Bégaiement : Une affection qui se soigne

 Bégaiement : Une affection qui se soigne

Nombreux sommes-nous à croiser des personnes ayant assez de difficultés à s’exprimer avec facilité. Il leur faut hésiter, répéter des syllabes et même s’arrêter des fois sans aller au bout de leurs idées. On dit qu’elles bèguent. Quelle est l’origine de cette affection ?  Comment le traiter ? Et comment accompagner de telles personnes ?

Le bégaiement est un trouble de fluidité de la parole qui se manifeste par des répétitions de sons, de prolongations de syllabes ou des blocages qui interrompent le déroulement normal de la parole. « Les causes de ce trouble sont multiples mais il existe des solutions pour le traiter » signale Crescencia Antonio, psychologue et assistante d’études dans un cabinet à Cotonou. Les recherches mettent notamment en évidence des facteurs génétiques et des particularités du fonctionnement cérébral impliqués dans la production de la parole.

Selon la psychologue, le bégaiement apparaît souvent dans l’enfance. « Au cours du développement du langage déjà, on peut voir les premiers signes de bégaiement chez un enfant » renseigne Crescencia Antonio. Le stress, la pression de parler ou la peur du jugement peuvent accentuer les difficultés. Étant lié à la génétique, un enfant peut donc hériter du trouble de la fluidité du langage parce que l’un de ses parents bégaie ou en a souffert.  

Comment soigner ?

Comme toute affection, le bégaiement se soigne. Le traitement peut se faire par des orthophonistes ou par des psychologues. Le traitement de référence repose principalement sur l’orthophonie, qui vise à améliorer la fluidité et à faciliter la communication selon les besoins de la personne. « Cela consiste à accompagner la personne, lui donner des astuces dans l’amélioration de sa communication » recommande-t-elle avant d’ajouter le volet psychologique. Ici, un psychologue peut être associé lorsque le bégaiement entraîne une anxiété importante. Toutefois, la spécialiste avertit qu’il n’y a pas de traitement universel du bégaiement. Il faut privilégier les prises en charge individuelles.

Voici quelques techniques à appliquer pour corriger la fluidité de la parole

Ralentis, ne t’arrête pas : Parle plus lentement que d’habitude. Étire la première syllabe du mot qui bloque. Ex: “Boooonjour” au lieu de “B-b-bonjour”.

Respire avant de parler : 90% des blocages viennent parce qu’on parle sans air. Inspire par le ventre, puis parle en expirant doucement.

Ne force jamais : Si un mot bloque, fais une pause de 1 seconde, respire, et recommence doucement. Lutter empire le blocage.

Chant ou chuchotement : On ne bégaie presque jamais en chantant, ça rééduque le cerveau.

Conseils

Aux parents, la psychologue recommande de ne pas culpabiliser leur enfant, « surtout si le facteur du bégaiement de l’enfant n’est pas génétique. » C’est-à-dire ni le père ni la mère n’en souffrent directement. Il faudrait laisser à cet enfant-là le temps de s’exprimer et de demander un avis professionnel en cas de difficultés persistantes.  « Les personnes souffrant de troubles de fluidité du langage ne doivent pas être méprisées. » a insisté Crescencia Antonio. Elles n’ont pas de problèmes d’intelligence, comme le pense certains souligne la psychologue.

Arnaud ACAKPO (Coll)

    Articles similaires

    Leave a Reply

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *