École d’été d’écriture et de journalisme 2025 : Sêmèvo Bonaventure Agbon, le grand lauréat

 École d’été d’écriture et de journalisme 2025 : Sêmèvo Bonaventure Agbon, le grand lauréat

La troisième édition de l’École d’été d’écriture et de journalisme (EEEJ Senior 2025), organisée par la Fondation Vallet et l’Ong Bénin Excellence, a pris fin samedi 9 août. Au terme de deux semaines d’intenses activités mêlant rencontres humaines et enrichissement intellectuel, le journaliste béninois Sêmèvo Bonaventure Agbon a été couronné Grand Prix.

Placée sous le thème Mémoire(s) et miroir, cette édition de l’EEEJ Senior s’est imposée comme un véritable laboratoire de réflexion autour de grandes questions existentielles : Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? Quelle mémoire sauvegarder ? Quelle identité défendre ? Des interrogations profondes sur l’histoire, l’héritage, et la place de la mémoire dans la redéfinition des relations Afrique-Europe. Entre réflexions, rencontres et terrain, les participants venus de sept pays (Togo, Madagascar, Tchad, Burkina Faso, Bénin, Sénégal et Cameroun) ont pris part à des ateliers, des panels, des sorties de terrain et des rencontres inspirantes avec des figures de renom. Parmi elles : Wenceslas Mahoussi (enseignant-chercheur en InfoCom), Georges Amlon (ancien DG de l’Ortb), Adrien Huannou, Fernand Nouwligbèto, Prudentienne (libraire), Angelo Dan (ambassadeur et auteur sur la restitution des biens culturels), Rodrigue Atchahoue (éditeur), Abdoulaye Benon Monra (sociologue), Zakiath Bonou-Gbo (linguiste), Patrick Effiboley (historien), Maroua Daoudy (auteure), Sinatou Saka (chargée de mission du président de la République), entre autres. 

L’ouverture de l’EEEJ a été marquée par un atelier d’écriture fictionnelle animé par Arlésienne Sovi. S’en sont suivis des panels autour de thématiques d’actualité telles que : l’écriture et le journalisme en Afrique aujourd’hui face aux enjeux de demain ; l’Afrique et le reste du monde : enjeux géopolitiques de la mémoire, d’hier à demain ; la place des Afro-descendants et de la diaspora dans la transmission des mémoires ; l’oralité, les panégyriques claniques, les langues locales dans les systèmes éducatifs ; la restitution des 26 biens culturels au Bénin ; et le positionnement des femmes dans les sociétés africaines. La master class de clôture, animée par Sinatou Saka, a porté sur l’urgence de réinventer le journalisme africain, pour reconquérir le récit du continent et affronter ses enjeux contemporains. 

Une expérience unique, inoubliable et intensément enrichissante. C’est ainsi que les participants qualifient cette immersion. « En deux semaines, nous avons vécu l’Afrique dans son hospitalité, son passé parfois discutable, et ses défis contemporains. Nous avons aussi rencontré l’Europe, incarnée par Yaëlle, Ruby, Thomas, Maroua, Angeline, membres de l’équipe d’encadrement. Non pas l’Europe des manuels d’histoire, mais celle des peuples, humaine, fraternelle, elle aussi préoccupée par la refondation des liens avec l’Afrique », a confié Hailey Andriafanomezana, malgache et porte-parole de la promotion. 

Quatre distinctions majeures ont marqué la cérémonie de clôture. « J’étais venu simplement pour apprendre… et je repars avec un prix. Évidemment, je suis submergé d’émotions », a déclaré le directeur de publication du quotidien Bénin Intelligent, Sêmèvo Bonaventure Agbon, sacré Grand Prix de l’édition. Son article, une analyse, porte sur « l’e-réputation du Vodun ou la guerre symbolique 2.0. » Elle décrit la guerre symbolique et épistémologique que polarise le Vodun sur les réseaux sociaux numériques, notamment TikTok. Trois autres distinctions ont également été décernées à des participants pour la qualité de leurs productions et leur engagement tout au long du programme. Il s’agit du prix de l’Étoile montante décerné à Edouard Hountondji, journaliste en formation à l’Enstic-Uac. Le prix du Roseau : Yasmine Hassan Ahmat Djefil, hydrologue tchadienne. Et le prix de la meilleure plume : Mamadou Ly, Sénégal. 

Les articles produits au cours de l’EEEJ Sénior 2025 seront publiés dans une revue spéciale intitulée La Palabre. Véritable reflet de la richesse des échanges, elle regroupe de nombreuses contributions inédites. Cette école d’été aura été bien plus qu’une formation : un espace de dialogue, une plateforme où les mémoires se croisent, où les identités se confrontent et se reconstruisent. Une chose est sûre, les participants repartent avec des outils intellectuels affûtés, mais surtout avec cette conviction : l’Afrique a des récits à écrire, des mémoires à préserver, et une voix à amplifier. Et c’est peut-être là le plus beau succès de cette édition 2025.

Pierre MATCHOUDO

Articles similaires