FCBE change de stratégie : Vers une nouvelle alliance en 2026

 FCBE change de stratégie : Vers une nouvelle alliance en 2026

Le paysage politique béninois pourrait connaître un important changement. En effet, un responsable de la Force cauris pour un Bénin émergent (FCBE) a annoncé un possible repositionnement du parti pour l’année 2026.

La FCBE, parti politique dirigé par l’ancien Ministre Paul Hounkpè, d’après Banouto semble vouloir tourner une page. Idrissou Bako, ancien député et figure importante de ce parti, a récemment fait des déclarations qui retiennent l’attention. Il a expliqué que la FCBE est actuellement dans une « logique de repositionnement ».

En effet, après avoir été pendant près de dix ans dans l’opposition face à la gouvernance du président Patrice Talon, le parti aurait pris une résolution importante. « Nous avons pris la résolution d’être de la mouvance de 2026. Nous serons de la mouvance de 2026 Inch’Allah », a-t-il affirmé. Être « de la mouvance » signifie généralement se rapprocher ou soutenir le camp du pouvoir en place.

Les tractations ont déjà commencé

M. Bako a précisé que pour concrétiser ce projet, les discussions doivent commencer tôt. Il trouve donc normal que l’on observe aujourd’hui des rapprochements ou des discussions avec d’autres formations politiques, comme le Bloc républicain (BR) ou l’Union progressiste le renouveau (UPR), qui sont des partis soutenant le président Talon. L’objectif semble clair : il s’agit pour la FCBE de « séduire l’adversaire d’aujourd’hui ». Cela pourrait permettre au parti de bénéficier de soutiens cruciaux, notamment pour le parrainage des candidats, une étape indispensable pour se présenter à une élection.

Des actions concrètes sur le terrain

Cette nouvelle stratégie ne se limite pas aux discours. Elle se traduit déjà par des actions très concrètes. Idrissou Bako a évoqué la situation à Kandi, où plusieurs conseillers municipaux ont été récemment destitués. La FCBE compte bien profiter de ces postes vacants pour procéder à des nominations.

Fait marquant : le parti est prêt à discuter avec toutes les formations politiques en place pour pourvoir ces postes. « Nous allons positionner les conseillers pour lesquels nous pensons que nous aurons de l’intérêt, peu importe leur formation politique », a déclaré Idrissou Bako. Cette phrase montre une ouverture inédite et une volonté de pragmatisme au-delà des clivages traditionnels.

Vers une grande alliance pour les élections de 2026 ?

L’horizon visé par ces manœuvres est celui des élections générales de 2026. Le Bénin organisera alors pour la première fois ce type de scrutin, et tous les partis se préparent. L’ancien député n’exclut pas la possibilité de négocier un accord avec les partis de la mouvance présidentielle actuelle. Cet accord pourrait prendre différentes formes : un pacte pour les élections, un accord de gouvernance ou même un accord de législature qui organiserait leur action au parlement. « S’il faut négocier avec celui qui est aujourd’hui un adversaire pour pouvoir avoir un accord (…), nous allons le faire », a-t-il insisté.

La FCBE reste officiellement dans l’opposition… pour le moment

Malgré toutes ces annonces, Idrissou Bako tient à un point important : pour l’instant, la FCBE reste un parti d’opposition. « Le jour où nous ne serons plus de l’opposition, nous allons le déclarer », a-t-il assuré. Cela signifie que ce repositionnement est une stratégie en cours de construction, mais que le basculement officiel n’a pas encore eu lieu. Si cela devait se produire, la FCBE ne serait pas le premier parti à opérer un tel virage. En 2016, à la veille de l’élection présidentielle, le Parti du renouveau démocratique (PRD) avait quitté l’opposition pour rejoindre l’alliance au pouvoir. Après l’échec de son candidat, le PRD avait finalement apporté son soutien au président Patrice Talon.

Une recomposition politique en vue

Les déclarations d’Idrissou Bako dessinent les contours d’une possible recomposition de la scène politique béninoise. La volonté affichée de la FCBE de se repositionner en vue de 2026, quitte à dialoguer avec ses adversaires d’hier, est le signe d’un réalisme politique certain. Cette stratégie de rapprochement, si elle se concrétise, pourrait modifier profondément les équilibres et les alliances en prévision des prochaines échéances électorales. Elle montre qu’en politique, les lignes bougent, et que l’opposition d’aujourd’hui peut chercher à devenir partenaire de demain pour participer à la gouvernance du pays. L’avenir nous dira si ces discussions aboutiront à une véritable alliance ou si elles resteront des tactiques de positionnement.

Arnaud ACAKPO (Coll)

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