Dadah Bokpè Houézrèhouèkè : « Deviens ton meilleur ami »

 Dadah Bokpè Houézrèhouèkè : « Deviens ton meilleur ami »

Dadah Bokpè Houézrèhouèkè partage une sagesse simple. Il rappelle que la conscience de soi ouvre la porte à l’acceptation. Sans masque et sans peur, chacun peut regarder son cœur, reconnaître ses forces et ses faiblesses, puis avancer en paix. À travers des exemples précis, il montre que s’aimer ne signifie pas rester immobile. C’est au contraire le premier pas vers une vie plus libre, plus douce et plus vraie. Cette parole est un baume pour les cœurs blessés.

« Mes frères et sœurs, mes enfants, je ne suis ni savant ni philosophe de grand chemin. Je suis un homme qui a marché longtemps, qui a vu des saisons passer, qui a écouté le vent et les hommes. Aujourd’hui, je veux partager avec vous une parole simple sur l’acceptation et la conscience de soi. Ce sont deux sœurs qui marchent ensemble. L’une ne va pas sans l’autre. Si tu te connais, tu peux t’accepter. Si tu t’acceptes, tu peux te connaître vraiment.

Beaucoup de gens souffrent parce qu’ils ne savent pas qui ils sont. Ils regardent les autres et veulent être comme eux. Ils portent des masques. Ils cachent leurs faiblesses. Ils ont honte de leur corps, de leur histoire, de leur famille, de leur village. Ils croient que pour être aimés, il faut être parfaits. Mais la perfection n’existe pas. Même le baobab a des bosses et des creux. Pourtant, il est beau. Il est fort. Il donne de l’ombre. Il nourrit les oiseaux. Il résiste à la sécheresse. Prends l’exemple du fleuve. Le fleuve ne refuse pas les eaux troubles qui viennent à lui. Il les reçoit. Il les mélange. Il les purifie avec le temps. Il continue son chemin vers la mer. Toi aussi, tu es comme un fleuve. Tu as en toi des eaux claires et des eaux boueuses. Des moments de joie et des moments de colère. Des réussites et des échecs. Si tu refuses une partie de toi, tu bloques ton courant. Tu deviens un marécage. Mais si tu accueilles tout ce que tu es, tu avances. Tu deviens plus grand.

La conscience de soi, c’est regarder dans le miroir de son cœur. Ce n’est pas un miroir de verre. C’est un miroir intérieur. Tu t’assois tranquille. Tu fermes les yeux. Tu respires. Tu écoutes tes pensées. Tu écoutes tes émotions. Tu ne juges pas. Tu observes. Tu dis voilà, je ressens de la peur. Voilà, je ressens de la jalousie. Voilà, je ressens de la fierté. Sans te mentir. Sans te cacher. C’est cela la conscience. C’est la lumière qui éclaire ta propre maison. Quand tu connais ta maison, tu peux l’accepter. Tu sais que la cuisine n’est pas toujours propre. Tu sais que le toit a une fuite. Mais tu aimes ta maison. Tu la répares. Tu l’embellis. Tu ne la brûles pas. Tu ne la quittes pas pour aller vivre chez le voisin. Tu restes. Tu travailles. Tu grandis.

L’acceptation de soi, ce n’est pas la résignation. Ce n’est pas dire je suis comme ça, je ne change pas. Non. C’est dire je suis comme ça aujourd’hui. Je me vois. Je m’aime. Et à partir de là, je peux m’améliorer. C’est comme un champ. Tu acceptes que ton champ a des mauvaises herbes. Tu ne passes pas ton temps à pleurer. Tu prends ta houe. Tu enlèves les mauvaises herbes. Tu arroses les bonnes plantes. Tu attends la récolte. Mais tu aimes ton champ même quand il n’est pas encore beau. Je me souviens d’une femme de mon village. Elle s’appelait Afavi. Elle avait une jambe plus courte que l’autre. Elle marchait avec une canne. Les enfants se moquaient d’elle. Elle pleurait souvent. Un jour, elle a décidé de ne plus se cacher. Elle a appris à tisser des nattes magnifiques. Elle a ouvert un petit atelier. Elle a enseigné aux jeunes filles. Elle est devenue respectée. Elle disait ma jambe ne me définit pas. C’est mon cœur qui me définit. Elle s’était acceptée. Elle avait conscience de sa valeur. Elle a transformé sa faiblesse en force.

Une autre fois, j’ai vu un jeune homme qui voulait absolument être médecin. Mais il ne supportait pas la vue du sang. Il a échoué plusieurs fois. Il se détestait. Il se croyait nul. Puis il a écouté sa conscience. Il a compris que son vrai don était la musique. Il est devenu un joueur de tam-tam très apprécié. Il a accepté que son chemin n’était pas celui des autres. Il a accepté sa sensibilité. Il a accepté son échec. Et il a trouvé sa joie. Je me souviens aussi d’un vieux cultivateur. Il avait les mains usées par la terre. Il disait que la terre ne ment jamais. Si tu l’aimes, elle te nourrit. Si tu la négliges, elle te le montre. Il en était de même pour lui. Il connaissait sa force. Il connaissait sa fatigue. Il ne forçait pas son corps plus loin que ses limites. Il acceptait de vieillir. Il acceptait de ralentir. Mais il restait joyeux. Il enseignait aux jeunes. Il racontait les saisons. Il montrait que l’acceptation n’enlève pas le courage. Elle donne au contraire un courage plus vrai. Une jeune fille de notre quartier rêvait de devenir chanteuse. Mais sa voix n’était pas celle des grandes artistes. Elle se croyait sans talent. Un jour, une vieille femme lui a dit que sa voix ressemblait au chant de la tourterelle. Elle était douce, rare, apaisante. La jeune fille a cessé de vouloir imiter les autres. Elle a chanté avec sa propre voix. Elle a touché les cœurs. Elle avait découvert son trésor en acceptant ce qu’elle était.

Mes amis, la conscience de soi, c’est aussi connaître ses limites. Tu ne peux pas tout faire. Tu n’es pas obligé de tout savoir. Tu as le droit de dire non. Tu as le droit de demander de l’aide. Tu as le droit de te reposer. Le soleil ne brille pas la nuit. La lune ne brille pas le jour. Chacun a son moment. Chacun a sa place. Si tu acceptes cela, tu vis en paix. L’acceptation de soi, c’est arrêter de se comparer. La gazelle ne se compare pas au lion. L’oiseau ne se compare pas au poisson. Chacun a sa force. Toi, tu as ta force. Tu as tes talents. Tu as ton histoire. Personne ne peut danser ton pas. Personne ne peut rêver ton rêve. Alors, sois fier de qui tu es. Sois fier de ton chemin. Même s’il est court. Même s’il est long. Même s’il est caillouteux. Quand tu t’acceptes, tu acceptes les autres. Parce que tu sais que personne n’est parfait. Tu deviens plus doux. Plus patient. Plus généreux. Tu ne juges plus. Tu aides. Tu pardonnes. Tu aimes. C’est cela la sagesse.

Le monde est plein de bruits. Les voix des autres crient. Elles disent sois comme ceci, sois comme cela. Mais la voix de ton cœur est douce. Elle ne crie pas. Elle chuchote. Pour l’entendre, tu dois faire silence. Pour la comprendre, tu dois être honnête. Pour la suivre, tu dois être courageux. Pour finir, je te donne un conseil. Chaque matin, avant de sortir de ta case, regarde dans ton miroir intérieur. Dis à ton reflet je te vois. Je t’aime. Je te remercie. Tu es mon compagnon de route. Ensemble, nous allons avancer. Puis, va dans le monde. Va avec confiance. Va avec paix. Va avec joie. Parce que tu es unique. Parce que tu es précieux. Parce que tu es toi. Voilà ma vision. Voilà ma sagesse. Je la partage avec vous. Que la paix soit dans votre cœur. Que la conscience éclaire votre esprit. Que l’acceptation libère votre âme. »

UNE REFLEXION DE DADAH BOKPE HOUEZREHOUEKE 

Articles similaires

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *