2025 sur Facebook, Serge Nonvignon, membre des services de communications de la Présidence du Bénin, informe aussi que le journaliste et activiste politique a été déféré à la prison. D’après ce dernier rapporte Banouto Hugues Comlan Sossoukpè est « passé successivement devant la police, le procureur spécial, le juge d’instruction et le juge des libertés ou de la détention ».

Un précédent inquiétant pour la liberté de la presse ? 

Cette arrestation intervient dans un contexte tendu pour les journalistes d’investigation en Afrique de l’Ouest. En 2024, Reporters sans frontières (RSF) avait pointé une régression des libertés de la presse dans plusieurs pays, dont la Côte d’Ivoire et le Bénin. Si les motifs de l’interpellation de Sossoukpè restent flous, des observateurs craignent un effet dissuasif pour les voix critiques.  « Quand un journaliste est arrêté sans transparence, c’est un signal dangereux pour tous ses confrères », alerte une responsable d’une ONG de défense des droits humains basée à Dakar. 

À ce stade, la balle est dans le camp des gouvernements ivoirien et béninois. La communauté journalistique et la société civile réclament des éclaircissements urgents. Car, en l’absence de réaction officielle, les rumeurs risquent de s’amplifier, nuisant à l’image des deux pays. Des organisations comme la Fédération africaine des journalistes (FAJ) pourraient saisir la CEDEAO pour exiger des garanties sur le respect des droits fondamentaux. 

Un test pour la démocratie ouest-africaine 

L’affaire Sossoukpè dépasse le cas individuel : elle pose la question du traitement réservé aux lanceurs d’alerte et journalistes dans la sous-région. Les prochaines heures seront cruciales. Soit les autorités optent pour la transparence, soit le silence nourrira les suspicions d’une tentative de museler la presse. 

LA REDACTION

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