Déclaration de naissance : L’ANIP simplifie tout
C’est une petite révolution administrative qui se met en place discrètement dans les maternités de plusieurs hôpitaux. L’Agence nationale d’identification des personnes (ANIP) a officiellement lancé la décentralisation des déclarations de naissance au niveau de certains centres de santé à travers le pays. Ce dispositif innovant, encore en phase pilote, vise à simplifier radicalement un processus autrefois source de tracasseries pour de nombreux jeunes parents.
Le guichet unique : une innovation majeure
Jusqu’à présent, déclarer la naissance d’un enfant était une démarche souvent perçue comme fastidieuse. Il fallait se rendre à la mairie après avoir quitté l’hôpital, avec tout ce que cela implique en termes de délais et de déplacements. Désormais, l’ANIP a décidé de rapprocher le service des usagers en implantant un guichet unique directement dans les formations sanitaires partenaires. L’objectif est double : simplifier et accélérer le processus pour garantir que chaque enfant ait une identité légale dès sa naissance, sans effort supplémentaire pour les parents.
Fonctionnement : comment ça marche ?
Le processus a été conçu pour être fluide et numérique :
1. Déclaration par l’agent de santé : Immédiatement après l’accouchement, c’est l’agent de santé qui initie la démarche. Il effectue la déclaration de naissance via un code USSD simple, envoyé depuis un téléphone préconfiguré par l’ANIP.
2. Attribution d’un numéro : Cette action génère instantanément un numéro de déclaration. L’agent l’inscrit ensuite sur les trois exemplaires originaux du formulaire officiel.
3. Répartition des documents : Les exemplaires sont distribués : un pour les archives de l’hôpital, un transmis à la mairie puis à l’ANIP, et le dernier est remis aux parents – un document crucial pour la suite.
L’intervention de l’ANIP et l’obtention du NPI
Munis de leur exemplaire du formulaire et de leurs pièces d’identité, les parents n’ont plus à se déplacer loin. Ils se rendent simplement au guichet physique de l’ANIP, installé au sein même de la formation sanitaire. Un agent procède alors à la vérification des informations, saisit les données et enregistre officiellement l’enfant dans le Registre national des personnes physiques (RNPP).
Après cette validation, les parents n’ont plus qu’à patienter. Sous un délai maximum de 72 heures, ils reçoivent par SMS le Numéro personnel d’identification (NPI) de leur enfant. Ce sésame est la clé de son identité administrative future. Grâce à lui, les parents pourront ensuite demander l’acte de naissance et le certificat NPI, soit en ligne via l’application mobile ANIP BJ ou le portail eservices.anip.bj, soit en se rendant aux guichets physiques de l’agence. Il est important de noter que l’enregistrement de la naissance et l’attribution du NPI sont entièrement gratuits.
Des services additionnels précieux
Ce dispositif complet offre des opportunités bienvenues. Il permet également aux parents qui n’auraient pas encore effectué leur enregistrement au Recensement administratif à vocation d’identification des personnes (RAVIP) de régulariser leur situation directement à l’hôpital. Ils peuvent aussi profiter de ce passage pour mettre à jour leurs coordonnées (numéro de téléphone, signature, etc.) dans la base de données nationale.
Une phase pilote sur six mois dans dix centres
Pour l’instant, le service n’est pas encore généralisé. La phase pilote est prévue pour durer six mois et concerne dix formations sanitaires soigneusement sélectionnées à travers le Bénin :
· Centre hospitalier et universitaire de la mère et de l’enfant lagune (CHU-MEL) de Cotonou
· Centre national hospitalier et universitaire Hubert Koutoukou Maga (CNHU-HKM) de Cotonou
· Centre hospitalier et universitaire de zone d’Abomey-Calavi
· Hôpitaux départementaux du Zou-Collines, de l’Ouémé, du Borgou-Alibori et du Mono
· Hôpital de zone de Natitingou
· Hôpital de zone Suru-Léré
· Hôpital Ordre de Malte de Djougou
À l’issue de cette période test, l’ANIP procédera à une analyse approfondie des résultats. L’objectif sera de capitaliser sur les bonnes pratiques, d’ajuster le mécanisme et, si les résultats sont concluants, d’étendre le modèle à d’autres centres publics puis, progressivement, aux formations sanitaires privées du pays. Une initiative qui marque une étape significative dans la modernisation de l’administration béninoise.
LA REDACTION