Ehouzou, Ça doit changer, Nouveau départ ou Bénin Révélé : A quoi s’attendre en 2026 ?
Le Bénin, depuis son indépendance, a toujours été marqué par des slogans politiques qui incarnent les ambitions et les orientations de ses dirigeants. Chaque régime a apporté son propre lexique, sa propre philosophie, traçant ainsi une trajectoire singulière dans l’histoire du pays. De l’ère révolutionnaire du Ehouzou sous Mathieu Kérékou à la promesse de changement de Boni Yayi, en passant par le Nouveau Départ de Patrice Talon, ces mots d’ordre ont rythmé l’évolution sociopolitique du pays. Aujourd’hui, alors que le mandat de l’actuel président touche à sa fin, une question se pose : quel sera le prochain chapitre de cette histoire ?
L’époque du Ehouzou reste gravée dans la mémoire collective comme un moment de rupture radicale. Le 30 novembre 1974, le discours de Goho officialisait l’adoption du marxisme-léninisme comme doctrine d’État, plaçant le Bénin dans le camp des régimes révolutionnaires africains. Cette période, bien que controversée, a marqué une volonté de transformation profonde de la société. Les années 1990 ont ensuite vu l’avènement de la démocratie et l’émergence de nouveaux slogans, comme le Houézèhouè de la Renaissance du Bénin, symbolisant une aspiration à la renaissance nationale après des décennies de régime autoritaire.
En 2006, le Bénin entre dans l’ère du Ça doit changer. Porté par Boni Yayi, ce slogan reflétait une promesse de modernisation et de lutte contre la corruption. Pourtant, après deux mandats, le bilan reste mitigé, et beaucoup estiment que les attentes n’ont pas été pleinement satisfaites. C’est dans ce contexte que Patrice Talon arrive au pouvoir en 2016 avec l’idée d’un Nouveau Départ, une rupture assumée avec les pratiques du passé. Son gouvernement mise sur des réformes économiques audacieuses, une modernisation des infrastructures et une révision du système politique. Dix ans plus tard, le Bénin a certes connu des avancées, mais les défis restent nombreux : inégalités sociales, tensions politiques, questions de gouvernance.
Alors que l’échéance de 2026 approche, le pays se trouve face à un choix crucial. Continuera-t-il sur la lancée des réformes en cours, ou assistera-t-on à une nouvelle rupture ? La vision Alafia 2060, qui ambitionne de faire du Bénin un pays prospère et stable d’ici à 2060, servira-t-elle de cadre pour le prochain quinquennat, ou un nouveau projet émergera-t-il ? Les attentes des Béninois sont fortes : emploi des jeunes, justice sociale, transparence, et stabilité politique. Le futur président devra non seulement proposer un slogan fédérateur, mais surtout un programme capable de répondre à ces enjeux.
L’histoire récente du Bénin montre que chaque transition politique s’accompagne d’une redéfinition des priorités nationales. En 2026, le pays aura besoin d’une vision claire, capable de concilier ambition économique et équité sociale. Que le prochain mot d’ordre soit dans la continuité ou dans la rupture, une chose est sûre : il devra incarner l’espoir d’un Bénin plus juste et plus dynamique. Reste à savoir qui portera cette voix, et surtout, comment elle sera mise en œuvre.
Arnaud ACAKPO (Coll)